
Le cholestérol LDL élevé est un facteur de risque majeur de pathologies cardiovasculaires. Certaines variétés de thé, riches en polyphénols et autres antioxydants, ont montré des effets bénéfiques sur le profil lipidique. Cette revue synthétique présente les propriétés bioactives du thé vert, noir, oolong, blanc et du rooibos, et examine leur potentiel hypocholestérolémiant dans le cadre de la prévention cardiovasculaire.
L’hypercholestérolémie est un facteur bien établi dans le développement de l’athérosclérose et des maladies cardiovasculaires. Des approches nutritionnelles complémentaires, comme la consommation régulière de thé, sont de plus en plus étudiées pour leur effet sur le métabolisme lipidique. Le thé, issu de Camellia sinensis, est consommé sous différentes formes (vert, noir, blanc, oolong), chacune ayant des caractéristiques phytocomposées spécifiques. Le rooibos (Aspalathus linearis), souvent considéré comme un substitut du thé, présente également des effets intéressants en l’absence de théine.
- Le thé vert : un agent hypocholestérolémiant documenté
Le thé vert est la variété la plus riche en catéchines, en particulier l’épigallocatéchine gallate (EGCG), un antioxydant majeur. Plusieurs études ont montré qu’il permet de réduire significativement le cholestérol total, le LDL-c et les triglycérides, tout en préservant les concentrations de HDL-c.
L’EGCG inhibe l’absorption intestinale du cholestérol et favorise son excrétion fécale . Par ailleurs, les flavonoïdes du thé vert ont un effet protecteur sur l’endothélium vasculaire et contribuent à une meilleure élasticité artérielle. Le thé vert contient également de la L-théanine, un acide aminé qui module la réponse au stress, facteur indirect de déséquilibres lipidiques.
Modalités de consommation optimales :
Infusion à 75–80 °C pendant 2–3 min ;
Variétés recommandées : Sencha, Matcha ;
Dose efficace : 2–3 tasses/jour.
- Le thé noir : une alternative fonctionnelle
Le thé noir, obtenu par oxydation complète des feuilles, contient des polyphénols spécifiques tels que les théaflavines et les théarubigines. Bien que moins concentré en catéchines que le thé vert, il reste pertinent dans la prévention cardiovasculaire.
Les effets rapportés incluent une baisse modérée du LDL-c et une amélioration de la fonction endothéliale. Sa teneur plus élevée en caféine le rend moins adapté aux sujets sensibles, bien qu’il puisse constituer une option pour les consommateurs recherchant des arômes plus corsés.
- Le thé oolong : équilibre entre vert et noir
Le thé oolong, semi-oxydé, combine des propriétés du thé vert et du thé noir. Riche en polyphénols intermédiaires, il favorise la réduction des triglycérides et du LDL-c, tout en ayant un impact favorable sur le métabolisme lipidique global. - Le thé blanc : un thé doux aux effets modérés
Peu transformé, le thé blanc conserve un maximum d’antioxydants à faible teneur en caféine. Des données expérimentales suggèrent qu’il inhibe l’oxydation du LDL-c et protège ainsi contre l’athérosclérose. Ses effets hypocholestérolémiants sont plus modérés que ceux du thé vert, mais sa meilleure tolérance digestive et son action douce en font une option de choix chez les sujets sensibles aux excitants. - Le rooibos : une infusion sans théine à visée cardioprotectrice
Bien qu’il ne s’agisse pas d’un thé au sens botanique, le rooibos est riche en flavonoïdes (notamment la quercétine). Des études in vitro et in vivo ont montré son action sur l’amélioration du profil lipidique, notamment par l’augmentation du HDL-c et la réduction du LDL-c . Sa faible toxicité et l’absence de théine en font une alternative adaptée aux personnes sensibles ou en cas de contre-indication à la caféine.
Effets des additifs dans le thé
Sucre blanc : aggrave le profil lipidique (triglycérides, inflammation) ; à proscrire.
Miel brut : effets bénéfiques légers, mais consommation à limiter (1 c. à café/jour).
Lait : les acides gras saturés du lait entier peuvent augmenter le LDL ; le lait pourrait aussi neutraliser les polyphénols du thé. Privilégier les laits végétaux non sucrés.
Conclusion
Les données disponibles suggèrent que la consommation régulière de thé, en particulier de thé vert, peut jouer un rôle préventif dans la gestion de l’hypercholestérolémie. Bien que les mécanismes biochimiques varient selon les types de thé, tous contribuent à des degrés divers à l’amélioration du profil lipidique. Une consommation modérée, adaptée aux tolérances individuelles, intégrée dans un mode de vie sain, est recommandée pour optimiser les effets cardiovasculaires.
