
L’Algérie a lancé, mercredi dernier à Alger, une vaste campagne nationale de dépistage précoce et de sensibilisation au cancer du sein et du col de l’utérus, marquant une nouvelle étape dans l’engagement de l’État à améliorer la prise en charge des patients et à garantir un accès élargi aux soins et au diagnostic précoce.
Organisée à l’occasion de la Journée arabe de sensibilisation au cancer du sein, cette campagne, placée sous le slogan « Le dépistage précoce, un moment de conscience : n’hésite pas, ta vie est une responsabilité », a été inaugurée par la ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Soraya Mouloudji, aux côtés du ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudene, du ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Abdelhak Saihi, et du président de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, Pr Kamel Sanhadji. La cérémonie s’est déroulée en présence de représentants d’organisations onusiennes et de membres de la société civile.
Dans son allocution, Mme Mouloudji a réaffirmé la détermination de l’Algérie à lutter efficacement contre le cancer du sein, en misant sur une coordination renforcée entre les différents acteurs et sur la sensibilisation des femmes à l’importance du dépistage précoce. Elle a rappelé que « la prévention demeure le meilleur traitement », insistant sur le fait que cette campagne n’est pas une action ponctuelle, mais une approche durable visant à toucher toutes les femmes, y compris celles des régions éloignées, à travers des soins gratuits, un accompagnement psychologique et des aides matérielles adaptées.
La ministre a également souligné la nécessité d’intensifier les actions de bénévolat et de communication tout au long de l’année, notamment via les médias et les réseaux sociaux, tout en associant les femmes guéries du cancer à ces campagnes pour témoigner de leur parcours et encourager la prévention.
Prenant la parole, le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudene, a rappelé que le cancer du sein reste le plus fréquent chez la femme en Algérie, avec plus de 13.000 nouveaux cas par an, représentant près de 46 % des cancers féminins. Il a souligné les progrès réalisés ces dernières années grâce à la volonté politique et à la mise en œuvre des orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui a fait de la lutte contre le cancer « une priorité nationale ». Le ministre a évoqué plusieurs mesures clés : la création de la Commission nationale de prévention et de lutte contre le cancer (CNPLCC), l’ouverture de nouveaux services d’oncologie et de radiothérapie, l’amélioration de la distribution des médicaments anticancéreux, ainsi que l’intégration de techniques innovantes pour un dépistage et un traitement plus efficaces. Il a insisté sur les nouveaux défis à relever, dont l’intensification du dépistage précoce, la modernisation des services d’accueil dans les structures de santé et la généralisation des campagnes de sensibilisation à travers tout le territoire national. À cet effet, une campagne pilote de dépistage sera lancée dès le 9 octobre dans les wilayas d’Adrar et de Timimoun, avant d’être étendue progressivement à l’ensemble du pays.
« L’objectif est de faire d’Octobre Rose bien plus qu’une campagne ponctuelle : un véritable rendez-vous annuel pour ancrer la culture de la prévention et du dépistage précoce dans la vie quotidienne de chaque femme algérienne », a affirmé M. Aït Messaoudene.
De son côté, le Pr Kamel Sanhadji a présenté les dernières avancées scientifiques en matière de recherche sur le cancer du sein, rappelant que le dépistage précoce demeure la clé pour réduire la mortalité et améliorer la qualité de vie des patientes. Il a enfin insisté sur l’importance d’une mobilisation collective, impliquant chercheurs, institutions, associations et citoyens, pour faire reculer durablement cette maladie.
Cheklat Meriem
