
Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a accordé une entrevue périodique aux représentants de la presse nationale diffusée vendredi dernier, sur les chaînes de la Télévision
et de la Radio nationales. Lors de cette entrevue périodique, le chef de l’Etat a évoqué plusieurs questions nationales, régionales et internationales. Voici les points forts de cette rencontre :

Nouveau gouvernement : Des objectifs fixés, une voie tracée
Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a affirmé que la nouvelle équipe du gouvernement œuvrait conformément à une feuille de route claire en vue de la concrétisation des objectifs fixés pour 2026 et 2027. Lors de son entrevue périodique avec les représentants des médias nationaux diffusée, vendredi dernier, sur les chaînes de la Télévision et de la Radio nationales, le président de la République a indiqué que la majorité des ministres du nouveau gouvernement « travaillent conformément à une feuille de route claire », ajoutant : « Nous avons des engagements pour 2026 et 2027 et nous œuvrons à atteindre nos objectifs en chiffres, loin des slogans. » Répondant à une question sur les critères retenus pour la nomination de M. Sifi Ghrieb au poste de Premier ministre, le président de la République a indiqué que ce dernier « saura, grâce à son expérience de terrain, corriger la trajectoire de tout ministre qui s’écarte de la feuille de route », précisant qu’il le « connaît bien », le décrivant comme « un homme de terrain, doté d’un patriotisme irréprochable » et qui « a enduré l’époque de la Issaba (bande) ». Cette nomination, poursuit le président de la République, « permettra de d’assurer la complémentarité dans la programmation et la mise en œuvre des grandes décisions du pays », rappelant que l’Algérie avait traversé une période où le citoyen se plaignait de « l’absence d’application sur le terrain des décisions du président de la République. C’est pourquoi un Premier ministre, véritable homme de terrain, a été nommé », en témoignent, a-t-il dit, les nombreuses sorties de terrain qu’il a effectuées depuis son installation à la tête du gouvernement.
Le président de la République a évoqué également la nomination de M. Yacine El-Mahdi Oualid au poste de ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, estimant que « sa maîtrise de la modernisation lui permettra de transformer la situation dans ce secteur ».
A ce propos, il s’est dit convaincu que « l’agriculture a dépassé les pratiques traditionnelles et s’appuie désormais sur la technologie et la modernisation », soulignant la nécessité d’un « renouveau dans le secteur, car l’agriculture est une science en soi et un secteur qui obéit à des techniques précises ». Et d’ajouter : « Il est nécessaire de voir émerger une nouvelle génération d’agriculteurs utilisant les techniques modernes pour répondre aux besoins du pays et atteindre l’autosuffisance. »
S’agissant de la nouvelle équipe du gouvernement qui compte neuf femmes, le président de la République a estimé que ce nombre « reste insuffisant », réaffirmant sa volonté de « renforcer la présence de la femme au sein du gouvernement et dans les postes de responsabilité à l’avenir ». « Je suis persuadé qu’il convient de renforcer la présence des femmes aux postes de responsabilité. La femme algérienne a contribué à la libération du pays et doit participer à la vie politique et économique nationale », a affirmé le président de la République.
M. Tebboune a également mis en avant les efforts visant à faciliter l’accès de la femme au Parlement et aux institutions de l’Etat à l’avenir, saluant, par là même, la percée de nombreuses femmes dans le secteur des start-up à la faveur de leurs compétences.
Dialogue national : Modalités d’abord, dialogue ensuite
Le Président Tebboune a affirmé que le lancement du dialogue national est tributaire de la définition de ses modalités et formes d’organisation, afin de permettre à tous les acteurs de s’exprimer en vue de bâtir une République forte et démocratique.
Il a précisé, en réponse à une question sur sa précédente annonce concernant le lancement d’un dialogue national inclusif à la fin de l’année en cours et au début de l’année 2026, que « le lancement du dialogue national est tributaire de la manière dont il sera organisé pour permettre à tout un chacun de s’exprimer, en vue de bâtir une République forte et démocratique sans désordre ». « La consolidation de l’Algérie sur les plans sécuritaire et économique constitue le cœur même de l’action de l’Etat, tandis que la gestion des affaires politiques internes repose sur le débat des idées proposées », a-t-il souligné, ajoutant que cette gestion, à travers le dialogue escompté, pourrait « aboutir à d’autres projets politiques et c’est autour de cela que s’articulent les discussions ». Le chef de l’Etat a relevé, dans ce sens, que cette approche « existe dans l’ensemble des pays et pas seulement en Algérie », soulignant que « certains privilégient une gestion directe, d’autres souhaitent évoluer vers un système parlementaire ou renforcer le système présidentiel, tandis que d’autres encore appellent à la création d’une instance consultative en dehors de la volonté populaire du Parlement ».
