
Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a été reçu en audience officielle par Sa Sainteté le Pape Léon XIV, au Palais apostolique du Vatican.
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’un dialogue renforcé entre l’Algérie et le Saint-Siège, fondé sur des valeurs communes de paix, de tolérance et de respect mutuel. Les échanges ont porté sur des sujets d’intérêt mondial, notamment la coexistence pacifique entre les religions, la protection des lieux saints, la migration, ainsi que la lutte contre la pauvreté et le changement climatique. Le Président Tebboune a salué le rôle spirituel et moral de l’Église catholique dans la promotion du dialogue interreligieux et la consolidation de la paix dans le monde. Il a rappelé l’attachement historique de l’Algérie à la liberté de culte et à la coexistence harmonieuse entre les différentes communautés religieuses sur son territoire.
Sa Sainteté le Pape Léon XIV a, de son côté, exprimé sa reconnaissance pour les efforts déployés par l’Algérie en matière de paix régionale, de dialogue entre civilisations et de promotion de la fraternité humaine.
La rencontre s’est déroulée dans un climat de grande cordialité et a permis de réaffirmer la solidité des relations diplomatiques entre l’Algérie et le Saint-Siège, établies depuis 1972.
R. N.
Algérie – Vatican : Relation historique, tolérance et vivre-ensemble consacrés
Lors de l’émission «Nabd El Djazaïr», diffusée jeudi dernier sur la chaîne AL24 News, deux experts de renom – le politologue Dr Boumediene Maach et le professeur-chercheur Dr Mohamed Benkherouf – ont livré une analyse approfondie de la visite officielle du président Abdelmadjid Tebboune au Vatican. Selon eux, cette démarche diplomatique revêt une portée symbolique, politique et civilisationnelle majeure, révélant la vision géopolitique de l’Algérie, fondée sur l’ouverture, la souveraineté
et le dialogue interreligieux.
Dans une démarche illustrant l’ouverture croissante de l’Algérie et sa présence affirmée sur la scène internationale, le déplacement revêt une portée symbolique profonde, intervenant à un moment de grande sensibilité sur les plans régional et mondial. Il incarne pleinement la dimension éthique de la politique étrangère algérienne, fondée sur la promotion du vivre-ensemble, le refus de toute forme de repli identitaire, de discrimination religieuse ou ethnique.
Au-delà de sa portée diplomatique, cette visite, riche en résonances civilisationnelles, vient rappeler que l’Algérie — terre natale de Saint-Augustin — reste fermement attachée aux valeurs d’ouverture, de dialogue et de respect mutuel. Elle ravive également les liens historiques profonds qui unissent Alger au Saint-Siège, inscrits dans une tradition multiséculaire de coopération et de reconnaissance mutuelle.
Un moment diplomatique à haute portée politique
La visite officielle du Président Tebboune au Vatican intervient dans un contexte régional et international particulièrement sensible. Le Dr Maach le décrit comme un «moment de grande finesse géopolitique», appelant à saisir les nouvelles perspectives d’un partenariat entre l’Algérie et l’Italie, notamment sur les enjeux de la Méditerranée : la paix, les migrations et la justice internationale.
Il souligne que la démarche s’inscrit dans une politique de diversification, à savoir «une ouverture équilibrée sur tous les équilibres internationaux, y compris ceux liés aux différences religieuses», affirmant l’engagement constant de l’Algérie à promouvoir la tolérance, la stabilité et le dialogue interreligieux.
En outre, le Dr Maach souligne la volonté algérienne de conjurer la spirale de violences et les affrontements confessionnels : «La visite au Vatican témoigne de notre volonté de promouvoir la paix religieuse et la justice humaine face aux tensions croissantes.» Il rappelle que ces choix diplomatiques s’inscrivent dans une vision de combat contre l’extrémisme sous toutes ses formes : idéologique, sectaire ou raciale.
Selon lui, l’Algérie incarne ainsi un modèle d’intégration et de coexistence, refusant le repli identitaire. «L’Algérie veut conjurer l’image d’un islam fermé, opaque et lié à la violence» par une diplomatie active et respectée à l’échelle mondiale. De son côté, le chercheur algérien le Pr Mohamed Benkherouf voit dans l’entretien du président algérien avec le Pape François une suite logique au dialogue déjà engagé lors du G7, et désormais approfondi au Vatican avec le Pape Léon XIV : «Il s’agit d’un prolongement de la diplomatie algérienne, fidèle à ses principes, dans un moment où le monde est secoué par des crispations identitaires et des extrémismes religieux.».
L’Algérie, selon lui, représente un cas d’école : un État de tradition musulmane qui a su concilier «son identité civilisationnelle islamique avec un profond respect pour la liberté de conscience et la diversité religieuse» et ce, malgré les campagnes de désinformation dirigées contre elle.
