Notre envoyé spécial à Oran raconte la journée d’ambiance lors de la rencontre Algérie-Somalie : Quand tout Miloud-Hadefi a chanté Qassaman

Nous, équipe d’Alger 16, sommes arrivés très tôt le matin. À peine les premières heures de la matinée écoulées, on a senti l’odeur d’un grand soir. Oran bout, frémit, s’enflamme. Cette après-midi, l’Algérie joue la Somalie pour décrocher son billet au Mondial 2026. Plus qu’un match, c’est une promesse, un rendez-vous avec le destin. Les vendeurs de drapeaux envahissent les trottoirs, les maillot de la sélection nationale mis dans toutes les vitrines dessinaient déjà des œuvres d’art et les discussions dans les cafés tournaient toutes autour du même mot : qualification. La tension et l’espoir se mêlent à la chaleur humaine oranaise. “Ce soir, on gagnera inch’Allah ! », lance un jeune supporter, d’une voix assurée. Du port à la corniche, de la place d’Arzew jusqu’à Sidi El Houari, tout respire la fête, l’attente, la ferveur.

Reportage réalisé par G. Salah Eddine

Un Stade plein plusieurs heures avant le match

En arrivant au stade Miloud- Hadefi, vers 14h30, pour préparer notre matériel, notre match et nos papiers, on est frappés par la démesure du moment. Ce ne sont pas seulement les abords du stade qui sont pleins, tous les sièges le sont déjà ! Les chants résonnent, les musiques sur les Verts sont à fond ! Les tambours vibrent et la marée humaine blanche et verte ondule sous les projecteurs.
Trois immenses tifos recouvrent les gradins : ce sont trois drapeaux géants de l’Algérie qui sont fièrement affichés.
Quand l’hymne national retentit, la chair de poule est immédiate. 40 000 voix entonnent à l’unisson “Qassaman” et pendant quelques secondes, tout semble suspendu : plus de différences, plus de doutes, juste l’Algérie debout.
On sent les frissons courir le long des bras. Les regards brillent, certains pleurent.
Nous, journalistes, restons figés derrière nos caméras. “ Je n’ai jamais vu ça,” souffle un collègue à côté de nous. A ce moment, on l’a compris. C’est plus qu’un match de football, c’est l’espoir de millions de gens qui veulent voir le drapeau de leur nation brandit devant le monde entier et sur toutes les télévisons l’été prochain.

La pression dès le coup d’envoi

Le match démarre à peine que les Fennecs imposent leur tempo. Les passes se succédent, une partie des supporteurs doute, l’autre chante et hurle ! La tension est palpable.
À la 5e minute, tout bascule. Une frappe repoussée, un rebond, et là, Amoura, comme un éclair, surgit, ajuste, frappe. But !
Le stade explose. Une marée humaine. Les tribunes tremblent, les drapeaux s’envolent, les voix se brisent dans les cris.
“C’est fini, c’est bon, on y va !”, hurle un père à son fils.
Nous regardons autour : tout le monde se jette dans les bras de parfaits inconnus, tout le monde cri et se sent libéré. L’émotion est brute, totale. “C’est fini ! C’est fait !”, crie un jeune derrière nous, submergé par la joie.
À la 18e minute, c’est le capitaine Riyad Mahrez qui vient enfoncer le clou. Un tir précis au ras du poteau, un geste de patron. Le stade rugit encore plus fort. À 2-0, le doute s’évapore. Le rêve américain se rapproche.
Dans les tribunes, les chants se transforment en célébration continue. Les fans dansent, les drapeaux couvrent les gradins. “One, two, three… viva l’Algérie !”