Et de préciser dans ce contexte : « Ce sont là des opinions auxquelles je ne suis pas opposé, à condition qu’elles soient discutées dans le cadre d’un dialogue institutionnel ou populaire », évoquant, à cet égard, les expériences antérieures menées par l’Algérie en la matière.
Concernant la participation des partis politiques au dialogue national attendu, le président de la République a déclaré : « Il faut d’abord évoquer la loi sur les partis, qui permettra de définir leurs obligations », ajoutant que le dialogue sera plus aisé si un grand nombre de partis y prenaient part dans l’objectif de « connaître l’avis de la majorité ». Il a exprimé, à ce propos, son regret quant au retard enregistré dans l’examen de la loi sur les partis au niveau du Parlement, relevant que ce texte « n’a été discuté que par deux ou trois partis seulement ».
Le président de la République a également évoqué les audiences qu’il a réservées aux responsables de plusieurs formations politiques, soulignant que « les partis sont une composante essentielle de tout Etat démocratique et que le dialogue entre l’Etat et ces formations politiques est primordial », mettant en exergue que le dialogue entre les deux parties doit être « plus constructif ».
Quant à la liberté d’expression des partis politiques dans l’espace médiatique, le président de la République a affirmé que « les portes leur sont ouvertes, sans qu’aucune partie ne s’impose sur l’autre, à condition de s’en tenir au respect mutuel, loin de toute forme d’insulte ou de diffamation ».

2026 marquera une nouvelle revalorisation des revenus
Le Président a abordé le volet relatif au renforcement des acquis sociaux, affirmant à ce propos qu’il « demeure attaché aux engagements qu’il a pris envers le peuple algérien ». « La distinction entre promesses et engagements est claire. Mes engagements sont consignés par écrit et seront appliqués », a-t-il soutenu.
A ce sujet, le président de la République a précisé : « J’avais pris l’engagement de procéder, à partir de 2026, à une révision des augmentations des salaires, ainsi que de la bourse des étudiants et de l’allocation-chômage, des revalorisations qui pourraient également inclure les pensions de retraite, en fonction des moyens de l’Etat », ajoutant que « l’objectif de toutes ces mesures est d’améliorer le pouvoir d’achat de nos concitoyens, une amélioration que les Algériens perçoivent déjà ».
Le président de la République a souligné que la réalisation de cet objectif « s’inscrit dans le cadre du travail quotidien mené avec le Premier ministre et les membres du gouvernement ».

L’établissement d’un état palestinien est inéluctable
Le Président Tebboune a affirmé que l’établissement d’un Etat palestinien sur les frontières de 1967 avec El-Qods pour capitale est inéluctable, soulignant que le soutien de l’Algérie à cette cause est fondé, dès le début, sur cette base.
Evoquant les victoires et nouveaux acquis réalisés par la diplomatie algérienne, notamment en faveur de la cause palestinienne, depuis l’entame du mandat de l’Algérie au sein du Conseil de sécurité de l’ONU. Il a souligné que « le soutien de l’Algérie à la cause palestinienne était fondé, dès le début, sur l’établissement d’un Etat palestinien, chose que j’ai soutenue personnellement à l’ONU et dans plusieurs rencontres internationales et même lors de mes visites officielles ». « Il n’existe pas de solutions à cette question autre que celle fondée sur l’établissement d’un Etat palestinien sur les frontières de 1967 avec El-Qods echarif pour capitale et l’illusion du «Grand Israël» relève de l’absurde », a-t-il martelé. Il a rappelé dans ce contexte, que le Sommet arabe tenu en Algérie en 2022 « était basé sur ce même principe et sur la réorganisation des rangs palestiniens pour sortir avec une Organisation de libération de la Palestine (OLP) forte, en tant que seul représentant légitime des Palestiniens, ajoutant : « Nous avons introduit la cause palestinienne à l’Assemblée générale (AG) des Nations unies, 143 Etats ayant voté l’année dernière en faveur de l’admission de l’Etat de Palestine en tant qu’Etat de plein droit et membre à part entière de l’ONU, des voix neutralisées par un veto qui est utilisé jusqu’à ce jour. » Répondant à une question concernant la possibilité pour l’Algérie d’obtenir un jour la qualité de membre permanent au Conseil de sécurité des Nations unies, le président de la République a déclaré que « ce n’est pas impossible, que ce soit pour l’Algérie, le Nigeria, l’Afrique du Sud ou l’Egypte, pays frère », réaffirmant « la nécessité de réorganiser les Nations unies afin que l’Afrique dispose d’au moins 10 sièges au Conseil de sécurité, dont trois (3) permanents ». A ce propos, il a rappelé que l’Algérie a été élue au Conseil de sécurité pour la 4e fois, ce qui ne s’est pas produit pour aucun autre pays. Le président de la République a également évoqué les relations de l’Algérie avec son environnement régional, notamment avec la Mauritanie et la Tunisie, qu’il a qualifiées de solides, affirmant que l’Algérie poursuit ses efforts pour aider ses frères en Mauritanie, notamment à travers la reconstruction de certaines structures sanitaires et non sanitaires, au mieux des intérêts des deux peuples. A une question sur l’espoir de voir l’Afrique se débarrasser des conspirations et des ingérences étrangères, le président de la République a précisé que « les choses sont entre les mains des Africains eux-mêmes. Ils ont le choix soit de s’orienter vers le développement de leurs pays ou bien vers la guerre », estimant que « quiconque veut aider l’Afrique doit le faire en aidant ses enfants à trouver un emploi et par l’investissement et non pas par les armes destructrices », a-t-il martelé.

