
Dans un contexte continental où les principes de respect mutuel, de souveraineté des États membres et d’intégrité institutionnelle constituent le socle de toute coopération multilatérale, un incident grave est survenu lors de la 47ᵉ session du Conseil exécutif de l’Union africaine (UA), tenue jeudi et vendredi derniers à Malabo, en Guinée équatoriale. En effet, selon l’Agence de presse sahraouie (SPS), des individus décrits comme appartenant à la délégation marocaine ont procédé au vol du drapeau de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) de son emplacement désigné. » L’agence de presse a qualifié cet acte de complètement inacceptable. D’ailleurs, cet acte, survenu dans un cadre éminemment diplomatique, a suscité une « vague d’indignation parmi les délégations participantes, d’autant plus qu’il s’est produit dans un cadre diplomatique où les délégations, représentant les Etats membres, sont censées respecter les règles et tenues de se conformer aux règles de conduite et à l’éthique universellement reconnues lors de telles conférences multilatérales ». Ce geste, considéré comme une atteinte manifeste au protocole de l’Union, a provoqué une réaction immédiate de plusieurs délégations africaines, qui ont refusé de poursuivre les travaux de la réunion avant que le drapeau sahraoui ne soit remis à sa place, soulignant ainsi l’impératif du respect de la souveraineté de la RASD – membre fondateur de l’UA – et la nécessité de faire prévaloir les normes de conduite diplomatique. « Selon l’agence SPS, les délégations ont estimé que ce geste constituait ‘une violation flagrante des usages diplomatiques’ et ont exigé de remettre immédiatement le drapeau sahraoui à son emplacement pour que la réunion puisse se poursuivre, ce qui a effectivement été fait par le protocole de l’UA”. L’incident, par sa nature et sa gravité, relance le débat sur le positionnement du Maroc au sein de l’Union africaine, depuis sa réintégration en 2017. Plusieurs observateurs y voient la manifestation d’un agenda déstabilisateur, visant à saper l’unité de l’organisation et à entraver sa capacité à parler d’une seule voix sur la scène internationale. « En persistant dans sa politique marquée par ‘des comportements de voyou’ depuis son adhésion à l’UA en 2017, le Maroc ‘cherche à susciter des troubles au sein de l’organisation continentale et à ternir son image et sa cohésion aux yeux des peuples africains, tout en portant gravement atteinte à sa crédibilité vis-à-vis de ses partenaires’ « . À travers cette récidive, les intentions deviennent claires pour certains États membres : il s’agirait d’une stratégie systémique visant à affaiblir l’Union dans ses fondements éthiques et diplomatiques. Une posture jugée incompatible avec les objectifs fondateurs de l’UA. « Il est désormais évident que la récidive de tels comportements de voyou, qui va à l’encontre de toutes les règles, procédures et usages diplomatiques, incarne un agenda étranger visant à affaiblir l’UA et à entraver ses efforts pour jouer son rôle naturel sur la scène internationale en tant que bloc politique et économique s’exprimant d’une seule voix », a relevé SPS. Face à cela, l’Agence sahraouie lance un appel solennel aux instances dirigeantes de l’Union : l’impunité ne peut être tolérée et les comportements attentatoires aux fondements mêmes de l’intégration africaine doivent être fermement sanctionnés. « Elle a ajouté que l’UA est appelée à empêcher le Maroc de poursuivre ‘cette attitude sauvage’ et à mettre un terme à ces dépassements en prenant les décisions nécessaires et les sanctions appropriées conformément aux lois et règlements en vigueur. » Cet incident ne doit pas être perçu comme un fait isolé, mais bien comme un signal d’alerte. L’Union africaine, en tant que cadre suprême de coopération continentale, est appelée à réaffirmer sa neutralité, son attachement aux principes fondateurs, et à protéger l’intégrité de ses institutions contre toute tentative de subversion. La réponse qui sera donnée à cet acte déterminera la capacité de l’organisation à défendre ses propres règles, mais aussi sa crédibilité auprès des peuples du continent.
G. S. E.
