
À Alger, la quatrième édition de la Foire commerciale intra-africaine (IATF) ne s’est pas seulement soldée par des chiffres record ; elle a ouvert une nouvelle étape pour l’économie algérienne.
Lors d’une rencontre avec le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, organisée jeudi dernier, au Centre international de conférences «Abdelatif Rahal » pour consolider le succès de l’événement tenu du 4 au 10 septembre dernier, le président du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), Kamel Moula, a dressé une feuille de route ambitieuse : transformer les signatures en résultats tangibles.
Dans une allocution remarquée, il a réaffirmé «l’engagement des opérateurs économiques algériens à mettre en œuvre de manière effective les contrats conclus lors de la 4e édition de la Foire commerciale intra-africaine (IATF) ». Pour lui, l’enjeu est double : crédibiliser les acteurs privés et conforter l’image du pays. « Pour la crédibilité des opérateurs économiques et la réputation de notre pays, nous devons réussir la concrétisation des contrats signés, dont la valeur globale s’élève à 11,4 milliards de dollars », a-t-il déclaré.
M. Moula a également appelé à un suivi rigoureux des engagements et des opportunités des contrats examinés lors de la Foire, évalués à 11,6 milliards de dollars, estimant que leur mise en œuvre renforcera la confiance des clients et contribuera à asseoir la position économique de l’Algérie sur le continent.
Pour réussir ce passage de l’intention à l’action, le président du CREA a détaillé une stratégie exigeante : «Lever tous les obstacles, développer davantage les entreprises nationales, élargir les investissements, renforcer les équipes de travail par la création d’emplois, encourager les initiatives, consolider la confiance et créer un climat de plus en plus favorable au développement économique, à même de garantir la durabilité des industries et des technologies ».
Cette vision s’est exprimée dans une atmosphère à la fois solennelle et confiante. Évoquant la rencontre présidée par le chef de l’État, M. Moula l’a qualifiée de « moment de fierté que nous partageons tous à la faveur de la réussite de l’IATF à Alger, fruit d’un travail collectif auquel ont participé les opérateurs économiques et les entreprises publiques, ainsi que les partenaires africains, qui ont tous contribué à la réalisation des objectifs fixés ».
Au-delà des chiffres, l’IATF a, selon lui, confirmé un potentiel géostratégique : « L’Algérie peut se positionner comme un pont solide entre l’Afrique et la Méditerranée, tout en jouant un rôle moteur au sein de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) », a affirmé M. Moula, avant d’insister : «Il est temps d’ancrer cette position, notamment à travers le renforcement de l’infrastructure du pays et la poursuite de l’encouragement de l’innovation et de la compétitivité ».
En conclusion, il a dessiné les contours d’un modèle économique national, mêlant performance industrielle et mobilisation collective : « La réussite économique de l’Algérie repose sur une combinaison de la qualité industrielle, de la mobilisation nationale et de la capacité à créer un environnement favorisant l’excellence, afin de s’imposer durablement comme un acteur majeur de l’économie africaine et internationale. »
Cette rencontre, qui a réuni le Premier ministre M. Sifi Ghrieb, des membres du gouvernement et de hauts responsables de l’État, marque une étape dans la stratégie algérienne : transformer la dynamique de l’IATF en levier concret de croissance et faire de l’Algérie non seulement un carrefour d’échanges mais un acteur central du futur économique africain.
G. Salah Eddine
