Conférence internationale sur la décolonisation au Sahara Occidental : prévenir les conflits à grande échelle et promouvoir la coopération internationale

Alors que le multilatéralisme fait face à une série de remises en question structurelles, le Groupe de Genève de soutien au Sahara occidental a organisé, hier, une conférence d’envergure intitulée : «L’avenir de la décolonisation et la nécessité de renforcer la diplomatie multilatérale». Cet événement s’est tenu en marge de la 59ᵉ session du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies à Genève, rassemblant un panel de diplomates, d’universitaires et de militants des droits humains.
La conférence avait pour vocation de répondre aux défis croissants auxquels sont confrontés les organes multilatéraux créés au sortir de la Seconde Guerre mondiale pour garantir la paix, la coopération et la résolution pacifique des conflits. Alors que l’architecture du droit international se trouve de plus en plus contournée par des démarches unilatérales, souvent motivées par des intérêts géopolitiques immédiats, cette rencontre a réaffirmé le socle fondamental du système international : le respect du droit, de la légitimité et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Les travaux se sont attardés sur l’action du Comité spécial des Nations unies sur la décolonisation, une instance historique dont le mandat est aujourd’hui mis à mal par l’influence croissante de démarches bilatérales et d’alliances conjoncturelles. Les intervenants ont assuré que ces pratiques ne favorisent ni la paix ni la stabilité, mais contribuent au contraire à légitimer l’occupation et à prolonger les conflits.
Dans ce contexte, les prises de position unilatérales de certains États soutenant la thèse marocaine sur le Sahara occidental ont étés critiquées. Ces positions, en rupture avec les résolutions de l’ONU, sont perçues comme de graves entorses à la légalité internationale et comme des tentatives de reconfigurer, sans consensus, le statut d’un territoire toujours inscrit à l’agenda de la décolonisation.

Une parole plurielle face aux logiques d’imposition
Parmi les intervenants de cette conférence figurent des personnalités engagées : Abdallah Saleh Possi, représentant permanent de la Tanzanie auprès de l’ONU, en plus de Manuel Devers, avocat français en droit international, et Isaias Barrenada, professeur à l’université Complutense de Madrid. Des figures emblématiques du plaidoyer pour le droit sahraoui, telles que Claude Mangin et Oubi Bouchraya Bachir, représentant du Front Polisario à Genève, étaient également présentes. Modérée par l’avocate norvégienne Toni Severon, la conférence a également pour but de déconstruire les campagnes de désinformation orchestrées par le Maroc afin d’altérer la perception du statut juridique du Sahara occidental et de discréditer la légitimité du combat du peuple sahraoui.
Dans une déclaration à l’APS, lundi, Oubi Bouchraya Bachir a réaffirmé que cette initiative vise à replacer la question du Sahara occidental dans son cadre juridique fondamental : celui d’un territoire non autonome, en attente de décolonisation, selon les termes mêmes des Nations unies. Il a averti que les tentatives unilatérales de certains pays créent un précédent dangereux susceptible d’éroder la crédibilité du système onusien. Il a également souligné que le Maroc, incapable jusqu’à présent de modifier le statut juridique du territoire dans les forums multilatéraux, s’est lancé dans une stratégie de contournement, tentant d’impliquer certains États dans une logique unilatérale « mort-née « , selon ses termes.
En défendant le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, cette conférence pose une question fondamentale à la communauté internationale : le droit international est-il encore la pierre angulaire des relations entre les nations ?
G. Salah Eddine

ALGER 16 DZ

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