
Dès le coup de sifflet final, les visages des joueurs de l’Atlético de Madrid disaient tout. Avant même de retrouver les vestiaires du Hard Rock Stadium, l’atmosphère pesante trahissait la douleur d’une soirée où tout semblait aller de travers.
Humiliés 4-0 par un Paris Saint-Germain étincelant, les Colchoneros encaissaient une défaite sportive cinglante, doublée d’un sentiment d’injustice ressenti jusque dans les déclarations de leur capitaine Koke. Entre décisions arbitrales contestées et réalisme parisien implacable, retour sur une nuit où l’amertume a régné côté espagnol.
Un départ prometteur, un basculement fatal
Le début de match ne laissait pourtant rien présager d’un tel naufrage. L’Atlético entame bien la rencontre, agressif, concentré et décidé à faire déjouer le jeu de possession du PSG. Mais rapidement, une fulgurance parisienne change la donne : Fabian Ruiz ouvre le score sur une action limpide, conclue par une frappe imparable. Un coup de massue, mais pas encore décisif.
Les hommes de Diego Simeone ne s’écroulent pas. Ils réagissent, installent une pression continue et à la 45e+1, Antoine Griezmann s’échappe seul vers le but. Le moment semble idéal pour recoller au score avant la pause… mais son action avorte, et sur le contre-éclair, Paris frappe à nouveau : Vitinha profite d’un déséquilibre défensif pour doubler la mise. Le choc est brutal.
«C’est là que tout a basculé», résume Koke après la rencontre. «À 1-1, le match n’est plus le même. Mais on encaisse un deuxième but à un moment critique.»
L’espoir brisé, la colère qui monte
Revenus des vestiaires avec plus d’envie, les Madrilènes tentent de reprendre le contrôle. À la 58ᵉ minute, Julian Alvarez pense relancer les siens en reprenant un centre tendu au fond des filets. Le but est célébré… mais rapidement annulé. L’arbitre roumain István Kovács, après consultation, revient à une faute de Koke sur le jeune Désiré Doué au début de l’action. Une décision qui enflamme les esprits madrilènes.
Koke, furieux, s’exprime sans détour
«On marque le 2-1, on y croit… et puis il revient en arrière pour une faute discutable. S’il veut siffler, très bien. Mais qu’il le fasse tout de suite. Là, on a tous vu les images : c’est léger, et ces petits détails, ils tombent toujours du même côté. »
Une gestion disciplinaire contestée
La frustration monte. Les fautes s’accumulent, les tensions aussi. Sept cartons jaunes distribués, un rouge direct pour Clément Lenglet pour protestation : l’arbitrage devient un sujet central. L’Atlético se sent ciblé. Koke souffle, amer : «Oui, certains cartons sont logiques. Mais d’autres non. Et au final, c’est toujours nous qui écopons.» Pendant que les Madrilènes se perdent dans la confusion, les Parisiens en profitent. Tranquilles, sereins, ils déroulent. Deux nouveaux buts viennent alourdir la marque. Les remplaçants entrés en seconde période apportent de la fraîcheur et Luis Enrique gère parfaitement son banc. Le contraste est saisissant.
Une leçon reçue, sans renier la polémique
Malgré l’ampleur du score, le capitaine andalou garde la tête froide et rend hommage à l’adversaire :
«Le PSG mérite sa victoire. À ce niveau, ils ont été meilleurs. Ce sont les champions d’Europe, ce n’est pas pour rien. On les félicite. Mais nous, on doit retenir cette seconde période : on a montré un autre visage, on voulait le ballon, on a attaqué…»
Puis il conclut, en évoquant l’expulsion comme le point final d’un match au scénario cruel : «L’expulsion nous a tués. On ne pouvait plus rien faire à dix contre onze face à une équipe de ce niveau.»
L’Atlético n’a pas le temps de s’apitoyer. Dès la prochaine journée de Ligue des champions, un déplacement difficile l’attend sur le terrain des Seattle Sounders. Pour Diego Simeone, la priorité est claire : resserrer les rangs, retrouver une défense solide et évacuer le sentiment d’injustice. Le coach argentin, connu pour bâtir ses succès sur le mental, devra remotiver ses troupes sans s’attarder sur l’arbitrage.
En face, le PSG avance à pas sûrs. Portés par cette démonstration de force, les Parisiens se dirigent vers Botafogo avec un moral au beau fixe. Forts de leur collectif huilé et d’une ambition claire : conquérir un nouveau trophée continental.
A.Amine