Numérisation : ultimatum fixé à 2025
« La numérisation doit être finalisée d’ici à la fin de l’année, sinon je prendrai des mesures radicales », a affirmé le président de la République. Il a qualifié ceux qui redoutent la numérisation de « chauves-souris qui aiment travailler dans l’ombre », soulignant que « celui qui agit avec intégrité n’a pas à craindre les chiffres ». A ce propos, il a relevé l’absence, parfois, de données réelles et précises, ajoutant que « c’est pour cette raison que j’ai pris des décisions politiques courageuses, car elles vont dans l’intérêt du citoyen ».
Le Président a estimé que la généralisation de la numérisation est devenue « une nécessité incontournable », et que l’intégration de tous les secteurs « n’est plus une option », évoquant certains secteurs qui « ont préféré travailler dans l’opacité, retardant, délibérément, l’adoption de la numérisation »
Mettant en exergue l’importance de la numérisation, le président de République a cité en exemple le dossier du foncier et le paiement des taxes y afférentes.
« L’introduction de la numérisation chez les notaires vise à lutter contre l’argent sale », a-t-il expliqué, ajoutant qu' »il n’est pas équitable qu’un propriétaire d’un bien immobilier avec piscine soit imposé au même niveau qu’un citoyen possédant un logement modeste, en matière de taxe ».
M. Tebboune a réaffirmé, dans le même sillage, que « le travail se poursuit, avec détermination, pour combattre ces pratiques jusqu’au dernier souffle, de la même manière que nous avons combattu «la Issaba» et ses résidus ».

Un niveau acceptable des réserves de change confirmé
Le chef de l’Etat a affirmé que les réserves de change de l’Algérie étaient actuellement « à un niveau acceptable », enregistrant récemment une amélioration relative et couvrant les importations du pays pour une durée de près d’une année et demie. Lors de son entrevue périodique avec les représentants des médias nationaux diffusée, vendredi dernier, sur les chaînes de la Télévision et de la Radio nationales, le président de la République a indiqué que « les réserves de change sont en amélioration, en dépit du recul des cours du pétrole, couvrant ainsi les importations du pays pour une durée d’une année et cinq mois, voire une année et demie ». Il a ajouté que les contrats conclus par les entreprises algériennes durant la Foire commerciale intra-africaine (IATF 2025), que l’Algérie avait abritée début septembre courant, sont à même de renforcer les revenus du pays, notamment en ce qui concerne les contrats et accords relatifs à l’exportation hors hydrocarbures. A la question sur l’évaluation de la procédure relative à l’augmentation de l’allocation touristique à 750 euros, entrée en vigueur en juillet dernier, le Président a rappelé qu’à ce jour, près de 470.000 citoyens ont voyagé à l’étranger, alors que la valeur globale des allocations versées est estimée à 400 millions d’euros.
Produire local, importer juste : l’équilibre plutôt que l’austérité
Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a affirmé que la politique que mène actuellement l’Algérie vise à créer un équilibre entre l’importation et la production locale, en vue de satisfaire les besoins nationaux en divers produits, précisant que la démarche n’a pas de lien avec l’austérité. Il a précisé que, par le passé, le pays connaissait « une anarchie dans l’importation », qui avait causé l’épuisement du Trésor public en devises sans que la situation ne s’améliore, précisant que la nouvelle politique a pour objectif de créer un équilibre entre l’importation et la production locale.
