
Dans son nouvel ouvrage intitulé « Journal 2019 – 2022. Exploration de quelques enjeux contemporains », le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le professeur Kamel Baddari, propose une lecture approfondie des grands défis qui ont marqué la période 2019-2022, une étape dominée par des bouleversements économiques, sociaux, technologiques et éducatifs.
Publié par l’Office des publications universitaires (OPU), ce livre de 264 pages aborde des thématiques d’actualité sous différents angles et propose une analyse critique des transformations que le monde a connues après la pandémie de la Covid-19.
Dans une démarche académique rigoureuse, l’auteur rappelle que « la Covid-19 nous a appris de nouvelles façons de vivre et d’interagir », soulignant que le virus « a bouleversé la planète entière et mis à l’épreuve tous les systèmes de santé, y compris ceux des pays les plus développés ». Pour le Pr Baddari, cette crise a démontré la nécessité pour les États « de renforcer la santé publique, d’investir davantage dans les infrastructures collectives et de miser sur l’université comme moteur de résilience et de progrès ».
Le livre revient aussi sur les conflits contemporains qui marquent le début du XXIe siècle. L’auteur les décrit comme le résultat d’un mélange complexe de facteurs sociaux, culturels, religieux, politiques, et stratégiques. Ces tensions, qui s’expriment sur de multiples fronts, peuvent dégénérer en crises majeures, voire en guerres ouvertes. Il cite notamment les cyberguerres, la prolifération des armes, et les impacts du changement climatique comme autant de sources de tensions qui entretiennent des rapports d’hégémonie et de dépendance entre nations.
Kamel Baddari développe également des réflexions autour de questions pédagogique, économique, environnementale et géopolitique, telles que le traitement et le dessalement de l’eau, ainsi que les pénuries d’eau, d’énergie et de nourriture. Selon lui, ces trois défis combinés représentent une « triple menace » mondiale qui alimente les conflits et accentue l’instabilité politique.
L’ouvrage consacre une large place au rôle des universités dans ce nouveau contexte mondial. Elles sont décrites comme des « institutions d’innovation » ouvertes, capables de transformer le savoir en véritable capital intellectuel grâce aux dynamiques de la mondialisation et de la mobilité humaine.
Une attention particulière est également portée à l’évolution du système éducatif à l’ère du numérique, à l’essor de l’intelligence artificielle, ainsi qu’à l’importance de l’enseignement des mathématiques et des sciences humaines et sociales, qui représentent à elles seules 60 % des inscriptions universitaires en Algérie.
Professeur en physique et mathématiques, Kamel Baddari est l’auteur de plusieurs ouvrages de référence, parmi lesquels « Les séismes et leur prévision » (2002), «Comprendre et pratiquer le LMD » (2005), «Physique de la Terre » (2009), « Indicateurs de qualité dans l’Enseignement supérieur » (2012) et « Recherche d’information » (2016).
En parallèle à ses travaux académiques et institutionnels, il a également publié de nombreuses contributions dans la presse nationale, où il partage ses réflexions sur des sujets scientifiques et sociaux d’actualité.
Ch. m./APS
