
Les intervenants au Forum de la mémoire organisé par l’Algérie Presse Service (APS) ont mis en avant, samedi dernier, la nécessité d’un partenariat solide et efficace entre les archives et les médias, en vue de préserver la mémoire nationale et de la transmettre aux générations futures. Ils ont également insisté sur les rôles stratégique et prospectif que revêt ce partenariat.
Lors de la nouvelle édition du Forum de l’APS, placée sous le thème «Rôle des médias et des archives au service de la mémoire nationale», le directeur général des Archives nationales, M. Mohamed Bounaâma, a souligné, dans son intervention, la nécessité de renforcer le partenariat entre les Archives nationales et les médias, en particulier l’APS, afin de contribuer aux «études stratégiques et prospectives» menées par le pays dans ce domaine.
Il a expliqué, dans ce contexte, que «l’information a un impact important dans la conjoncture internationale actuelle, au vu des défis auxquels fait face l’Algérie aux niveaux géostratégique, politique et diplomatique».
Se réjouissant du rapprochement entre l’APS et la Direction générale des Archives nationales, M. Bounaâma a affirmé que l’objectif essentiel est de «puiser le sens réel et fondamental de l’information vérifiée qui permet de relever les défis futurs», en mettant en valeur la place stratégique de l’Algérie dans le passé, le présent et l’avenir.
Il a également insisté sur l’importance de former les journalistes algériens à l’histoire nationale, afin qu’ils s’imprègnent des valeurs de «fierté et d’appartenance» dans l’exercice de leurs missions.
L’APS au service de la mémoire nationale
Pour sa part, le directeur général de l’APS, M. Samir Gaïd, a rappelé que «l’APS, qui a vu le jour en pleine Révolution de libération nationale, s’acquitte de son rôle dans la préservation et la transmission de la mémoire aux générations successives», une mission qu’elle assume avec un sens des responsabilités historique et nationale. Il a précisé que le forum périodique de la mémoire nationale, lancé par l’Agence, s’inscrit dans cette démarche, en hommage aux martyrs et moudjahidine.
M. Gaïd a ajouté que la question de la documentation, à travers la numérisation et l’usage de solutions technologiques innovantes, constitue l’un des axes majeurs du programme d’action actuel de l’Agence. Cette orientation est en adéquation avec «la vision du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune», qui accorde une importance capitale à la mémoire nationale, à travers des politiques ambitieuses associant l’ensemble des acteurs dans un cadre fondé sur la souveraineté nationale et la défense des constantes de la nation. Il a également fait savoir que l’APS a lancé des projets visant à valoriser la mémoire nationale en développant la documentation et en adoptant de nouvelles méthodes d’exploitation des archives, s’appuyant sur son riche patrimoine documentaire et en nouant des partenariats avec les institutions concernées.
M. Gaïd a tenu à souligner que «le partenariat entre les médias et les archives constitue une voie utile au service de la mémoire nationale», dans une approche complémentaire, où les deux parties se rejoignent autour d’un même objectif : transmettre les repères civilisationnels de la nation aux générations futures, afin de faire de la mémoire une source d’inspiration constante et un modèle à suivre. Il a ajouté qu’il s’agit aussi d’«assurer la diffusion des faits réels de manière à empêcher la propagation des récits mensongers utilisés par des entités malveillantes et des parties hostiles à l’Algérie pour salir son passé et son présent».
Dans ce cadre, il a indiqué que l’APS a entrepris l’archivage de l’ensemble de ses productions médiatiques liées à la mémoire nationale, via une plateforme dédiée contenant à ce jour 1680 dossiers textes et 473 vidéos réalisés entre 2020 et 2025. L’opération se poursuivra pour intégrer toutes les productions réalisées depuis la création de l’Agence.
