
La Banque algérienne du Sénégal (ABS Bank) connaît des débuts jugés prometteurs et met en œuvre un plan de développement ambitieux. Celui-ci s’articule autour de l’expansion de ses services monétiques, de l’augmentation de son chiffre d’affaires et du soutien aux exportateurs algériens, a déclaré son directeur général, Abdelhafid Haned.
M. Abdelhafid Haned a indiqué à l’APS que « la première année (2024, ndlr) a été appréciable en termes de résultats, d’entrée en relation avec la clientèle et d’ouverture de comptes », soulignant un retour sur investissement positif. Rencontré en marge du Forum africain d’investissement et du commerce (Afic), organisé les 10 et 11 mai par le Centre arabo-africain pour l’investissement et le développement (CAAID), il a précisé que « l’objectif pour l’année 2025 est de lancer à grande échelle la monétique, et d’augmenter de manière significative le chiffre d’affaires ».
Le directeur général de l’ABS Bank a souligné que les résultats commerciaux et financiers enregistrés jusqu’à présent sont « en phase avec les objectifs fixés par les actionnaires (BNA, BEA, CPA et BADR) ». Il a expliqué que ces performances ont été rendues possibles grâce aux importantes capacités d’intervention de la banque, soutenues notamment par un capital social conséquent de 100 millions de dollars. Pour l’exercice en cours, le premier responsable de la banque a indiqué qu’il est prévu d’accroître de manière « notable » la rentabilité de l’établissement.
L’ABS Bank œuvre également à fournir des solutions d’accompagnement aux opérateurs économiques, notamment algériens, souhaitant concrétiser des projets au Sénégal ou y exporter, ce pays représentant une véritable porte d’entrée vers le marché ouest-africain. À ce titre, la banque propose, en plus de ses produits de financement, des services de conseil et d’orientation à destination de la communauté d’affaires, portant sur les aspects juridiques et réglementaires spécifiques au marché sénégalais, dans le domaine de l’investissement et de l’exportation.
« Nous proposons des solutions de conseil sur mesure à nos clients, surtout par rapport aux secteurs d’activité les plus adaptés et les plus rentables, afin de leur éviter tout risque dans le cadre de leur installation », a précisé M. Haned. Il a ajouté qu’entre septembre 2023, date de lancement de la banque, et aujourd’hui, environ 500 opérateurs économiques algériens à la recherche d’opportunités au Sénégal ont sollicité les agences de l’ABS Bank, que ce soit pour obtenir des informations sur les financements proposés, bénéficier d’un accompagnement ou recevoir une orientation.
Une présence stratégique au service du commerce africain
Le directeur général a mis en avant la contribution de cette banque publique au renforcement des relations économiques, financières et commerciales entre l’Algérie et les pays africains, en favorisant notamment l’essor des échanges entre l’Algérie et le Sénégal. Il a également souligné « l’accueil très favorable » réservé à la banque algérienne par les milieux financiers sénégalais, tout en saluant l’intérêt manifesté par les opérateurs économiques locaux pour ses services. L’établissement compte déjà, dans son portefeuille clients, d’importantes entreprises sénégalaises évoluant dans des secteurs clés comme l’industrie et l’énergie. L’ABS Bank est actuellement implantée au Sénégal à travers deux agences situées dans « des centres les plus vitaux » de Dakar, un choix qualifié de « pertinent » par M. Haned, qui note que 90% de l’activité financière et commerciale du pays est concentrée dans la capitale.
Par ailleurs, interrogé sur la portée de la présence conjointe de deux banques algériennes au Sénégal (ABS Bank) et en Mauritanie (Algeria Union Bank – AUB), M. Haned a insisté sur l’importance stratégique de ces deux institutions financières et leur potentiel de rayonnement en Afrique de l’Ouest.
Il a enfin souligné que, bien que les deux banques opèrent sur des marchés différents, elles présentent une « certaine complémentarité » et « une synergie », dans la mesure où elles visent toutes deux à renforcer la coopération économique intra-africaine et à soutenir la diversification de l’économie algérienne à travers la promotion des exportations hors hydrocarbures.
A. Ryad
