Tennis / Jack Draper triomphe à Indian Wells Serait-il le nouveau Nadal ?

Jack Draper a marqué les esprits à Indian Wells en décrochant son premier Masters 1000 grâce à une victoire éclatante en finale contre Holger Rune. Son jeu et sa domination sur le BNP Paribas Open ont rappelé à de nombreux observateurs une figure emblématique du tennis : Rafael Nadal. Une comparaison surprenante pour un joueur britannique, issu d’un pays où les surfaces rapides dominent, mais qui, en y regardant de plus près, repose sur des similitudes bien réelles.

Un premier indice avait déjà été donné en quart de finale, lorsque Draper a exécuté un «banana shot» en coup droit face à Ben Shelton, une frappe caractéristique de Nadal. Puis, en finale, il a littéralement étouffé Rune, le réduisant à l’impuissance grâce à un coup droit de gaucher utilisé avec une intelligence tactique rappelant celle du Majorquin. Ce coup n’était pas seulement puissant, mais aussi redoutable en termes de courbe et de longueur, accompagné d’une précision remarquable. Son service, varié et efficace, notamment en slice côté avantage et en kick côté égalité, a parfaitement complété son arsenal offensif. Mais c’est bien son coup droit qui a été l’arme principale de son triomphe, à l’image de la manière dont Nadal a construit sa légende.
Les données statistiques fournies par TennisViz mettent en lumière cette progression spectaculaire du coup droit de Draper à Indian Wells :
Vitesse moyenne du coup droit : 123,9 km/h (contre 119 km/h sur l’année précédente et 122,3 km/h pour la moyenne du circuit).
Spin moyen : 3384 tours/minute (contre 3125 tours/minute auparavant et une moyenne de 2844 tours/minute sur le circuit).
Précision accrue : 30% de ses coups droits sont tombés à moins d’un mètre des lignes de couloir (contre 27% et 28% auparavant).
Indice «Shot quality» : 8,6 à Indian Wells (contre 7,7 et 7,5 précédemment).
Ces chiffres témoignent d’une amélioration significative, notamment en termes de spin et de précision. Si en vitesse pure, Draper reste légèrement en retrait par rapport aux meilleurs, comme Jannik Sinner (125,5 km/h en moyenne), son ratio vitesse/spin est parmi les meilleurs du circuit, comparable et même légèrement supérieur à celui de Carlos Alcaraz (122,3 km/h – 3236 tours/minute). Or, c’est précisément cette combinaison qui a fait la force de Nadal.
Sur le revers, on retrouve aussi des similitudes troublantes. Draper a démontré une capacité à frapper des revers en bout de course en s’ancrant solidement au sol, générant ainsi une accélération impressionnante. Ce type de frappe, rendu célèbre par Nadal grâce à son ancrage puissant et son gainage exceptionnel, est rare sur le circuit. Draper semble en avoir assimilé les principes, jusqu’à adopter des gestes similaires à ceux du champion espagnol.
Au-delà du jeu, certaines coïncidences renforcent encore cette filiation. Contrairement à ce que l’on pourrait attendre d’un Britannique, Jack Draper n’a jamais eu pour idoles Andy Murray ou Tim Henman. Dès son enfance, c’est Rafael Nadal qu’il admirait, au point d’adopter son look pirate, avec pantacourt et débardeur. Devenu un joueur professionnel, il a opté pour une apparence plus sobre et classique, mais son admiration pour Nadal reste intacte. Autre point commun frappant : Draper, comme Nadal, est gaucher au tennis mais droitier dans la vie courante, un trait peu commun qui renforce la comparaison.
Cependant, là où les différences sont notables, c’est sur terre battue. Draper n’a encore jamais gagné un match à Roland-Garros, ni atteint une demi-finale ATP sur cette surface. Son palmarès ne compte aucun titre en Futures ou Challengers sur terre. Il semble donc être l’opposé de Nadal, maître absolu de la surface ocre. Mais ses récentes performances laissent penser que cette tendance pourrait évoluer.
Enfin, un dernier clin d’œil au destin : le dernier match «normal» de Rafael Nadal, avant sa blessure à l’Open d’Australie 2023, fut contre Draper. Après une victoire en quatre sets, l’Espagnol avait déclaré avoir affronté un joueur promis à un grand avenir. Deux jours plus tard, il se blessait gravement et ne retrouverait jamais vraiment son niveau. Draper, lui, est en pleine ascension. Est-il en train d’assumer la prédiction de Nadal et de marcher, au moins en partie, dans ses traces ?
S’il est prématuré de parler d’un successeur direct, la question mérite d’être posée : sur le plan technique et gestuel, Jack Draper n’est-il pas le véritable héritier de Rafael Nadal ?
A. Amine

ALGER 16 DZ

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