
Lors du Forum d’affaires algéro-brésilien qui s’est tenu mardi dernier à Alger, les participants ont souligné l’importance de tirer pleinement parti des opportunités offertes afin de construire des partenariats solides et durables, basés sur le principe du gagnant-gagnant.
Le forum est organisé conjointement par l’Agence brésilienne pour la promotion du commerce et de l’investissement (APEX Brasil), le ministère des Affaires étrangères du Brésil et l’ambassade du Brésil en Algérie, en collaboration avec le Conseil du renouveau économique algérien (CREA). Il réunit des représentants des secteurs ministériels et des entreprises, ainsi que des opérateurs économiques des deux pays, dans le but de renforcer la coopération bilatérale dans les domaines du commerce et de l’investissement.
À cette occasion, M. Rabah Fassih, directeur de la promotion et du soutien aux échanges économiques au ministère des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, a invité les opérateurs économiques algériens et brésiliens à collaborer pour identifier des mécanismes adéquats permettant d’établir des partenariats économiques rentables et durables, capables de générer richesse et emplois, en accord avec la volonté des dirigeants des deux pays.
Il a, à ce titre, évoqué plusieurs secteurs susceptibles de dynamiser les relations économiques bilatérales, notamment l’agriculture, les industries agroalimentaires, l’industrie mécanique, l’électroménager et les équipements électroniques, la santé humaine et vétérinaire, les matériaux de construction et le transport, autant de domaines pouvant contribuer à l’augmentation des échanges commerciaux.
Un partenariat industriel et agricole à long terme
De son côté, M. Kamel Moula, président du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), a souligné que la participation de plus de 24 opérateurs économiques brésiliens à ce forum témoigne d’un intérêt croissant pour le marché algérien. Il a exprimé la volonté d’établir des relations économiques productives, dépassant le cadre classique de l’échange de biens et de services, et a mentionné un projet en cours d’étude d’une entreprise brésilienne spécialisée dans la fabrication de camions, avec l’ambition de le concrétiser en Algérie.
Pour sa part, M. Marcos Vinicius Pinta Gama, ambassadeur du Brésil en Algérie, a estimé que ce forum représentait une opportunité significative pour les opérateurs économiques de renforcer et d’élargir les perspectives de partenariat, notamment dans le secteur agricole. Il a rappelé que le Brésil figure parmi les principaux fournisseurs de l’Algérie en viande, soja, café, entre autres produits.
Selon lui, la relation bilatérale pourrait évoluer vers la mise en œuvre de projets agricoles en Algérie, en s’appuyant sur l’expertise brésilienne, notamment en matière de mécanisation. Il a également évoqué le potentiel de développement de partenariats dans les secteurs des machines et des équipements, tout en précisant que le Brésil pourrait tirer profit du savoir-faire algérien dans la production de dattes et d’huile d’olive.
L’ambassadeur a par ailleurs mentionné des consultations en cours entre opérateurs économiques autour d’un projet de production de grues pour camions en Algérie. Il a souligné la nécessité d’établir un cadre juridique approprié pour garantir la protection des investissements, à travers des accords en cours de négociation, exprimant le souhait de voir les rencontres bilatérales déboucher prochainement sur la signature d’accords concrets.
De son côté, Mme Hadjer Larbi, chargée de la gestion de la direction des relations commerciales bilatérales au ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, a fait savoir que les échanges commerciaux entre l’Algérie et le Brésil avaient atteint 4,32 milliards de dollars en 2024, enregistrant une hausse de 13,68% par rapport à l’année précédente.
Elle a indiqué que le Brésil est le sixième partenaire commercial de l’Algérie et son douzième client, avec des importations s’élevant à 1,3 milliard de dollars. Les exportations algériennes vers le Brésil concernent principalement les combustibles minéraux, le verre, le caoutchouc et les produits énergétiques.
Des réformes algériennes attractives pour les investissements brésiliens
Le Brésil figure également comme le quatrième fournisseur de l’Algérie, notamment en viande, machines, équipements, café et textiles, pour une valeur globale de 3,01 milliards de dollars.
La directrice générale de l’investissement industriel et de la promotion des petites et moyennes entreprises au ministère de l’Industrie a, quant à elle, présenté une communication détaillant les opportunités d’investissement disponibles en Algérie, en mettant l’accent sur les secteurs de l’industrie mécanique et de l’agroalimentaire.
Elle a également passé en revue les réformes entreprises pour améliorer l’environnement des affaires, notamment la nouvelle loi sur l’investissement, celle sur la monnaie et le crédit, ainsi que le cadre législatif régissant le foncier économique.
Le directeur général de la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (Caci), M. Chakib Smaïl Kouidri, a mis en avant le rapprochement croissant entre l’Algérie et le Brésil, soulignant le potentiel d’une coopération conjointe en direction des marchés africains. Il a affirmé que l’Algérie se montrait disposée à accueillir les investissements brésiliens.
Les représentants brésiliens ont à leur tour présenté leurs capacités dans divers secteurs tels que l’agriculture, l’industrie, l’aviation, les services et les technologies, dans le cadre de la recherche de partenariats prometteurs.
Enfin, M. André Queiroz, directeur exécutif du commerce extérieur à APEX Brasil, a qualifié l’Algérie de «partenaire essentiel» pour le Brésil sur le continent africain. Il a encouragé à capitaliser sur la dynamique économique actuelle du pays pour intensifier les échanges commerciaux entre les deux nations.
Le forum a été marqué par l’organisation de rencontres bilatérales (B2B) entre les opérateurs économiques algériens et brésiliens, visant à explorer de nouvelles pistes de coopération. Ces échanges devraient aboutir à la signature de plusieurs accords dans un avenir proche.
A. Ryad
