Poursuite des travaux de la 4e édition de l’IATF à Alger : Journée des diasporas africaines au nom du président de la République L’Algérie réaffirme son engagement pour une Afrique unie et prospère

Chargé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre par intérim, Sifi Ghrieb, a présidé vendredi dernier, au Centre international de conférences Abdelatif-Rahal (CIC), l’ouverture officielle de la Journée des diasporas africaines, organisée dans le cadre de la 4e édition de la Foire commerciale intra-africaine (IATF 2025). Cela constituait un moment fort pour réfléchir au rôle décisif des diasporas africaines dans le développement économique, social et culturel du continent.

Dans son allocution, M. Ghrieb a rappelé que l’Union africaine considère l’implication des diasporas comme une priorité stratégique inscrite dans l’Agenda 2063, qui vise à bâtir une Afrique prospère fondée sur une croissance inclusive et un développement durable.
Il a souligné que cette approche a déjà conduit à l’organisation du Sommet mondial de la diaspora africaine en 2012, ainsi qu’à la reconnaissance officielle de la diaspora comme la «sixième région» de l’Union africaine.
L’Algérie, a-t-il précisé, est fière d’être membre du Haut-Comité chargé de la mise en œuvre de la «Décennie des racines et de la diaspora africaine» (2021-2031) et s’engage à soutenir activement les projets communs portés par l’UA.

Mobiliser les énergies pour un développement intégré
À l’approche du 9e Congrès panafricain, prévu en décembre à Lomé, le Premier ministre par intérim a appelé à redoubler d’efforts pour mobiliser l’expertise et l’énergie des diasporas africaines, afin de renforcer l’unité et la cohésion du continent. Selon lui, la diaspora représente non seulement un atout économique, mais également un pilier social, culturel et politique, capable d’influencer positivement la perception de l’Afrique sur la scène internationale.« Les diasporas africaines constituent une force vive, apte à contribuer de manière croissante au bien-être et à la prospérité du continent », a affirmé M. Ghrieb, ajoutant que les échanges de cette journée permettront de dégager des propositions concrètes et innovantes pour renforcer leur contribution.

Passer de la rhétorique à l’action
Par ailleurs, la Première ministre de la Barbade, Mia Amor Mottley, s’est distinguée dans les débats de la Diaspora Day avec une intrevention poignante. La ministre s’est exprimée avec clarté et urgence :
« Nous devons passer de la rhétorique à la construction de cadres institutionnels qui créent de réelles opportunités pour le commerce, l’investissement, les échanges culturels et la connectivité depuis notre diaspora. » Son message était limpide : transformer des siècles de fragmentation en unité de projet. Tout comme d’autres communautés dans le monde ont su faire de leur diversité une force consolidée, l’Afrique et sa diaspora peuvent devenir une puissance impossible à ignorer.
Mme Mottley a rappelé que la tâche qui attend les Africains et leurs diasporas consiste à réassembler ce que l’histoire a voulu briser, en créant des liens économiques et culturels plus solides que par le passé :
« Les fragments que nous recomposons sont plus résistants que le vase qui croyait sa symétrie acquise. »

L’économie au service de la souveraineté
Pour le professeur Benedict Oramah, président de l’Afreximbank, la diaspora et le continent possèdent collectivement la capacité de dessiner un nouvel avenir économique.
« Nous devons utiliser la force de nos efforts collectifs pour bâtir une économie solide, pour nous-mêmes et par nous-mêmes », a-t-il affirmé.
Il a insisté sur la nécessité de redéfinir la Global Africa non seulement comme héritage, mais aussi comme stratégie vivante de prospérité :
« Nous devons retrouver confiance en nous-mêmes, produire au sein de nos communautés, vendre au sein de nos communautés et être fiers de consommer ce que nous produisons.»
Ses propos ont donné un relief particulier à la notion de souveraineté économique, présentée comme la nouvelle étape du panafricanisme.

L’identité au-delà des frontières
De plus, présidant le Conseil consultatif de l’IATF 2025, l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo a résumé l’esprit de la journée en une phrase forte :
« Notre identité n’est pas définie par la géographie. Elle est définie par l’héritage, la culture et la volonté d’agir ensemble. »
Ses mots ont rappelé que l’histoire de la diaspora africaine est marquée à la fois par la dispersion et la douleur, mais aussi par la résilience, la transmission et la réinvention. Aujourd’hui, ces héritages servent de socle pour ouvrir de nouvelles perspectives à travers le commerce, l’innovation et la culture.

