
Le Conseil du renouveau économique algérien (CREA) poursuit son engagement dans la structuration du dialogue public-privé. Mercredi dernier, l’organisation a annoncé la tenue, pour aujourd’hui, de la deuxième rencontre de concertation et de travail avec le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, à laquelle prendront part les opérateurs économiques.
Cette rencontre, d’une importance capitale, se veut à la fois un moment d’évaluation, d’écoute, et de projection vers un nouveau pacte de développement économique durable.
Cette rencontre intervient au moment où l’économie algérienne, encore fortement tributaire de la rente pétrolière, est appelée à se transformer en profondeur. Dans ce contexte de fragilisation des chaînes d’approvisionnement mondiales, de volatilité des prix énergétiques, et de transition écologique accélérée, cette initiative s’inscrit dans une volonté de résilience structurelle et de repositionnement stratégique.
Elle est d’autant plus importante que notre pays fait face à des défis économiques complexes, exacerbés par des tensions géopolitiques, auxquels s’ajoutent les défis du changement climatique.
Bilan d’un processus entamé en 2023
L’échange prévu entre le chef de l’État et les opérateurs économiques se présente aussi comme un exercice de bilan. C’est une occasion aussi pour faire un état des lieux par rapport à la première rencontre en novembre 2023 et d’évoquer nombre de questions économiques, liées notamment à la promotion des investissements et des exportations, à la lutte contre la bureaucratie, à l’amélioration du pouvoir d’achat du citoyen, à l’entrepreneuriat et à la création de nouveaux postes d’emploi. Ce retour sur la première concertation vise à mesurer le chemin parcouru, identifier les blocages persistants, mais surtout accélérer la mise en œuvre effective des engagements présidentiels. La priorité affichée est claire : mobiliser les leviers de transformation économique à travers une réforme profonde du cadre d’investissement, une politique de substitution aux importations et une amélioration tangible du climat des affaires.
Objectif 2030
Dans le cadre de la diversification de l’économie nationale, la question des exportations constitue un dossier important, d’autant plus qu’un des objectifs majeurs à atteindre est celui de réaliser 30 milliards USD d’exportations hors hydrocarbures à l’horizon 2030, avec l’implication de tous les acteurs économiques. Ce défi traduit la volonté d’un désengagement progressif de la dépendance aux ressources fossiles, en promouvant les secteurs à forte valeur ajoutée, notamment l’agro-industrie, les technologies de l’information, les services à l’international, et l’industrie pharmaceutique.
L’État entend jouer un rôle de facilitateur stratégique, en mettant à disposition des dispositifs incitatifs à l’export, en rationalisant les procédures douanières et en développant une diplomatie économique offensive.
Vers une nouvelle gouvernance économique
Les échanges avec le président Tebboune porteront aussi sur les préoccupations et contraintes du secteur privé, dans le cadre de la dynamique du partenariat public-privé. Ce dialogue est appelé à rétablir une confiance renouvelée entre les institutions et les opérateurs économiques. Il s’agit d’un virage culturel majeur, où le secteur privé n’est plus perçu comme un simple exécutant, mais comme un partenaire stratégique de l’État. L’agenda économique du chef de l’État inclut également les réformes décidées par le président de la République [qui] figurent également en tête des dossiers à examiner. Ces réformes, souvent attendues de longue date, touchent à des aspects fondamentaux : simplification des démarches administratives, accès au foncier industriel, refonte des dispositifs fiscaux, ou encore réhabilitation de la confiance bancaire.
Il s’agit, surtout, des réformes annoncées lors de la première rencontre en 2023… Ces engagements avaient déjà tracé les contours d’un projet économique national fondé sur la transparence, la performance et la souveraineté productive.
Co-construction économique
Au-delà des dossiers classiques liés à l’investissement et à l’export, la rencontre entre le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, et les opérateurs économiques abordera également des dimensions plus prospectives, notamment l’examen des voies et moyens d’élargir le contenu local dans des secteurs porteurs comme l’Énergie, les Infrastructures, le Numérique et l’Industrie. Il s’agit là d’un enjeu central dans la stratégie de souveraineté économique, visant à réduire la dépendance extérieure tout en stimulant les capacités internes de production et d’innovation.
Dans un message relayé sur les réseaux sociaux, le président du CREA, M. Kamel Moula, insiste sur la portée politique et symbolique de cet événement : « Cet évènement majeur participe au renforcement de la confiance entre le plus haut sommet de l’État et les chefs d’entreprise. C’est également la démonstration que le chef de l’État considère les acteurs économiques comme des éléments moteurs de la relance économique. » Cette affirmation traduit une nouvelle approche fondée sur l’écoute, la transparence et l’engagement réciproque entre l’exécutif et les forces productives du pays.
Les signaux envoyés au monde économique sont clairs : « Notre pays avance à un rythme soutenu, concret et les premiers résultats s’annoncent très positifs tant en termes de création de nouveaux emplois que de nouveaux investissements. Aussi, nous attendons tous les nouvelles orientations économiques qui nous seront délivrées par le président de la République, lors de cette prochaine rencontre. » Cette dynamique, visible dans de nombreux secteurs, alimente un optimisme mesuré mais réel parmi les investisseurs locaux, soucieux de pérenniser la croissance retrouvée.
Le président Tebboune, dont la vision économique repose sur la valorisation de toutes les forces vives du pays, « œuvre pour un secteur privé fort, avec des propositions et des idées novatrices pour la création de richesse et d’emplois. Il a marqué son appui au secteur privé, appelé à renforcer la dynamique des investissements. » Cette posture volontariste traduit un changement profond de paradigme : le privé n’est plus perçu comme un simple exécutant, mais comme un acteur co-décideur, co-investisseur et co-constructeur du nouveau modèle de développement.
Face à l’ampleur des défis économiques, environnementaux et technologiques, l’État ne peut prétendre agir seul. La réussite du projet national dépend d’une mobilisation élargie : face à cette conjoncture inédite et à l’ampleur des besoins de développement, le rôle du secteur privé devient de plus en plus important dans l’atteinte des objectifs de développement. En effet, l’action publique ne peut pas, à elle seule, assurer la totalité des investissements nécessaires, y compris dans les secteurs porteurs à fort potentiel et à haute intensité d’emploi. D’où la nécessité d’un partenariat stratégique fondé sur la complémentarité et la confiance mutuelle.
Dans cet esprit, tous les opérateurs économiques sont encouragés à aller de l’avant dans le développement de l’économie nationale. Une injonction qui sonne comme un appel solennel à la responsabilité collective, à l’innovation partagée, et à l’ambition commune. L’Algérie ne manque ni de talents ni de ressources. Il reste désormais à fédérer les énergies, à fluidifier les mécanismes, et à traduire les orientations politiques en dynamiques concrètes sur le terrain.
G. Salah Eddine
