
L’Humoriste, comédienne, animatrice et ambassadrice culturelle, Yamna, incarne une nouvelle génération d’artistes algériennes, à la fois polyvalentes, ancrées dans leur culture et résolument modernes. À travers la scène, la télévision, la radio ou les réseaux sociaux, elle multiplie les initiatives pour valoriser le patrimoine algérien tout en divertissant son public avec intelligence et authenticité. Dans cet entretien, elle revient sur son parcours, ses inspirations et sa vision de l’art et de la culture.
Entretien réalisé par Cheklat Meriem
Pouvez-vous nous parler de votre parcours artistique jusqu’à aujourd’hui ?
Mon parcours artistique est avec toute modestie, très riche et diversifié. J’ai débuté dans l’événementiel, notamment à travers des manifestations culturelles autour du Hayek. Ensuite, j’ai animé une émission culinaire à portée sociale sur Samira TV pendant trois ans. Parallèlement, je me suis investie dans le stand-up, la comédie aussi bien dramatique qu’humoristique et la publicité. J’ai également animé des émissions de radio et de télévision. Ce parcours m’a permis d’explorer de nombreux univers artistiques et de développer une véritable polyvalence.
Quelles compétences avez-vous développées en combinant les rôles d’artiste, d’animatrice et d’ambassadrice culturelle ?
Ces différents rôles m’ont permis de cultiver une grande sensibilité, mais aussi de la rigueur. L’animation, en particulier, m’a aidée à canaliser mon énergie, à poser mon discours, et à m’adresser au public de manière plus structurée. En tant qu’ambassadrice culturelle, j’ai appris à valoriser notre patrimoine tout en restant accessible et authentique.
En quoi votre expérience en comédie influence-t-elle votre travail d’animatrice, et inversement ?
Mon bagage en comédie m’a toujours suivie, même dans l’animation. Il m’a permis d’apporter une « touche Yamna » unique lors d’événements, qu’ils soient privés ou publics. J’ai appris à adapter mon humour tout en restant professionnelle, ce qui crée une connexion sincère avec le public.
Quelles sont les principales difficultés rencontrées en tant que femme dans le milieu artistique et médiatique en Algérie ?
Honnêtement, je n’ai pas rencontré de difficultés majeures en tant que femme. J’ai toujours veillé à entretenir une image respectueuse et professionnelle. C’est en imposant ses propres limites qu’on obtient naturellement le respect. Les problèmes surviennent souvent quand on se compromet soi-même.
Quel projet professionnel vous rend particulièrement fière ?
Je suis très fière d’avoir été la première femme algérienne à monter sur scène pour faire du stand-up dans un cadre aussi prestigieux que l’Opéra d’Alger, devant 1300 personnes. Ce fut un moment fort de ma carrière. Cette performance a ensuite été suivie d’une tournée. C’est une expérience qui m’a profondément marquée.
Comment gérez-vous votre emploi du temps avec tous vos rôles ?
Je ne suis pas du matin, je l’avoue ! Mais je prends le temps de bien faire les choses. J’ai appris à gérer plusieurs projets simultanément : animation, écriture de scénarios, préparation de spectacles… C’est une question d’organisation, d’habitude, et surtout de passion.
Quel rôle joue la culture algéroise dans votre démarche artistique ?
La culture est un pilier fondamental de mon travail. Qu’il s’agisse de vidéos, d’animations, de stand-up ou de tenues traditionnelles, je m’efforce toujours d’intégrer un ancrage culturel. C’est une manière pour moi de rester authentique et de valoriser notre héritage.
Quelles sont les attentes de votre public en matière de contenu culturel ?
Mon public est fidèle, attentif et exigeant. Il aime les contenus profonds, liés à notre culture et à nos traditions. Les story times culturels que je publiais chaque jeudi étaient très appréciés. Dès que je m’éloigne de ce registre, je le ressens tout de suite. Cela me motive à rester fidèle à mon identité culturelle.
Avez-vous déjà fait face à des critiques liées à votre engagement patrimonial ?
Au début, certains pensaient que je me limitais à la culture algéroise. Mais avec le temps, en mettant en avant diverses traditions régionales et tenues, ils ont compris que mon approche était inclusive. J’ai toujours cherché à représenter toute l’Algérie, et non une seule ville.
Comment préparez-vous vos interventions à la radio ou à la télévision ?
Je prépare mes interventions comme un rôle je crée un personnage d’animatrice avec une posture, une gestuelle, une voix, un ton. Cela permet de transmettre un message à la fois professionnel et personnel. Je m’appuie aussi sur ma formation de journaliste pour structurer mes propos.
Quels conseils donneriez-vous à une jeune femme qui souhaite se lancer dans la scène ou l’animation ?
Il faut d’abord savoir si la scène est faite pour soi. Il faut se lancer, tester, oser. Ensuite, il est essentiel de s’entourer de professionnels compétents un bon metteur en scène, un directeur artistique et surtout de garder sa propre voix. Pour l’animation, il faut savoir si la caméra vous aime, si vous êtes captivante. Tout commence par la passion.
Quelle est votre stratégie pour rester innovante dans un secteur aussi dynamique ?
Honnêtement, je ne fais rien de spécial. C’est naturel chez moi. Je suis de nature dynamique, créative, curieuse. Mais je pense que la clé, c’est de rester active, de varier les projets et de ne jamais s’enfermer dans une seule case.
Avez-vous déjà été confrontée à des situations de stress ? Comment les gérez-vous ?
Oui, bien sûr. Notamment lors de mes débuts en comédie dramatique. Le stress est naturel, surtout avant de monter sur scène. Mais avec le soutien de mon entourage et des professionnels, j’ai appris à le gérer. Les premières secondes sur scène sont cruciales : si tu les maîtrises, tout s’enchaîne.
Quels types de projets souhaitez-vous explorer à l’avenir ?
J’aimerais beaucoup me développer davantage dans le cinéma. J’y ai déjà touché, mais je souhaite vraiment y trouver une place stable. Un rôle marquant, dans un beau projet, ce serait un rêve.
Un dernier mot ?
Je vous remercie pour cet échange. J’ai répondu avec plaisir et sincérité. Merci de m’avoir donné la parole. J’espère que mes réponses vous auront permis de mieux me connaître.
Ch. M.
