
L’équipe nationale féminine d’Algérie s’est inclinée hier en quart de finale de la Coupe d’Afrique des Nations féminine, face au Ghana, au terme d’un match intense qui s’est conclu sur une cruelle séance de tirs au but (0-0, 2-4 tab). Malgré une prestation globalement cohérente, les Vertes quittent la compétition avec des regrets, notamment en raison de leur manque d’efficacité offensive.
Benstiti avait opté pour un 4-3-3 structuré, misant sur l’équilibre entre discipline défensive et transitions rapides. C. N’Gazi gardait les cages, avec Belkhiter, Guellati, Khezami et Belloumou en défense. Le trio du milieu composé de Karchouni, Dafeur et Braham avait pour mission de contrôler l’entrejeu, tandis que Boussaha, Boutaleb et Bethi animaient la ligne offensive.
En face, le Ghana alignait un 3-4-1-2 plus dense au milieu, avec une défense à trois menée par Boakye, Bonsu et Duah, et une attaque rapide portée par Boaduwaa et Boye-Hlorkah, soutenues par la meneuse de jeu Nyamekye.
Le début de match a été légèrement à l’avantage des Ghanéennes, plus tranchantes dans les duels et plus menaçantes dans les trente derniers mètres. À la demi-heure de jeu, elles pensaient avoir fait la différence avec un but logiquement célébré… avant que la VAR n’annule l’action pour un léger hors-jeu. Un énorme soupir de soulagement pour les Algériennes, toujours en difficulté dans la construction.
Peu à peu, Marine Dafeur s’est efforcée de réorganiser le jeu côté algérien, apportant un semblant de stabilité au milieu. Mais les Vertes restaient timides offensivement, manquant d’inspiration pour inquiéter C. Konlan, la gardienne adverse.
Un second acte plus libéré, mais toujours sans but
Au retour des vestiaires, les intentions algériennes ont clairement évolué. Plus entreprenantes, les coéquipières de I. Boutaleb ont pris le contrôle du ballon. L’entrée en jeu de Naili a permis d’accélérer les transitions, créant davantage d’espaces dans le camp ghanéen. L’équipe nationale s’est montrée plus cohérente dans son jeu… mais toujours sans réussite dans le dernier geste.
Les Ghanéennes n’ont pas renoncé pour autant et ont également multiplié les tentatives, souvent de loin, mais se sont heurtées à une C. N’Gazi impeccable, multipliant les parades pour garder sa cage inviolée.
Le score restait désespérément nul à la fin du temps réglementaire, forçant les deux équipes à se départager lors des prolongations.
Prolongation : des occasions… mais un destin scellé
Dans la première période de la prolongation, l’Algérie a tenté d’appuyer sur l’accélérateur. G. Karchouni a d’abord tenté sa chance d’une frappe tendue, captée par Konlan, puis elle a offert une merveille de passe à Wassila Alouache dans la surface. Mais cette dernière, bien placée, a vu sa frappe être contrée in extremis par S. Duah, impériale derrière.
Le Ghana s’est ensuite procuré plusieurs situations dangereuses en fin de match, profitant de ballons dans le dos d’une défense algérienne fatiguée. Mais N’Gazi, héroïque jusqu’au bout, a tenu bon, repoussant tous les assauts adverses et permettant à son équipe d’espérer.
À la lumière des statistiques, ce quart de finale a été plus équilibré qu’il n’y paraît. Avec 2 tirs cadrés partout et une possession légèrement à l’avantage des Algériennes, ce match a été disputé jusqu’au bout.
La domination algérienne en termes de possession n’a pas été récompensée, faute de tranchant dans les derniers mètres. Le Ghana, plus direct, a pêché par maladresse et s’est heurté à un mur nommé N’Gazi.
Une issue cruelle aux tirs au but
Mais comme souvent dans les grands matchs sans but, c’est la loterie des tirs au but qui a décidé du sort des deux équipes. Si N’Gazi, pourtant brillante pendant 120 minutes, est partie du bon côté à chaque tir, elle n’a pas réussi à détourner les frappes ghanéennes.
L’Algérie, de son côté, a craqué à deux reprises. Le premier penalty manqué, celui de Marine Dafeur, a donné le ton. Les Ghanéennes, sereines, ont transformé leurs quatre tentatives.
Score final : 4-2 aux tirs au but.
Malgré l’élimination, les Vertes sortent la tête haute. L’Algérie a montré de belles choses dans l’organisation, l’intensité, et la combativité. Des éléments prometteurs à l’approche des prochaines échéances continentales et internationales.
Il faudra désormais capitaliser sur ce socle collectif, renforcer la finition, et continuer à construire un groupe compétitif autour de cadres comme Dafeur, Karchouni, Braham ou N’Gazi.
Le Ghana, lui, confirme sa solidité et son expérience. Les Black Queens accèdent logiquement aux demi-finales et s’affirment comme de sérieuses prétendantes au titre.
G. Salah Eddine