Une Afrique globale, une force irrésistible
La Journée mondiale des diasporas africaines à Alger a montré que ce qui a été intitulé «Global Africa» n’est pas seulement une idée, mais un engagement.
Un engagement à construire, connecter et prospérer ensemble, en plaçant la dignité, la créativité et l’unité au cœur des partenariats entre le continent et sa diaspora.
Cette journée a ainsi réaffirmé que la diaspora constitue une composante stratégique de la force globale de l’Afrique, appelée à jouer un rôle majeur dans la réalisation de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et dans l’écriture d’un avenir souverain et prospère.

Lancement de l’Agence Africaine du Commerce et de la Distribution
La Journée des diasporas africaines a été marquée par une série de sessions plénières, panels et échanges interactifs, réunissant d’anciens chefs d’État, des dirigeants politiques, des responsables institutionnels, des entrepreneurs, des créateurs et des acteurs culturels.
Dès l’ouverture, les hymnes nationaux algérien et de l’Union africaine ont été suivis par un message vidéo introductif et les déclarations de plusieurs figures de premier plan, parmi lesquelles l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, la Première ministre de la Barbade Mia Amor Mottley et le Premier ministre de Grenade Dickon Mitchell.
Les allocutions spéciales ont ensuite mis en lumière le rôle de la créativité africaine, notamment avec les interventions du créateur de mode Ozwald Boateng (Ghana/Royaume-Uni) et de l’architecte et designer algérien Chafik Gasmi.
L’événement a surtout été marqué par le lancement officiel de l’Africa Trade and Distribution Company (ATDC) soit l’Agence africaine du commerce et de la distribution. Cette société a un capital social s’élevant à près d’un (1) milliard de dollars. Elle est détenue par Afreximbank. Cette nouvelle entité vise à renforcer le commerce intra-africain en gérant les opérations de commerce et de distribution des produits africains, permettant aux Africains de contrôler leurs produits et de les échanger directement entre eux.
De plus, un panel intitulé «The Global Africa We Want : Business Collaboration Without Borders» a fait partie des moments forts de la journée. Il a exploré les moyens de stimuler l’innovation, de renforcer les investissements et de bâtir une communauté économique africaine connectée et résiliente. Ce panel a vu la participation de personnalités du monde économique et institutionnel, dont des représentants du Nigeria, du Kenya, de la Barbade et de l’Algérie.
Enfin, une table ronde consacrée à la «Décolonisation des récits : la voix de l’Afrique dans le discours mondial» a offert un espace de réflexion sur la manière dont l’Afrique et ses diasporas peuvent transformer les représentations culturelles et médiatiques héritées et affirmer davantage leur place dans les débats internationaux.

Un engagement renouvelé de l’Algérie
En accueillant la Journée des diasporas africaines dans le cadre de l’IATF 2025, l’Algérie a réaffirmé son rôle de pôle régional de dialogue et de coopération africaine. Le Premier ministre par intérim a insisté sur la disponibilité de son pays à accompagner toutes les initiatives visant à renforcer les liens entre l’Afrique et ses diasporas, en plaçant la solidarité, la complémentarité et la prospérité partagée au cœur des priorités continentales.
Cet événement, placé sous le signe de la collaboration « sans frontières », illustre une conviction profonde : l’avenir de l’Afrique ne peut se construire qu’avec ses diasporas, partenaires essentiels dans la quête d’une intégration économique et culturelle globale.
G. Salah Eddine

ALGER 16 DZ

Next Post

Programme culturel accompagnant la 4e édition de l’IATF 2025 : "Earth", la diversité culturelle africaine

dim Sep 7 , 2025
« Earth », un spectacle chorégraphique époustouflant, célébrant le patrimoine commun, la profondeur historique et la diversité culturelle de l’Afrique, a été présenté vendredi dernier à Alger devant un public relativement nombreux. Accueilli à la salle Atlas de Bab El- Oued et organisé par l’Office national pour la culture et l’information (ONCI), […]

You May Like

Alger 16

Le quotidien du grand public

Édité par: Sarl bma.com

Adresse: 26 rue Mohamed El Ayachi Belouizdad

Adresse du journal: 5-7 Rue Sacré-coeur Alger Centre

E-mail:alger16bma@gmail.com

Numéro de téléphone: 021 64 69 37