Guerre médiatique de cinquième génération contre l’Algérie: tracer les contours d’une riposte stratégique pour défendre notre pays

Dans un monde où l’information est devenue une arme à part entière, l’Algérie fait face à une campagne d’hostilité d’une ampleur sans précédent, orchestrée par des officines étrangères aux intentions inavouées. Dans ce contexte, la revue Bawabet El Djazaïr a levé le voile, dans son deuxième numéro (mars 2025), sur la feuille de route des médias algériens pour contrer les campagnes tendancieuses visant l’Algérie.

Dans son article intitulé «Feuille de route des médias algériens pour contrer les campagnes tendancieuses visant l’Algérie : bataille de sécurité nationale», la revue souligne que «les propos du ministre de la Communication, M. Mohamed Meziane, sur l’ampleur de la guerre médiatique menée par des officines hostiles à l’Algérie suscitent toujours de vives réactions».
Ces propos ministériels, relayés par la revue, ne laissent aucun doute sur la nature et l’ampleur de cette guerre médiatique. Ces attaques s’inscrivent dans ce que l’on qualifie de «guerres de cinquième génération». Elles ne se contentent plus de simples campagnes de désinformation, mais exploitent désormais l’intelligence artificielle, les deepfake, et la manipulation des algorithmes pour façonner un récit biaisé et malveillant à l’encontre de l’Algérie. La révélation de données chiffrées accablantes, par la revue, a mis en lumière l’existence d’un réseau international structuré, dont l’objectif principal est de «salir l’Algérie en inondant les médias et les réseaux sociaux à travers le monde d’un flot ininterrompu d’informations fallacieuses et tendancieuses contre notre pays». Ces campagnes ne sont ni fortuites ni isolées, elles s’inscrivent dans une stratégie concertée visant à fragiliser l’Algérie sur les plans politique, économique et diplomatique.

L’Algérie, forte d’une résilience éprouvée
L’hostilité médiatique envers l’Algérie n’est pas un phénomène nouveau. Déjà, durant la décennie noire, la France et d’autres acteurs influents avaient recours à leur puissante machine médiatique pour façonner un narratif mensonger et biaisé sur la réalité du terrain. Aujourd’hui, les méthodes ont évolué avec l’essor du numérique, mais l’objectif demeure le même : déstabiliser l’Algérie et ternir son image à l’international. «Ce sont juste les méthodes qui ont changé, avec le recours, aujourd’hui, d’obscures officines à l’intelligence artificielle, aux deepfake, à la manipulation des algorithmes et à la création de milliers de sites électroniques dans le but de salir l’Algérie.» Face à cette offensive multiforme, la réaction algérienne ne peut être que proportionnée et adaptée aux nouveaux enjeux de la guerre de l’information. «Les déclarations du ministre de la Communication sont une sonnette d’alarme. Elles ont le mérite d’alerter les Algériens sur ce qui se trame contre leur pays, tout en rappelant l’impératif pour les médias nationaux de sensibiliser sans cesse le public afin qu’il reste vigilant face aux fausses informations», note la revue.
L’Algérie, forte d’une résilience éprouvée face aux défis sécuritaires et politiques les plus ardus, ne saurait demeurer passive devant cette offensive insidieuse qui vise à l’affaiblir sur la scène internationale.
La feuille de route médiatique exposée dans Bawabet El Djazaïr trace les contours d’une riposte stratégique articulée autour de plusieurs axes fondamentaux, à commencer par le renforcement des médias nationaux, qui constituent le premier rempart contre la désinformation en plus d’une sensibilisation du public.

