La levée du drapeau palestinien pendant deux jours en France : Des municipalités se révoltent contre Retailleau

Un vent de défi souffle sur l’Hexagone. Plus d’une cinquantaine de communes françaises ont hissé le drapeau palestinien sur leurs bâtiments officiels, défiant ouvertement les menaces brandies par le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau. Ce dernier avait averti que les municipalités récalcitrantes seraient traduites devant le tribunal administratif. Mais la vague symbolique enclenchée par les élus locaux dépasse largement le cadre juridique : elle illustre une fracture profonde entre une partie de la classe politique et un gouvernement accusé d’inaction, voire de complicité passive, face à la tragédie palestinienne. Cette mobilisation intervient dans le prolongement de la reconnaissance officielle par Paris de l’État de Palestine à l’Organisation des Nations unies. Un geste diplomatique fort, mais jugé tardif et insuffisant par de nombreux responsables politiques et élus locaux, qui exigent des actes concrets et visibles sur le territoire national.

Un geste politique
À Malakoff, la maire Jacqueline Belhomme a assumé publiquement son choix, en dépit des pressions gouvernementales. «Nous avons décidé de hisser le drapeau palestinien vendredi et de le descendre mardi, tout simplement parce que nous avons d’autres initiatives en cours dans la ville. Nous avons été informés par le ministre de l’Intérieur de la nécessité de retirer ce drapeau, ce que nous avons refusé de faire. Une audience a alors été convoquée devant le tribunal administratif et, deux heures plus tard, nous avons été notifiés de notre convocation pour samedi à 9 heures du matin. Nous assumons pleinement cette décision car nous nous tenons aux côtés du peuple palestinien. Il s’agit d’un geste à forte portée symbolique, auquel nous tenons.» Ces paroles traduisent la détermination d’élus locaux qui, au-delà des contraintes juridiques, considèrent que l’acte de hisser un drapeau est un message politique adressé autant à Paris qu’à l’opinion internationale : la solidarité avec le peuple palestinien ne peut être différée ni réduite à des déclarations d’intention.

La gauche française en première ligne
La gauche politique française, depuis des décennies, est en pointe sur la question palestinienne. Fabien Roussel, secrétaire général du Parti communiste français, a tenu à replacer l’initiative des communes dans une perspective internationale : «Il est essentiel de démontrer aujourd’hui que cette reconnaissance de l’État de Palestine va dans la bonne direction. Elle arrive certes très tard, mais elle demeure précieuse car elle ouvre la voie à d’autres nations qui pourront s’engager à leur tour dans cette démarche, afin de mettre un terme aux massacres perpétrés à Ghaza et en Cisjordanie. C’est une étape nécessaire pour que le peuple palestinien puisse enfin vivre librement dans son propre État.» Pour Roussel, le rôle des communes françaises ne se limite pas à une posture symbolique : il s’agit de renforcer une dynamique mondiale capable d’exercer une pression politique et morale sur Israël et de rompre avec la logique d’impunité. Dans le même sens, Olivier Faure, député socialiste, a rappelé la dimension stratégique de ce geste et la nécessité de réinscrire le débat dans la perspective historique d’une paix juste et durable.
Du côté des écologistes, la tonalité est plus critique. Marine Tondelier, secrétaire nationale, a insisté sur le décalage entre la gravité de la situation actuelle et la temporalité de la décision française : «La reconnaissance officielle de l’État de Palestine par la France constitue un événement important et positif. Cependant, il convient de souligner qu’elle intervient bien trop tard.”

L’urgence d’une cohérence
En hissant le drapeau palestinien, les communes françaises ne se limitent pas à un geste de solidarité : elles posent un acte de désobéissance civique face à l’autorité de l’État central, révélant une ligne de fracture profonde au sein du paysage politique. D’un côté, un gouvernement qui tente de contrôler la symbolique publique au nom de la cohésion nationale ; de l’autre, des élus locaux qui revendiquent leur liberté d’action pour défendre une cause qu’ils estiment universelle. Cette tension, au-delà de la polémique nationale, renvoie à une réalité plus vaste : la France, puissance historique au Proche-Orient, est observée par la communauté internationale. Son incapacité à harmoniser ses positions internes affaiblit la portée de ses choix diplomatiques.
G. S. E.

ALGER 16 DZ

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