
Après l’élimination de la sélection nationale des joueurs locaux du CHAN 2024 (décalé à 2025), le coach national s’est présenté devant la presse la mine grise, mais pas du tout abattu. «On est déçus, mais je suis fier de mes joueurs», a-t-il lancé tout de go. Madjid Bougherra a déjà mis le cap sur la Coupe arabe à venir.
Visiblement, il ne veut retenir que du positif de cette expérience dans laquelle il fut contraint de s’engager à la hâte. «Ça fait partie du football, il y a des perdants, et il y a des gagnants. Tout d’abord, je dirais mabrouk au Soudan. Et nous… Bah, c’est clair qu’on est déçus, parce qu’on voulait continuer l’aventure, après voilà… Je suis fier de mes joueurs, ils ont tout donné. On connaît le parcours qu’on a fait, et on sait dans quelles conditions on a construit cette équipe. On avait fait ça rapidement. Après, on n’a pas perdu ce match, on a perdu aux penalties, mais voilà c’est le football. Mais je n’ai rien à reprocher à mes joueurs», a commenté Bougherra dans sa brève introduction. Mais sinon, sur le Soudan, il avoue qu’il «savait que ça allait être un match un peu compliqué dans le sens où le Soudan a un jeu plutôt direct avec de longs ballons. Et on est tombés un peu dans leur jeu. Les seules fois qu’on a pu poser le ballon et essayé de construire, on a pu quand même créer certaines situations, mais ça restait compliqué pour nous, contre une équipe solide, costaud physiquement et surtout perturbante dans les longs ballons. Mais bon, on ne peut que les féliciter par ce qu’ils ont gagné. Nos joueurs ont tout essayé mais… Je dirais que c’est dommage parce qu’il y avait quand même beaucoup de choses positives durant le tournoi, mais bon», a-t-il ajouté. Mais il ne veut visiblement pas trop s’attarder sur cette issue qu’il aurait aimé qu’elle soit toute autre. «J’ai dit aux joueurs : passez à autre chose, et surtout soyez fiers de vous. Vous avez joué avec le cœur, mais il était écrit qu’on allait s’arrêter là.» Interpellé une nouvelle fois sur la contrainte des nombreux voyages effectués par l’équipe en plein tournoi, Bougherra balayera une nouvelle fois d’un trait ce supposé handicap. «C’est sûr que quand tu voyages, ce n’est pas la même chose qu’une équipe qui reste sur place, mais franchement, ce n’est pas une excuse. Et puis sur le plan physique, on n’était pas plus fatigué que le Soudan, même si c’était dur pour nous aujourd’hui. A ce niveau de la compétition, ce sont les petits détails, la chance, la malchance, le petit dernier geste que tu rates… qui font la différence. Mais encore une fois, je suis fier de mes joueurs, ils ont représenté l’Algérie comme ils devaient le faire, et je suis sûr que si on avait une équipe prête, ça aurait été autre chose. On a la qualité, mais quand on n’a pas la bonne préparation, tu flanches, tu es moins lucide dans les passes, dans la concentration… Mais c’est tout à l’honneur de ces joueurs qui sont venus dans une compétition très délicate.»
LA COUPE ARABE SERA AUTRE CHOSE
Bougherra se veut déjà dans l’après-CHAN. Il a déjà mis le cap sur la Coupe arabe qu’il évoquait en plein conférence de presse d’après-match. «Ce CHAN m’a donné l’opportunité de voir qui pourra être susceptible de venir à la Coupe arabe. Il n y’aura pas toute l’équipe c’est sûr. Mais, je dirais que dans les aptitudes, dans ce qu’ils ont montré, je suis content de tout le monde, même les remplaçants qui n’ont pas pu jouer. Franchement, ils ont été irréprochables, ils ont toujours été là dans l’ambiance, ils ont été magnifiques.» Ce futur, Bougherra ne se contente pas de l’évoquer, il la déjà tracé dans sa tête. «Pour la Coupe arabe, on commencera par un stage à partir d’octobre et novembre. Donc, on aura deux dates pour se concentrer sur ce challenge, un autre environnement, une autre compétition… Dans ce CHAN, disons que la chose positive c’est qu’on est toujours invaincus, mais c’est sûr qu’on manque toujours de ce petit truc qui fait qu’on ne va pas au bout. Maintenant, les joueurs vont retrouver leurs clubs et se reposer quelques jours, et surtout ne pas se blesser pour repartir sur une nouvelle phase», se projette le sélectionneur national. Il faut savoir qu’en Coupe arabe, qui sera lancée en décembre au Qatar, la sélection nationale changera certainement complètement de visage avec les renforts en vue de nombreux internationaux évoluant dans les pays du Golfe notamment, mais aussi des autres pays arabes du continent africain. Le CHAN, c’est déjà du passé pour Bougherra. Quelque peu douloureux, mais riche en enseignements pour lui, comme pour son groupe. «Ce n’est pas facile pour toutes les équipes de faire une compétition en plein mois d’août. Mais on a été bien accueillis partout, c’est une bonne expérience pour tout le monde», a-t-il conclu.
Djaffar Chilab