Des médias nationaux forts
Le premier axe abordé par la revue concerne le renforcement des médias nationaux. Il est donc nécessaire de rappeler à partir de cette tribune qu’une presse nationale forte, crédible et influente ne peut se contenter d’être un simple rempart contre la désinformation ; elle doit s’imposer comme une véritable force de projection, capable non seulement de neutraliser les campagnes hostiles, mais aussi d’imposer un récit algérien structuré, légitime et respecté sur la scène internationale. Pour atteindre cet objectif, il ne s’agit pas de sombrer dans une propagande simpliste et maladroite qui ne ferait que décrédibiliser le discours national. Une communication efficace ne peut se limiter à brandir un optimisme béat, se réfugiant derrière un discours stérile du type «Tout va bien dans le meilleur des mondes». Au contraire, elle doit répondre avec rigueur et intelligence aux tentatives de manipulation en s’appuyant sur des faits avérés, une analyse fine et un travail journalistique irréprochable.
Dans cette optique, les médias algériens doivent rompre avec l’approche défensive pour adopter une posture conquérante, proactive et ambitieuse. Il ne s’agit plus uniquement de riposter aux attaques, mais bien d’investir le champ médiatique international avec des productions de haute qualité, diffusées en plusieurs langues afin de toucher un public diversifié et d’élargir leur influence bien au-delà des frontières nationales. L’Algérie, de par son poids stratégique, sa profondeur historique et son potentiel économique, possède tous les atouts pour hisser ses médias au rang de référence continentale. Un pays de cette envergure ne saurait se contenter d’un rôle secondaire sur la scène médiatique africaine alors que la place de leader est largement à sa portée. Toutefois, une telle ambition ne peut se concrétiser sans une modernisation en profondeur du paysage médiatique national. Il est impératif que les médias algériens se dotent des outils technologiques les plus sophistiqués et s’alignent sur les standards des plus grandes rédactions internationales. À l’ère du numérique, où un simple article bien construit peut influencer des décisions stratégiques au plus haut niveau, il devient impératif de maîtriser l’ensemble des codes du journalisme moderne, du fact-checking aux nouveaux formats audiovisuels immersifs, en passant par une présence digitale omniprésente et percutante. Loin d’être une option, cette montée en puissance est une nécessité absolue pour faire face aux offensives médiatiques qui se jouent sur un terrain où seuls les plus compétitifs parviennent à imposer leur voix.
À cela s’ajoute la nécessité d’une diplomatie médiatique proactive, intégrant pleinement la guerre informationnelle aux stratégies de projection de l’Algérie sur la scène internationale. Il ne s’agit plus uniquement de réagir aux attaques, mais bien d’imposer un narratif algérien cohérent et audible à travers le monde en multipliant les plateformes d’expression et en forgeant des alliances avec des médias internationaux influents. Cette dynamique implique une collaboration étroite entre les instances diplomatiques et les organes de presse afin que le message algérien ne soit pas seulement défensif, mais offensif et structurant. Il est impératif d’occuper l’espace médiatique mondial en misant sur la production de contenus à forte valeur ajoutée, capables de rivaliser avec les narratifs adverses et d’influencer l’opinion publique à l’échelle régionale et internationale. L’Algérie, forte de son capital historique, de son positionnement géopolitique et de ses avancées diplomatiques, doit comprendre que la guerre médiatique n’est pas un simple affrontement d’idées, mais un enjeu stratégique majeur où l’information devient une arme de souveraineté. À l’heure où les grandes puissances investissent massivement dans des stratégies de soft power fondées sur une communication performante et omniprésente, il serait suicidaire de ne pas doter les médias algériens des moyens nécessaires pour s’ériger en piliers de l’influence nationale.

