17e édition du festival international de la bande dessinée : La ruche créative qui fait battre le cœur de la jeunesse algérienne

Le FIBDA, le Festival international de la bande dessinée d’Alger, est devenu au fil des ans un rendez-vous incontournable pour la jeunesse algérienne passionnée de dessins, d’histoires et de culture pop. Curieux de comprendre ce qui fait vibrer cet événement et d’en saisir l’énergie créative, nous avons décidé de nous y plonger cette année. L’équipe d’Alger16 s’est donc aventurée dans les allées du festival, pour en explorer les coulisses et rencontrer ses acteurs. Embarquez avec nous au cœur du FIBDA 2025 : cinq jours de bande dessinée, de jeux, de rencontres et d’effervescence qui ont transformé l’Esplanade de Riadh El-Feth en un micro-cosme vibrant, multicolore et résolument jeune.

Reportage réalisé par G. Salah Eddine

Dès l’entrée, le festival impose son rythme — un tempo animé, une mosaïque de couleurs et de sons. Les bannières flottent, les casquettes et hoodies à l’effigie de mangas et d’auteurs locaux se vendent comme des petits pains, tandis que des files disciplinées gardent l’esplanade des zones gaming. Notre première impression : le FIBDA n’est plus seulement un rendez-vous de la BD ; il est un véritable carrefour des cultures pop contemporaines, de la création graphique au divertissement numérique. Dès notre arrivée, on remarque que les frais d’entrée s’élèvent à 400 dinars. Une somme assez conséquente pour un événement qui devrait être plus accessible, surtout pour un public qui est en majorité adolescent ou jeune adulte. Dès notre entrée, on remarque la présence de pavillons officiels, en l’occurrence ceux des ambassades. D’abord, l’ambassade du Japon, qui, fidèle à sa tradition, apporte une délégation riche en mangas, en ateliers de dessin et en ateliers techniques sur l’édition numérique. Cet année, l’ambassade du Japon a sélectionné 16 mangas qui sont présentés. Un vote est demandé au public, pour élire le meilleur manga. Le vainqueur se verra offrir un voyage au Japon avec une possible participation à un tournoi de mangas sur place. Suivent les ambassades d’Espagne et d’Italie, chacune apportant sa palette — comics, BD européenne, ateliers de sérigraphie, master classes. Ensuite, l’Égypte, invitée d’honneur, dont les stands font dialoguer patrimoine et modernité, bandes dessinées historiques et projets graphiques contemporains. N’oublions pas l’ambassade des États-Unis présentant les différentes nouveautés des comics américains.
Ces délégations ne se contentent pas d’exposer : elles tissent des passerelles, organisent des tables rondes et favorisent les échanges professionnels. Le message est clair : la BD est désormais un vecteur diplomatique et culturel.

Ruche des concours : talents en compétition
Le festival bat son plein, transformant l’Esplanade de Riadh El-Feth en un véritable carrefour de passions. Les concours y jouent un rôle moteur, attirant à la fois étudiants, amateurs et professionnels. Devant le stand HB Manga Kiss, l’ambiance est électrique : quiz sur l’univers de la BD, questions pièges sur la culture pop, mini-défis éclair… Les participants s’affrontent sourire aux lèvres, la tension est douce mais réelle. À la clé, un cadeau de leur choix offert par l’équipe du stand. L’organisateur, dans un geste de complicité, nous en glisse même deux pour nos caméras – clin d’œil qui résume bien la convivialité ambiante.
Plus loin, le concours BIMO, dédié à la jeunesse et à la création indépendante, met à l’honneur les talents graphiques émergents. Feuilles, crayons et tablettes numériques s’entrechoquent dans un ballet créatif. Les meilleurs dessins et coloriages sont exposés, et un jury attentif note chaque trait avec un sérieux d’école d’art. « On sent une vraie montée de niveau cette année », glisse une bénévole, en montrant du doigt des planches déjà quasi professionnelles.
À quelques mètres, Jumbo – acteur incontournable de l’agroalimentaire – installe sa propre aire de jeux. Entre quiz gourmands et mini-jeux dynamiques, le public gagne des dégustations improvisées : nouilles fumantes servies en gobelet, sauces inédites à tester, petites douceurs distribuées gratuitement. Le stand ressemble à une cantine de festival où tout le monde repart avec un sourire et un échantillon.

Le Stand Gaming
Impossible d’aller à la Fibda sans être attiré par le stand gaming. C’est l’attraction-phare pour le public. Véritable arène numérique, il voit défiler des matches endiablés sur Fifa, des duels épiques sur Fighter et même des sessions quasi-sacrées sur Dark Souls pour les plus téméraires. Les files d’attente serpentent entre les stands, adolescentes, étudiants et jeunes pros patientent, yeux brillants, manettes en mains pour trois minutes de gloire. Les jeux en VR ajoutent une couche supplémentaire de vertige : casques vissés, joueurs happés dans des univers sensoriels, cris de surprise, rires et applaudissements quand le casque se retire. Dans un coin, un petit cercle s’est formé : guitare en bandoulière, des jeunes improvisent des accords et partagent des morceaux connus – une respiration acoustique dans cet océan numérique.
Enfin, les fabricants de matériel high-tech dévoilent leurs nouveautés : PC aux boîtiers translucides, éclairages RGB hypnotiques, claviers mécaniques au son feutré, le tout proposé à l’essai comme à la vente. On passe d’un univers à l’autre en un pas : la planche dessinée côtoie l’expérience vidéoludique, les pinceaux répondent aux pixels, les traits de crayon aux polygones 3D. C’est toute une génération qui s’invente ici, simultanément sur papier et sur écran, avec l’audace et l’énergie d’une ruche créative.
On pourrait également parler du marché du merchandising, qui est un chapitre à lui seul. Stands de hoodies aux motifs mangas, t-shirts sérigraphiés, pins collector, pochettes de BD signées, posters en édition limitée — la diversité est stupéfiante. Les passants s’arrêtent, touchent la texture des hoodies, évaluent la qualité d’une impression, marchandent gentiment.

L’âme professionnelle
Le FIBDA ne se limite pas à la fête : son rôle de plateforme professionnelle est affirmé par une riche programmation de conférences et master classes. On parle édition, droits d’auteur, diffusion numérique, financement de projets, traduction, insertion des nouvelles technologies dans la chaîne créative. Des éditeurs locaux et internationaux expliquent leurs critères de sélection ; des illustrateurs décrivent leurs processus ; des spécialistes du jeu vidéo abordent la narration interactive. On sent dans ces sessions une volonté de professionnaliser les talents émergents, de créer des passerelles entre écriture graphique et industries culturelles.
Ce qui frappe, c’est la présence massive de jeunes : élèves en ateliers, lycéens en quête d’orientation, étudiants des écoles d’art. Les activités jeunesse sont partout — lectures, ateliers d’initiation au storyboard, espace Cosplay, concours de dessin minute. En tout cas, en repartant, après une journée où nous avons été happés par la diversité des expressions, des publics et des univers, nous gardons la sensation d’avoir assisté à quelque chose de vivant, de populaire et d’intelligent à la fois. Le FIBDA 2025 n’est pas seulement un festival : c’est l’image d’une jeunesse algérienne branchée, curieuse, créative, qui regarde le monde et invente ses récits. Nous avons vécu une véritable immersion dans un autre monde : celui des jeunes ! Pas seulement des lieux, mais des personnes, des voix, des désirs — autant d’éléments qui dessinent l’Algérie culturelle de demain.
G. Salah Eddine

ALGER 16 DZ

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