La fête totale en seconde période

À la mi-temps, les supporters improvisent un concert. Les chants ne s’arrêtent plus. “One, two, three, viva l’Algérie !” roule comme une vague dans tout le stade.
Les joueurs reviennent sur la pelouse, souriants. Le match a changé de nature : ce n’est plus un combat, c’est une fête. Sur la pelouse, les Fennecs gèrent, sereins. Le jeu devient fluide, presque joyeux.
À la 57e minute, Amoura, encore lui, surgit à nouveau pour inscrire le troisième but. Le stade Miloud-Hadefi devient une fournaise, les drapeaux s’enflamment dans la nuit, les chants résonnent jusqu’à la mer. Les commentateurs ont du mal à se faire entendre. Nous aussi, nos micros vibrent sous la clameur.

Le coach fait tourner : Hadj Moussa, Gouiri, Maza… Tous ovationnés. Mais un nom, un seul, revient dans tout le stade :
“ Le peuple veut Youcef Belaïli ! Belaïli ! Le peuple veut Youcef Belaïli !”
Le public oranais n’attend que lui. Et quand le numéro 10 se lève du banc, c’est une éruption. L’enfant d’Oran revient dans sa ville, porté par l’amour des siens.
Youcef entre, la main sur le cœur, les yeux brillants. Il n’a pas marqué, mais il a tout donné — un geste, un sourire, une passe. Et le public le lui rend bien.

Le coup de sifflet final : l’explosion

Les dernières minutes du match ne sont plus qu’un long chant collectif, une communion pure entre une équipe et son peuple. Et voila ! Trois coups de sifflet. 3-0. L’Algérie est qualifiée. Le banc se vide, les joueurs se rassemblent sur le terrain, ils courent vers les tribunes, brandissent le drapeau national.
Bounedjah danse avec les supporters, Mahrez est heureux, Amoura tombe à genoux, submergé. Petkovic, habituellement réservé, lève les bras.
Le speaker hurle : “L’Algérie au Mondial 2026 !”
Et le stade s’enflamme une dernière fois. Les supporteurs accompagnent les joueurs dans leur joie. Quelques minutes plus tard, on n’entend plus qu’une seule phrase, « Le peuple veut la Coupe d’Afrique », répétée et proclamée en boucle. Les chants, les larmes, les sourires — une scène d’unité rare.
Sur le terrain, l’équipe d’Alger16 filme, photographie, capte ces instants de gloire. “Regardez-moi ça,” dit notre caméraman, encore ému.

Oran après le match

Quand nous sortons du stade, la nuit était déjà tombée, mais la fête ne faisait que commencer.
Les klaxons forment une symphonie dans les rues. Les voitures défilent, les drapeaux flottent à chaque fenêtre.
À Médina Jdida, on danse autour des cafés. À El Hamri, les tambours résonnent. A Al-Akid Lotfi, les cortèges s’improvisent. A Bir El Djir, les youyous résonnent.
Les jeunes grimpent sur les toits des voitures, les familles se rassemblent, les anciens racontent 1982 et 2014 à ceux qui n’étaient pas encore nés. C’est juste : One, Two, Three, Viva l’Algérie !
Et nous, restons un long moment à filmer, à écouter, à sentir.
L’odeur de la poudre, la chaleur du peuple, les chants portés par le vent marin. Oran, cette nuit-là, n’était plus une ville : c’était un drapeau vivant. Oran danse, Oran rit, Oran célèbre.

Une qualification qui dépasse le sport

Avec cette victoire nette (3-0), l’Algérie se qualifie à une journée de la fin en beauté. Mais au-delà du score, ce soir restera gravé dans la mémoire collective comme l’un de ces moments rares où un peuple tout entier bat au même rythme.
Sous les projecteurs de Miloud-Hadefi, le football a rappelé ce qu’il a de plus beau : il rassemble, il transcende, il fait rêver. Douze ans plus tard, l’Algérie est de retour au Mondial !
Et quand, bien plus tard, les derniers chants se sont tus dans les rues d’Oran, il ne restait qu’un mot dans la bouche de tous :“On y va !”
G. Salah Eddine

ALGER 16 DZ

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