
La Commission d’organisation et de surveillance des opérations de Bourse (Cosob), présidée par Youcef Bouzenada, s’est réunie pour boucler les derniers détails du lancement de l’emprunt obligataire de la société Tosyali Iron Steel Algérie. Cette levée de fonds prévoit l’émission de 1,5 à 2 millions d’obligations ordinaires, d’une valeur nominale de
10 000 dinars chacune, a indiqué, mardi, un communiqué de la Commission.
Prévue pour le mois de juin, l’émission devrait s’achever dans le courant du même mois. La société avait déjà reçu le feu vert de la Cosob en novembre 2024, pour mener à bien cette opération. Les obligations émises seront cotées sur le marché premium des titres de créance de la Bourse d’Alger. Cela va leur assurer une visibilité renforcée et de bonnes conditions de liquidité.
Cette réunion de travail a permis de valider le calendrier de l’opération, en présence notamment du directeur général de la Banque extérieure d’Algérie (BEA), en sa qualité d’intermédiaire chargé du placement.
Un signe fort de la croissance du marché financier algérien
Le président de la Cosob a tenu à souligner, lors de cette réunion, « les avancées significatives enregistrées par le marché financier algérien en l’espace d’une année seulement », mettant en lumière les indicateurs positifs qui témoignent du renouvellement de l’intérêt des investisseurs pour les instruments de financement via le marché financier.
Cette reconnaissance officielle traduit une tendance encourageante vers un élargissement de l’offre et une diversification des outils financiers disponibles, favorisant un meilleur accès au capital pour les entreprises nationales.
Par ailleurs, le président de la Cosob s’est particulièrement réjoui de l’introduction imminente de cet emprunt obligataire à la cote boursière, qui constitue « le deuxième en plus de 15 ans, après celui de la société ALC actuellement en cours ».
En effet, la rareté des émissions obligataires dans l’économie algérienne a freiné jusqu’ici la montée en puissance de ce segment de marché, pourtant stratégique pour la diversification des sources de financement des entreprises et la dynamisation de la croissance économique.
M. Bouzenada a, par ailleurs, réitéré la forte capacité du marché financier algérien à soutenir la croissance des entreprises, en leur proposant des solutions de financement alternatives, variées, durables et compétitives, venant ainsi compléter le financement bancaire classique.
Il a été également souligné que la Cosob « continuera d’œuvrer à la mise en place d’un écosystème boursier attractif, fiable et dynamique, propice à la mobilisation de l’épargne nationale au service de l’investissement productif et de la diversification économique du pays ».
Perspectives pour l’économie nationale
L’entrée de Tosyali Iron Steel Algérie dans ce paysage est une étape fondamentale qui pourrait ouvrir la voie à d’autres acteurs économiques, publics et privés, souhaitant recourir à ce mode de financement. On remarque depuis un an que de plus en plus d’entreprises pensent activement à recourir à ce mode de financement, mais qu’elles ont du mal à franchir l’étape décisive par manque de référence nationales concrète dans le domaine.
Le succès de cette opération pourrait donc générer un effet d’entraînement, catalysant un mouvement de modernisation du système financier. Ce mouvement favoriserait une meilleure intégration de l’Algérie dans les circuits financiers internationaux. En s’appuyant sur des normes de transparence et de bonne gouvernance, le marché obligataire pourrait devenir un vecteur essentiel pour soutenir des projets structurants dans divers secteurs économiques, tout en offrant aux investisseurs une alternative viable et sécurisée.
De plus, il est pertinent de noter que ce développement participe également à la volonté des autorités financières d’instaurer un cadre propice à la mobilisation de l’épargne nationale. Ce cadre est aujourd’hui encore largement sous-exploité.
G. Salah Eddine