Dans ce cadre, il a souligné que l’importation est nécessaire pour couvrir les besoins que la production nationale ne saurait satisfaire, ajoutant que « cet équilibre n’est pas aisé à atteindre, car il requiert un degré de numérisation très précis. Nous espérons y parvenir d’ici la fin de l’année, car le seul moyen de protéger le pays réside dans la numérisation ».
Scrutin dans les temps après ajustement de la loi électorale
Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a annoncé une révision de la loi électorale « dans certains de ses aspects techniques », ainsi que des réajustements dans les missions de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), soulignant que les prochaines élections législatives et locales seront organisées dans les délais prévus. Il avait précisé que le travail est en cours pour la « révision de la loi électorale actuelle, dans certaines de ses dispositions techniques, sans toucher à ses clauses fondamentales qui répriment et sanctionnent la fraude, ainsi que l’achat des consciences et des voix ».
« Je n’ai jamais accepté que l’argent dirige les institutions. Je ne l’ai pas accepté en 2017, je ne l’accepte pas aujourd’hui et je ne l’accepterai pas à l’avenir. Quiconque s’adonne à l’achat des consciences, en paiera le prix », a déclaré le président de la République. Le chef de l’Etat a annoncé, dans ce sens, que des propositions seront soumises dans les prochains jours portant sur des réajustements des missions confiées à l’ANIE, afin qu’elle puisse se consacrer pleinement à sa mission principale, à savoir garantir la transparence et la régularité du processus électoral, précisant que la préparation matérielle des élections sera, quant à elle, à nouveau confiée au ministère de l’Intérieur. Concernant les prochaines élections législatives et locales, le président de la République a souligné qu' »elles seront organisées dans les délais prévus, soit après expiration du mandat des Assemblées populaires nationales et locales élues ».

L’Algérie avance, le Président prône vigilance et mobilisation
Par ailleurs, le chef de l’Etat a affirmé que l’Algérie est sur la bonne voie, appelant à la solidarité et à la mobilisation contre les parties qui tentent de la cibler.
Lors de son entrevue périodique avec les représentants des médias nationaux, le président de la République a déclaré que « l’Algérie est sur la bonne voie, c’est pourquoi elle est ciblée par certaines parties qui redoutent l’autonomie qu’elle a réalisée et le rétablissement de ses rôles centraux au double plan régional et international », mettant en garde contre les voix qui s’emploient à répandre les rumeurs et à semer le doute parmi les citoyens. A cet effet, le Président a appelé les Algériens à « la solidarité et à la mobilisation contre les parties qui souhaitent le mal au pays », notamment à travers « les tentatives de sabotage émanant de l’intérieur ». Concernant le nouveau gouvernement, le président de la République a indiqué que la majorité des ministres qui le composent « travaillent conformément à une feuille de route claire », ajoutant : « Nous avons des engagements pour 2026 et 2027 et nous œuvrons à atteindre nos objectifs en chiffres, loin des slogans. »
Répondant à une question sur les critères retenus pour la nomination de M. Sifi Ghrieb au poste de Premier ministre, le président de la République a précisé que ce dernier « saura, grâce à son expérience de terrain, corriger la trajectoire de tout ministre qui s’écarte de la feuille de route », considérant que cette nomination permettra d’assurer « la complémentarité dans la programmation et la mise en œuvre des grandes décisions du pays ».
Le président de la République a évoqué également la nomination de M. Yacine El-Mahdi Oualid au poste de ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, estimant que « sa maîtrise de la modernisation lui permettra de transformer la situation dans ce secteur, représentant désormais une science en soi, utilisant les techniques modernes pour répondre aux besoins du pays et atteindre l’autosuffisance ».
S’agissant de la nouvelle équipe du gouvernement qui compte neuf femmes, le président de la République a estimé que ce nombre « reste insuffisant », réaffirmant sa volonté de « renforcer la présence de la femme au sein du gouvernement et dans les postes de responsabilité à l’avenir ».
Par ailleurs, le président de la République a réaffirmé que « la liberté d’expression est garantie en Algérie, mais l’injure et la diffamation ne sont pas permises », ajoutant que les portes demeurent ouvertes aux partis politiques afin de leur permettre un accès aux médias.
Concernant le dialogue national inclusif, qui sera organisé prochainement, le président de la République a souligné que son lancement est tributaire de la définition de ses modalités et formes d’organisation, pour que tous les acteurs puissent exprimer leurs opinions et partant bâtir une République forte et démocratique.
Après avoir exprimé, à ce propos, son regret quant au retard enregistré dans l’examen de la loi sur les partis au niveau du Parlement, le président de la République a affirmé que le dialogue entre l’Etat et ces entités est primordial » et qu’il doit être « hautement constructif ».
R. N./APS
