
Lundi dernier, au Palais de la culture Moufdi-Zakaria d’Alger, le ministère de la Culture et des Arts a organisé une cérémonie de présentation du beau livre à caractère encyclopédique «Sfinat El-Malouf… École de Constantine», réalisé avec la contribution d’un groupe d’enseignants, d’artistes et de chercheurs spécialisés.
L’événement a été placé sous la supervision du ministre de la Culture et des Arts, Zouhir Ballalou, et a été marqué par la présence du PDG d’Air Algérie sponsor de l’ouvrage, ainsi que de nombreuses personnalités du monde musical et culturel. Cette nouvelle publication, qui vient enrichir le fonds éditorial sur la musique, s’inscrit dans le cadre des efforts du ministère visant à préserver le patrimoine culturel algérien et coïncide avec la préparation de la treizième édition du Festival culturel international du malouf de Constantine, prévue du 20 au 24 septembre prochain.
Dans son allocution, le ministre a rappelé que le malouf est «un art authentique, profondément enraciné dans l’histoire, constituant une part intégrante de l’identité nationale, un marqueur fort de la personnalité algérienne, son ambassadeur dans les forums internationaux et un symbole impérissable de son patrimoine culturel ». Il a souligné que l’Algérie avait compris, dès l’indépendance, que la sauvegarde de son patrimoine immatériel représente «un devoir national et une responsabilité civilisationnelle», citant à ce titre la ratification de la Convention de l’Unesco de 2003 pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, ainsi que la mise en place de politiques et de mécanismes «destinés à préserver ce patrimoine et à le transmettre aux générations futures».
Évoquant les éléments déjà inscrits sur les listes de l’Unesco, tels que l’Imzad, le couscous ou encore la Sebiba, M. Ballalou a annoncé le lancement de la préparation d’un «dossier complet en vue de la candidature du malouf à son inscription sur la Liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité». Cette démarche est, selon lui, «un devoir national, car elle garantit la pérennité de cet art et le protège contre la marginalisation et l’oubli». Il a précisé que «le dossier, fruit de recherches scientifiques et de documentations rigoureuses, comprendra l’ensemble des composantes de ce patrimoine authentique : les treize noubas de l’école de Constantine, les instruments de musique qui les accompagnent, les textes poétiques hérités, ainsi que les modes d’interprétation transmis de maître en maître au fil des générations».
Les grandes orientations du président de la République
Le ministre a conclu en affirmant que la politique culturelle de l’État, «inspirée des grandes orientations du président de la République, affirme que la culture n’est pas un luxe, mais bien le socle de l’identité nationale, un moyen de consolider l’unité et un pont de communication avec le monde». En célébrant la publication de cet ouvrage, a-t-il dit, «nous ne nous contentons pas de documenter un art. Nous consolidons une mémoire vivante qui palpite de l’esprit des ancêtres et nous léguons aux générations futures une identité authentique, préservée et valorisée, afin que l’Algérie demeure fière de son patrimoine, forte de son appartenance et solidement ancrée dans la mémoire de l’humanité comme une nation qui a forgé son histoire par le savoir, l’art et la civilisation».
Pour sa part, le commissaire du Festival international du malouf, l’artiste Lyes Benbakir, a mis en avant le travail collectif des chercheurs ayant participé à l’élaboration de l’ouvrage édité par le festival sous l’égide du ministère de la Culture et des Arts et qui se présente comme une somme encyclopédique et une référence documentaire, rassemblant à la fois des contributions historiques et anthropologiques et répertoriant treize noubas. Il a également indiqué que le 3e Forum international sur le malouf se tiendra, en novembre prochain, à Constantine. Par ailleurs, le livre est structuré autour de dix chapitres et des treize noubas avec textes et partitions. Le comité scientifique est composé des universitaires et artistes Lyes Benbakir, Abdellah Hammadi, Abdelmalek Merouani, Mohamed Hamma, Chouib Abdelhakim, Mohamed Dorbani Bentabet, Abdelhakim Benchofra et Mehdi Megnaoua. En outre, cette cérémonie a également donné lieu à la diffusion d’un reportage sur le malouf et à l’interprétation de plusieurs pièces musicales par l’association El Wissal. Dans le prolongement de cette présentation et dans le cadre du festival, un concert réunissant les trois écoles de musique andalouse algérienne, le malouf, la sanaâ et le gharnati, devait être animé hier soir, au Théâtre national algérien Mahieddine-Bachtarzi, par Abbas Righi, Lamia Maadini et Meryem Ben Allal.
R. C.