Les autres axes de riposte potentielles
Parallèlement, la sensibilisation du public s’impose comme une nécessité impérieuse, tant les techniques de manipulation employées par ces officines ennemies reposent sur la prolifération des fake news et l’exploitation des failles informationnelles. Dans un monde où l’information circule à une vitesse fulgurante, les campagnes de désinformation se nourrissent du manque de discernement et de l’émotion immédiate, exploitant chaque faille pour distordre la réalité et instiller le doute au sein de l’opinion publique. Les réseaux sociaux, en particulier, sont devenus un terrain privilégié pour ces manipulations, où de fausses informations se propagent plus rapidement que les faits avérés, atteignant des millions de personnes en quelques instants et influençant parfois des décisions cruciales. Face à ce péril informationnel, l’éducation des citoyens aux mécanismes de désinformation ne relève plus du simple enjeu éducatif, mais d’une véritable exigence de sécurité nationale. Il ne suffit plus de mettre en garde contre la désinformation ; il faut doter la population des outils intellectuels nécessaires pour identifier et déconstruire ces tentatives de manipulation. L’instauration de programmes pédagogiques dédiés, dès le plus jeune âge, ainsi que la multiplication d’initiatives de sensibilisation à travers les médias et les institutions publiques, doivent permettre de renforcer l’esprit critique et d’armer la société contre ces offensives informationnelles.
Dans cette optique, la mise en place de dispositifs robustes de vérification et de diffusion d’informations fiables apparaît comme un autre impératif stratégique. Il est essentiel de créer des plateformes officielles et indépendantes capables d’authentifier en temps réel les informations circulant sur les réseaux, tout en assurant une diffusion massive et rapide des faits avérés afin de couper court aux rumeurs malveillantes avant qu’elles ne prennent de l’ampleur. La collaboration entre les institutions, les médias et la société civile est ici primordiale pour construire un écosystème informationnel résilient, où chaque tentative de manipulation est vouée à l’échec.
Toutefois, la bataille de l’information ne saurait être gagnée sans un investissement conséquent dans la cybersécurité. Protéger les infrastructures numériques algériennes contre les attaques extérieures est une priorité absolue afin d’éviter que des acteurs malveillants ne sabotent ou ne manipulent les informations officielles. La guerre médiatique ne se joue plus uniquement sur le terrain du discours, mais également dans les profondeurs du cyberespace, où les tentatives d’intrusion, les cyberattaques et le piratage de données peuvent compromettre la souveraineté informationnelle du pays. Il est donc impératif de doter l’Algérie d’un système de cybersécurité avancé, capable de détecter et de neutraliser toute tentative de manipulation ou de sabotage numérique.
Enfin, une stratégie efficace de défense informationnelle ne saurait être menée en vase clos. La coopération avec des partenaires fiables s’impose comme un levier essentiel pour créer un front uni contre la guerre médiatique orchestrée par des officines hostiles. Établir des alliances stratégiques avec des pays et des organisations partageant les mêmes préoccupations en matière de désinformation permettrait non seulement de renforcer les capacités de riposte de l’Algérie, mais aussi d’échanger des expertises et des technologies pour mieux anticiper les nouvelles formes de manipulations médiatiques. La guerre de l’information étant par essence globale, elle exige une réponse coordonnée et multilatérale, où la solidarité entre nations et institutions joue un rôle déterminant dans la préservation de la souveraineté médiatique.

L’implication du Maroc et d’autres acteurs hostiles
De plus, l’article met en exergue «la guerre menée par les mouches électroniques marocaines et sionistes sur les réseaux sociaux», insistant sur le fait que «la guerre médiatique marocaine a pris de graves proportions après la normalisation du Maroc et suite aux victoires successives de la diplomatie algérienne à la faveur de son retour en force sur la scène régionale et internationale». En effet, depuis que l’Algérie a adopté une position diplomatique claire et affirmée, notamment sur la question palestinienne et le Sahara occidental, les attaques marocaines n’ont cessé de s’intensifier.
Le Maroc, s’appuyant sur des alliances lâches avec certaines puissances occidentales et entités sionistes, déploie une guerre hybride où la désinformation joue un rôle clé. Cette stratégie, qui consiste à polluer l’espace numérique d’informations biaisées et à infiltrer les débats sur les plateformes internationales, vise à discréditer l’Algérie et à détourner l’opinion publique de ses propres problèmes internes. Ce harcèlement médiatique, coordonné par des «mouches électroniques», vise non seulement les institutions algériennes, mais également les personnalités influentes du pays, afin de semer le doute et la division.
En tous cas, notre cher pays, cible d’une guerre médiatique féroce, ne peut se permettre d’ignorer cette menace. «La bataille des esprits pour contrer ces campagnes est une question de sécurité nationale.» La riposte ne doit pas être seulement réactive, mais proactive et multidimensionnelle. Renforcer les médias nationaux, sensibiliser la population, imposer un narratif propre sur la scène internationale et sécuriser l’espace numérique sont des impératifs pour préserver la souveraineté et l’image du pays. Dans ce combat, la vigilance et la résilience du peuple algérien seront, une fois de plus, les armes les plus efficaces face à ceux qui veulent voir l’Algérie vaciller.
G. Salah Eddine

ALGER 16 DZ

Next Post

5G: Une révolution numérique en marche pour l'Algérie

lun Mar 24 , 2025
L’Algérie est sur le point de prendre une place de leader dans la révolution numérique en Afrique du Nord, grâce à l’introduction imminente de la 5G. Cette avancée technologique marquera un tournant majeur, redéfinissant les modes de communication et propulsant le pays vers un avenir économique davantage tourné vers le […]

You May Like

Alger 16

Le quotidien du grand public

Édité par: Sarl bma.com

Adresse: 26 rue Mohamed El Ayachi Belouizdad

Adresse du journal: 5-7 Rue Sacré-coeur Alger Centre

E-mail:alger16bma@gmail.com

Numéro de téléphone: 021 64 69 37