Par Fatiha M.
Située à 1400 km d’Alger et 90 de Béchar, Taghit est l’une des plus belles oasis de la région, coincée entre une palmeraie et les dunes du Grand Erg occidental.

Cette oasis de la Saoura offre aux touristes des paysages saisissants. Le vert de la palmeraie, le rose du ksar, l’orange des bâtisses et le mordoré des dunes se côtoient, créant un décor fascinant. Délaissée pendant des années, Taghit a été victime d’actes de vandalisme : graffitis et autres destructions au niveau de deux sites de gravures rupestres sur les cinq que compte cette commune à vocation touristique. Ce n’est qu’en 2013 qu’un dispositif de protection du patrimoine préhistorique de cette région a été mis en place et que des travaux de réfection et de réhabilitation lui ont permis un tant soit peu de retrouver sa splendeur. Malgré cette «clochardisation» de son patrimoine séculaire, Taghit draine des milliers de visiteurs venus du monde entier.

«Enchanteresse», «panoramique», «mirifique», «magique»… les touristes étrangers qui ont eu le privilège de la visiter ne tarissent pas de qualificatifs pour décrire Taghit, l’oasis au décor de carte postale. Outre les randonnées, le visiteur a l’opportunité de faire du ski sur les dunes. Les moins téméraires se contenteront d’assister au coucher du soleil, un moment magique, une magnifique explosion de couleurs dans l’immensité du désert. En plus des sites d’une beauté à couper le souffle, la chaleur humaine et la générosité de ses habitants sont légendaires. D’ailleurs, le «diner chez l’habitant» est l’une des particularités de la région, où les maisons d’hôtes se multiplient pour conforter l’offre d’hébergement du village touristique de l’Onat (200 lits) et des anciens ksour rénovés et transformés en hôtels. Car durant les fêtes religieuses, l’afflux de touristes dépasse l’offre. Sur les réseaux sociaux, les agences de voyage proposent des séjours, transport compris, qui drainent des centaines de visiteurs dans cette magnifique oasis.
Taghit dispose également d’un autre atout : le tourisme thérapeutique. Le sable des dunes qui longent la ville serait doté de vertus thérapeutiques reconnues depuis des lustres pour traiter les rhumatismes et les problèmes articulaires. Ainsi, de nombreux touristes profitent de leur séjour pour s’offrir un r’dim (bain de sable) suivi d’un massage, une pratique ancestrale qui soulage les affections articulaires.
Il est temps de planifier un séjour à Taghit ; les places sont comptées pour assister au 10e Festival de musique diwane, qui s’y tiendra du 26 au 29 octobre.
Diwane
Ce style ancestral, propre aux populations touarègues de l’extrême Sud, était à l’origine une musique sacrée. Les mélodies (madih) accompagnées par le guembri (instrument à cordes) et le karkabou (percussions), faisaient l’éloge du Prophète Mohamed (QSSSL). Aujourd’hui c’est un genre musical à part entière, avec ses stars venues des pays limitrophes comme Cheikh Tidiane Seck (Mali), Maalouma (Mauritanie) et autres… des artistes et des groupes versés dans le style gnawa apprécié mondialement. Ce sera aussi l’occasion d’assister à une conférence-débat animée par les anthropologues de renom Rabeh Sebba, Abderrahmane Moussaoui et Bahadi Mounir, sur le thème « Musique gnawie, commun africain, extension et communication ».
L’automne et l’hiver sont les meilleures périodes pour se rendre dans le Sud algérien. Cette destination de rêve est dans les catalogues des tour-opérateurs du monde entier. D’ailleurs, nombre d’étrangers se donnent rendez-vous chaque année à Taghit pour le réveillon du nouvel an, et ils planifient leur voyage des mois à l’avance.
