
Le directeur de l’Institut national d’études de stratégie globale (INESG), Abdelaziz Medjahed, a souligné que la Journée nationale de la Mémoire, dédiée à la commémoration des massacres du 8 mai 1945, représente un engagement à honorer le message des chouhada. Il a également précisé qu’il s’agit d’une occasion pour rappeler l’importance de l’unité nationale afin de protéger la patrie et de préserver ses acquis.
Invité du forum de la chaîne I de la radio nationale, M. Medjahed a expliqué que cette journée, marquant l’anniversaire des atrocités commises par le colonialisme français contre les Algériens le 8 mai 1945, sert à renouveler l’engagement envers les valeurs des chouhada. Il a ajouté qu’elle permet également de souligner la nécessité de la mobilisation et de l’unité des rangs pour faire face aux défis actuels et garantir la protection de la nation. Enfin, il a insisté sur le fait qu’il est de la responsabilité des Algériens de tirer des leçons de cet événement historique en renforçant leur cohésion pour assurer le triomphe de la patrie.
Selon M. Medjahed, le 8 mai 1945 représente une date clé marquant le passage à une nouvelle étape, consacrant l’option irrévocable de la lutte armée, après une prise de conscience profonde sur l’importance de l’organisation et de l’unité des rangs pour se libérer du colonialisme français. Il a rappelé que cette prise de conscience a conduit à la création de l’Organisation spéciale (OS) en 1947, qui a préparé le déclenchement de la Révolution du 1er Novembre 1954, un point culminant d’années de lutte et de résistance ayant abouti à l’indépendance de l’Algérie le 5 juillet 1962. Dans le même esprit, M. Mohamed Amroune, président de la Commission des affaires étrangères, de la coopération internationale et de la communauté nationale à l’étranger au Conseil de la nation, a souligné que l’attachement à la mémoire nationale à travers ses différentes étapes représente « un engagement moral et politique ». Il a ajouté que cette commémoration « donne de l’élan à l’Algérie pour achever le parcours des chouhada, en s’engageant dans le processus d’édification et en préservant l’unité nationale, notre plus grand acquis ». M. Amroune a également précisé que l’anniversaire du 8 mai 1945 reflétait « notre attachement indéfectible à notre histoire riche et séculaire », mettant en avant « la disponibilité inébranlable » des Algériens à répondre à l’appel du devoir chaque fois que nécessaire.
Dans ce contexte, M. Amroune a évoqué la proposition d’élaborer un projet de loi visant à criminaliser la colonisation, un projet que l’Algérie cherche à promouvoir au niveau national et régional, en le soumettant à l’Union africaine dans le cadre d’une initiative menée en collaboration avec le Ghana. Il a qualifié cette démarche « d’audacieuse dans le processus de criminalisation du colonialisme et de l’esclavage, ainsi que dans la demande d’une juste compensation pour l’Afrique de la part des pays coloniaux ». M. Amroune a souligné que « l’Algérie ne ménagera aucun effort pour amener les pays coloniaux, en particulier la France, à reconnaître leurs crimes envers les peuples du continent et à exiger une compensation, tout en œuvrant à lutter contre le néocolonialisme sous toutes ses formes ». Il a rappelé à cet égard que « les relations normales entre les États se construisent sur la base de relations historiques apaisées, loin de la politique d’opacité adoptée par les autorités françaises ». Enfin, il a soutenu que « le patriotisme repose sur la préservation des intérêts de la nation et l’adhésion à toutes ses approches ».
A. Ryad
Un programme exceptionnel pour raviver la mémoire nationale

Le ministère des Moudjahidine et des Ayants droit a élaboré un programme spécial à l’occasion de la commémoration du 80e anniversaire des massacres du 8 mai 1945, ainsi que pour la célébration de la Journée nationale de la mémoire, instaurée par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, en hommage aux sacrifices des vaillants martyrs, a-t-on appris auprès du ministère.
Placée sous le haut patronage du président de la République, la commémoration de cet anniversaire, qui se déroulera à l’échelle nationale, prévoit un programme riche comprenant des activités historiques, culturelles et sportives, ainsi que des conférences scientifiques et des colloques, avec la participation des secteurs concernés, des jeunes et des représentants de la société civile.
À cette occasion, un hommage est rendu aux artisans de la Révolution ainsi qu’aux personnalités nationales ayant marqué l’histoire de l’Algérie et rendu d’éminents services au pays, que ce soit par la lutte armée ou par leur engagement national, politique et culturel. Des moudjahidine et des historiens, vivants ou disparus, qui ont contribué à l’écriture de l’histoire nationale, sont également honorés.
Dans le même esprit, un film documentaire retraçant les efforts consentis pour la préservation de la mémoire nationale est dévoilé, tandis que les Journées du cinéma de la mémoire sont organisées en coordination avec le ministère de la Culture et des Arts.
Dans le prolongement des travaux de la Commission nationale chargée de la préparation des cérémonies commémoratives des journées et fêtes nationales, une plateforme numérique est lancée. Celle-ci fait office de musée interactif, proposant des expositions virtuelles sur le patrimoine matériel et immatériel de l’Algérie durant la période 1830-1962. Un jeu électronique éducatif consacré à l’histoire est également mis à disposition des jeunes.
Les Assises nationales sur la mémoire figurent également au programme. Elles visent à débattre des problématiques liées à l’histoire et à la mémoire nationales, à promouvoir un discours historique unifié, à protéger la mémoire collective et à sensibiliser les générations futures à travers une prise de conscience historique. Cette première édition est supervisée par d’éminents spécialistes algériens, avec l’objectif d’en faire un rendez-vous périodique inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de préservation de la mémoire.
Un hommage pluriel aux martyrs et à l’histoire algérienne
Par ailleurs, des colloques nationaux sur les crimes coloniaux français sont organisés dans les wilayas de Sétif et de Guelma, en coordination avec le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. D’autres activités scientifiques et historiques sont également prévues par les musées du Moudjahid à l’échelle nationale.
Le ministère des Moudjahidine et des Ayants droit organise aussi un « voyage de la mémoire » à destination des descendants d’Algériens déportés en Nouvelle-Calédonie et en Guyane durant la colonisation.
En reconnaissance de leurs contributions à l’écriture de l’histoire nationale, le ministère procède à l’édition et à la réédition des œuvres complètes d’éminents historiens algériens, ainsi que celles d’historiens étrangers ayant abordé l’histoire de l’Algérie avec objectivité.
Des reconstitutions des massacres du 8 mai 1945 sont également programmées dans des espaces publics à travers le pays, en coordination avec le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, le Conseil supérieur de la jeunesse (CSJ) et l’Observatoire national de la société civile (ONSC).
Afin de sensibiliser les citoyens aux sacrifices de leurs aïeux, le prêche du vendredi 9 mai est dédié aux massacres du 8 mai 1945.
Le ministre des Moudjahidine et des Ayants droit, M. Laïd Rebiga, précise que la commémoration du 80e anniversaire de ces massacres « intervient cette année dans un contexte national et international particulier ». Dans une déclaration à l’APS, il souligne que le 8 mai 1945 « marque une étape charnière et décisive dans l’histoire de l’Algérie ». Il rappelle qu’il s’agit d’ »une douloureuse épreuve à travers laquelle le peuple algérien a décidé de la voie à suivre pour arracher sa liberté et recouvrer son indépendance ».
A. R.
