Après la campagne de moisson-battage : La récolte 2025 de blé sera la meilleure

Avant même la clôture de la campagne de moisson-battage, les premiers résultats de la saison annoncent des perspectives inédites pour l’agriculture nationale. «La récolte 2025 de blé sera la meilleure de ces dernières années», a affirmé Abdelghani Benali, président du Conseil national interprofessionnel de la filière céréales (CNIFC) lors de son intervention mardi dernier sur la Chaîne II.

Les estimations tablent sur une production avoisinant les 30 millions de quintaux, un volume qui marque une nette progression par rapport aux campagnes précédentes.
Les services agricoles locaux expliquent cette performance par la synergie entre les efforts soutenus des agriculteurs et l’appui technique des institutions. Semences adaptées, engrais, équipements modernes, logistique de récolte et infrastructures de stockage : autant de leviers qui ont permis d’assurer la réussite de la saison.
Le président du CNIFC a rappelé que cette dynamique s’inscrit dans la stratégie initiée par le président Abdelmadjid Tebboune, qui a multiplié les mesures et facilitations en faveur de la sécurité alimentaire. Selon Abdelghani Benali, l’Algérie est désormais en mesure de produire ce qu’elle consomme et poursuit son chemin vers une souveraineté alimentaire durable.
Lors de son intervention, l’orateur a précisé que les «prévisions sont, globalement, autour de 30 millions de quintaux, sachant que les progrès les plus importants ont été enregistrés à l’est et au centre du pays». Il a souligné que «pour la région Ouest, elle a tout de même connu une certaine amélioration, notamment en matière de blé dur et d’orge».
La numérisation constitue également un pilier central de cette évolution. En systématisant la collecte et l’exploitation des données, elle permettra non seulement de dresser des bilans fiables mais aussi de planifier des stratégies à long terme, afin de garantir la durabilité et l’amélioration continue du modèle agricole adopté.

Des résultats tangibles malgré les contraintes
Toutefois, Abdelghani Benali nuance cet enthousiasme en rappelant que la superficie agricole exploitable a diminué, passant de 3,2 millions d’hectares à environ 1,7-2 millions. Elle a diminué principalement en raison des aléas climatiques. Mais, M. Benali a insisté sur la nette amélioration enregistrée : «Y a pas photo entre la production en 2000 et celle réalisée ces dernières années», dit-il, soulignant que l’introduction de la rotation céréales-légumineuses contribue à une meilleure exploitation des terres.
«Cela d’autant que les autorités publiques veillent à une augmentation des superficies dédiées aux céréales avec une exploitation optimale de ces superficies en optant pour le système de rotation céréales-légumineuses», a-t-il fait remarquer.
Il a insisté, par ailleurs, sur la priorité à accorder au blé dur, plus stratégique que le blé tendre. «Un quintal de blé dur équivaut à 2 quintaux de blé tendre», rappelle-t-il, allant même jusqu’à préconiser un retour aux traditions alimentaires algériennes et une réduction progressive de la dépendance à la farine, héritage du système colonial.

Vers une nouvelle géographie céréalière
La progression la plus spectaculaire concerne les régions du Sud, où les superficies cultivées sont passées de 2 000 hectares à la fin des années 1990 à plus de 150 000 hectares aujourd’hui. L’objectif gouvernemental est ambitieux : atteindre un million d’hectares dans ces zones à court et moyen terme, dont 500 000 dès l’année prochaine.
Combiné aux près de deux millions d’hectares exploités dans le reste du pays, ce programme pourrait propulser l’Algérie vers une véritable autosuffisance céréalière, en particulier pour le blé dur, élément central de l’identité alimentaire nationale.
Mais selon lui, «l’Algérie cherche, aujourd’hui, non seulement à produire les céréales dont elle a besoin pour sa consommation, mais aussi à atteindre l’autosuffisance en semences grâce aux produits de haute qualité des régions du Sud».
Concernant le dispositif de collecte, Abdelghani Benali a précisé que l’ensemble des moyens nécessaires a été mobilisé afin de respecter les délais et d’assurer un suivi rigoureux de l’opération, en dépit du retard enregistré par la campagne de moisson-battage, conséquence des intempéries survenues au mois de mai. Il a également insisté sur la performance des centres de collecte de proximité, installés dans les zones céréalières stratégiques, qui ont contribué à rendre la procédure plus efficace et mieux organisée.
Les résultats enregistrés cette année, malgré les contraintes climatiques et la réduction des superficies, démontrent que l’autosuffisance n’est plus un simple objectif mais une trajectoire tangible. La dynamique enclenchée, notamment dans les régions du Sud, laisse entrevoir l’émergence d’une nouvelle géographie céréalière nationale, capable de garantir à la fois la souveraineté alimentaire et la valorisation des potentialités locales. Plus qu’une réussite conjoncturelle, il s’agit d’un jalon majeur dans la construction d’un modèle agricole durable et souverain.
G. Salah Eddine

ALGER 16 DZ

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