Une synergie au service de l’Algérie nouvelle
De son côté, le coordinateur de la Commission algérienne histoire et mémoire, M. Mohamed Lahcen Zeghidi, a salué les plateformes spécialisées mises en place par l’APS et l’ouverture des archives nationales aux médias et aux chercheurs, les qualifiant de grandes avancées au service de la mémoire nationale et de l’édification de l’Algérie nouvelle. Il a rappelé que le président de la République a respecté ses engagements en matière de préservation de la mémoire, de sa transmission aux générations futures et de son accessibilité aux chercheurs et journalistes.
Dans le même sens, M. Djamel Yahiaoui, membre de la Commission nationale histoire et mémoire, a salué le partenariat entre l’APS et les Archives nationales, au service de la mémoire collective. Il a affirmé que l’Algérie dispose, grâce à sa mémoire, d’un capital historique solide qui lui permet de s’ancrer dans le monde actuel. Il a également souligné le rôle crucial de la dimension historique dans les guerres mémorielles contemporaines et dans l’élaboration des stratégies d’avenir des États.
Le chercheur Omar Hachi a, lui aussi, mis en avant le rôle fondamental des archives nationales dans la préservation de la souveraineté des États. Il a proposé la création d’une école supérieure des archives, à même d’assurer une formation de qualité pour les professionnels du secteur.
De son côté, M. Mohamed Abbad, président de l’association Machâal Echahid, a salué le rôle central de l’APS, qu’il a décrite comme engagée dans une véritable guerre médiatique face aux ennemis de l’Algérie sur plusieurs fronts.
En marge du forum, une convention de coopération a été signée entre le directeur général de l’APS et celui des Archives nationales. Elle vise à valoriser les archives et à accompagner les médias dans leur mission au service de l’intérêt général.
Enfin, à l’issue des travaux, le directeur général des Archives nationales, accompagné de représentants d’organismes officiels ayant pris part à l’événement, a visité une exposition de photos et de documents organisée par les Archives nationales, mettant en relief le rôle des médias et des archives dans la préservation de la mémoire nationale ainsi que les grandes étapes de l’histoire des médias algériens depuis le déclenchement de la Révolution de libération.
La délégation a également visité le Musée de l’APS, qui retrace l’évolution de l’Agence depuis sa création,
en 1961.
A. Ryad
Signature d’une convention de coopération
L’agence Algérie Presse Service (APS) et la Direction générale des Archives nationales ont signé, samedi dernier à Alger, une convention de coopération établissant un cadre de coopération entre les deux établissements dans les domaines des archives, de la gestion documentaire, de l’échange d’informations ainsi qu’en matière d’organisation d’activités conjointes d’intérêt commun.
La convention a été signée par le directeur général de l’APS, M. Samir Gaïd, et le directeur général des Archives nationales, M. Mohamed Bounaâma.
En vertu de cette convention établissant un cadre de coopération dans « les domaines de l’archivage, la gestion documentaire, l’échange d’informations et de documents ainsi qu’en matière d’organisation d’activités conjointes d’intérêt commun », les deux parties s’emploieront à « renforcer les échanges scientifiques, historiques et culturels, dans le respect des prérogatives et objectifs de chaque établissement ».
Aux termes de cette convention, la Direction générale des Archives nationales s’engage à « faciliter l’accès aux archives et l’échange de documents et de contenus à valeur historique et informative », à « associer l’APS à l’organisation de conférences et de colloques scientifiques et culturels autour des thèmes des archives et des médias » et à « organiser des sessions de formation et de perfectionnement au profit des personnels de l’APS, en matière de numérisation et de gestion documentaire et archivistique ».
La convention prévoit, en outre, une collaboration entre les deux établissements dans « les travaux de recherche, d’analyse et d’évaluation des informations concernant les événements nationaux et internationaux ».
La signature de cette convention reflète la volonté commune des deux établissements de « préserver le patrimoine historique et militant national, dans une perspective de protection, de valorisation et de transmission de la mémoire aux générations successives ».
R. N.