Convergence historique avec l’Italie
Le Dr Maach explicite également la profondeur du partenariat algéro-italien : «Depuis les années 1990, l’Italie a soutenu l’Algérie sur les plans diplomatique et médiatique, notamment durant les campagnes de désinformation à l’étranger.» Il évoque un engagement mutuel, affirmé dans les moments cruciaux, constituant une alliance solide et structurée.
Il poursuit : «Cette relation est guidée par une vision partagée : stabilité, coopération économique, échanges culturels et dialogue méditerranéen équilibré.»
De plus, revenant sur la trajectoire historique du pays, le Dr Benkherouf insiste sur l’exception algérienne : «L’Algérie est une puissance non seulement régionale, mais également mondiale, car elle a bâti sa souveraineté sur des fondations éthiques et historiques solides.» Il rappelle que l’Algérie a résisté à un colonialisme féroce qui a tenté d’effacer son identité pendant plus de 132 ans.
Il cite le Président Tebboune, soulignant que «le véritable danger réside dans la ‘cinquième colonne’, cet héritage colonial qui tente encore aujourd’hui de freiner la stabilité de l’Algérie». Une stabilité dont dépendent à la fois la prospérité intérieure et la place de l’Algérie sur la scène internationale.
L’Algérie fidèle à ses principes
Le politologue Maach insiste sur l’importance de maintenir «une politique indépendante fondée sur des principes clairs et reconnus», renforçant ainsi la crédibilité de l’Algérie sur la scène internationale. Le message est simple : l’alignement sur nos valeurs consolide notre poids politique et moral.
L’Algérie s’illustre également, selon Benkherouf, par son attachement à la protection des minorités, même en dehors de ses frontières. Il cite avec fierté l’exemple de l’Émir Abdelkader, «qui, alors prisonnier du colonialisme français, fut l’un des sauveurs des chrétiens persécutés en Syrie. Ce geste résonne encore aujourd’hui dans les mémoires».
Ce legs humaniste a élevé l’Algérie aux yeux du monde, explique-t-il, rappelant que «l’hymne national algérien a été joué dans l’un des États américains, un honneur unique qui témoigne du respect porté à l’Algérie et à ses valeurs».
Le Partenariat Algérie-ITalie
Dans le même élan, la rencontre au Vatican s’inscrit également dans une dynamique multilatérale, impliquant l’Italie, l’Espagne, et d’autres États influents du Bassin méditerranéen. Objectif : œuvrer ensemble à la résolution des crises internationales, qu’elles soient sécuritaires, migratoires ou environnementales.
Le Dr Maach souligne le rôle pionnier de l’Italie pour défendre l’Algérie en Occident : «L’Italie constitue une voix européenne forte qui soutient couramment la légitimité algérienne dans les enceintes internationales.»
Pour le Dr Mohamed Benkherouf, cette séquence incarne une forme de consécration de la stature géopolitique algérienne : «Cette visite révèle toute la profondeur des liens entre l’Algérie et l’Italie, mais surtout l’importance stratégique d’un partenariat qui unit deux puissances du Bassin méditerranéen.»
Il souligne que cette coopération bilatérale repose sur une reconnaissance mutuelle des rôles respectifs. L’Algérie, puissance émergente au sud de la Méditerranée, affirme son autonomie diplomatique, tandis que l’Italie consolide son poids au sein de l’Union européenne. «L’Italie avance avec des pas sûrs et puissants pour s’imposer comme une nation européenne de référence. Cela dérange, notamment en France», affirme-t-il avec lucidité.
Diplomatie durable et influence équilibrée
Le Dr Maach souligne que l’Algérie a renforcé sa structure institutionnelle et économique, s’ouvrant ainsi aux investissements étrangers tout en sauvegardant sa souveraineté : «La stratégie Algérie repose sur une vision à long terme : diversification économique, dialogue politique, alliances fiables et respect du droit international.»
Il prédit que ce positionnement fera de l’Algérie un pôle de stabilité en Méditerranée, grâce à ses liens avec des partenaires comme l’Italie, et face aux défis liés à l’immigration, la lutte antiterroriste, ou encore la recomposition des équilibres régionaux.
Le Dr Benkherouf conclut en évoquant la stature singulière de l’Algérie : «L’Algérie se tient aux côtés des peuples épris de paix. Elle refuse la logique de bloc, promeut le dialogue et incarne un humanisme politique en rupture avec les logiques de confrontation.»
Le discours des deux experts assure qu’en s’appuyant sur ses principes et ses ambitions, l’Algérie affirme sa place comme acteur diplomatique sérieux, à l’écoute du monde, mais fidèle à ses valeurs. La visite du Président Tebboune au Vatican ne se résume pas à un geste symbolique : elle s’inscrit dans un processus géopolitique profond, plaçant Alger au cœur des recompositions méditerranéennes et spirituelles à venir.
G. Salah Eddine
