
Raphael Arnault, fondateur du groupe « La Jeune Garde », a déclaré que la décision du gouvernement français de dissoudre ce collectif antifasciste s’inscrivait, selon lui, dans l’agenda politique raciste porté par le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau.
Le 12 juin, Bruno Retailleau a annoncé, dans une publication sur les réseaux sociaux, la dissolution de deux groupes : « La Jeune Garde » ainsi que « Lyon Populaire », un groupuscule d’ultra-droite néonazi, réputé pour sa violence extrême.
Cette décision a été vivement critiquée par Raphaël Arnault dans un entretien accordé au média en ligne « Mediapart ». Le fondateur de « La Jeune Garde » et député de La France Insoumise (LFI) y voit une illustration claire de « l’agenda politique raciste du ministre de l’Intérieur, qui enchaîne les passes décisives à l’extrême droite ».
Qualifiant cette décision d’ »absurdité politique », Arnault estime que Bruno Retailleau établit un dangereux parallèle entre des groupes néonazis et les mouvements antifascistes.
« De ce point de vue, c’est affreux. Des membres de ‘Lyon Populaire’ ont été visés pour avoir mené des attaques ultraviolentes, notamment avec des coups de couteau. Nous mettre sur le même plan, c’est vraiment fou politiquement », a-t-il déclaré.
Le député a également exprimé son indignation face au fait que la dissolution de « La Jeune Garde » répondrait à une demande émanant de groupuscules néonazis, soutenue ensuite par des membres du Rassemblement national (RN). « C’est après que des groupuscules néonazis ont demandé la dissolution de ‘La Jeune Garde’, demande reprise évidemment par leurs amis du Rassemblement national, que le ministre de l’Intérieur a répondu favorablement à la demande d’un député du RN », a-t-il précisé.
Interrogé sur les motivations du ministre de l’Intérieur, alors que cette dissolution intervient peu après un crime raciste commis dans le sud de la France par un sympathisant du RN, et au moment où plusieurs agressions imputées à des groupes néonazis ont été signalées, le député LFI a décrit « une situation politique qui s’aggrave de jour en jour ».
Raphaël Arnault estime, par ailleurs, que la décision de Bruno Retailleau n’affaiblira pas la mobilisation antifasciste, mais aura plutôt l’effet inverse : elle incitera les militants à intensifier leur engagement contre le racisme.
« Si Bruno Retailleau espérait nous faire taire et faire taire l’antifascisme avec cette dissolution, il est mal tombé. D’abord parce que l’antifascisme, ce n’est pas que ‘La Jeune Garde’. Désormais, au vu de la situation, toutes les organisations qui se réclament d’un progrès social humain, de la lutte pour l’égalité, peuvent se réclamer de l’antifascisme », a-t-il affirmé.
A. Ryad/APS
