
À quelques heures du grand rendez-vous, l’USM Alger tente de se remobiliser autour d’un objectif clair : tourner la page d’une saison difficile et écrire un dernier chapitre en lettres majuscules. Malgré un climat pesant, marqué par un lien fragile entre le staff et certains cadres du vestiaire, les Rouge et Noir ont relancé l’intensité dans leurs entraînements.
Aux entraînements des Usmistes, le rythme s’est accéléré. Loin des projecteurs, l’effectif tente de se reforger dans la sueur et le silence des répétitions. Le club n’est pas parti en vacances, comme laissent entendre certains. Depuis plusieurs semaines, les joueurs ne pensent qu’à cette finale. La préparation physique est montée d’un cran, car il faudra tenir, courir, presser, se battre et jouer contre un adversaire redoutable — pendant 90, voire 120 minutes.
Le discours est sobre, les regards sont concentrés. Car dans les couloirs algérois, une vérité circule comme une évidence : cette finale, il faut l’aborder comme si elle appartenait à une toute autre saison, avec un esprit neuf, une mémoire courte, et la rage de ceux qui veulent se relever. Mentalement aussi, le groupe s’endurcit. Malgré les remous en interne, le message est clair : «Il faut sortir la tête de l’eau ! C’est un seul match et il faut le gagner.»
C’est un travail de réarmement psychologique, autant que tactique. Les joueurs sont briefés, responsabilisés, relancés. Il n’est plus question d’état d’âme ni de regrets : seule la finale compte désormais.
L’entraîneur intérimaire Lacet, malgré une connexion encore floue avec certains joueurs, peut compter sur un groupe qui s’entraîne avec acharnement, comme pour prouver que tout n’a pas été gâché, que l’USMA n’est pas morte, et que ce trophée peut recoller des morceaux brisés.
Les joueurs, malgré les doutes, croient en leur chance. Car un seul match peut tout changer. Une seule victoire peut sauver l’honneur, effacer les échecs continentaux, faire oublier les limogeages et les remous internes. Cette Coupe d’Algérie, ce n’est pas juste un trophée de plus à viser. C’est le symbole d’un sursaut, d’un club qui refuse de couler, même quand la tempête fait rage.
Dans le vestiaire, l’envie de revanche circule, presque fébrile. Les anciens motivent les plus jeunes, les blessés serrent les dents, et même les remplaçants s’entraînent comme s’ils allaient débuter.
L’USMA sait qu’elle n’aura qu’une seule chance de remettre les pendules à l’heure. Et elle la prépare avec la dureté d’un commando, loin des discours, dans la vérité du terrain.
Entre l’USMA prête à se battre jusqu’à la dernière goutte de sueur pour laver l’affront d’une saison tourmentée et un CRB déterminé à sauver son standing, ce duel en finale s’annonce électrique, tendu, irrationnel. Place au football !
G. Salah Eddine
