BRICS : Un nouvel ordre mondialse dessine

Par Par Fatiha M.

En ce mois d’août, l’Afrique du Sud abritera le 15e sommet annuel des BRICS, dont elle assure la présidence tournante. Cette rencontre permettra au monde entier de découvrir la «force des BRICS», ces pays émergents qui se concentrent sur la promotion du développement économique et encouragent la coopération commerciale et financière afin d’apporter une plus grande contribution à la prospérité de leurs populations.

A l’approche de cette rencontre, l’Algérie, qui bénéficie du soutien solide de la Russie et de la Chine – les deux chefs de file des BRICS – multiplie les démarches auprès des pays membres pour appuyer son adhésion, exprimée en novembre 2022. Jusque-là, l’intégration au groupe était subordonnée à un vote unanime des cinq pays membres, mais les critères d’adhésion devraient être redéfinis et cette question sera certainement à l’ordre du jour du prochain sommet des BRICS. Après la réunion préparatoire du 15e Sommet de Johannesburg, qui s’est tenue début juillet, les seules informations relatives à l’ordre du jour de cette rencontre étaient «les sujets couvrant les menaces de sécurité traditionnelles et non traditionnelles, la crise ukrainienne, l’antiterrorisme et la cybersécurité». Lors d’une récente conférence de presse (samedi 5 août), le président Tebboune a indiqué que les cinq pays des BRICS n’ont pas encore tranché les critères d’adhésion de nouveaux membres. Un pas décisif a été effectué récemment avec la contribution financière du pays au capital de la Banque de développement des BRICS dont la présidente, la Brésilienne Dilma Roussef, a déclaré que «l’Algérie est indispensable au groupe».

HISTORIQUE
L’ascension discrète mais spectaculaire des BRICS est un élément-clé de la transformation économique, financière et politique internationale, qui remet en question la suprématie américaine qui prévaut depuis la Seconde Guerre mondiale. Au début du IIe millénaire, quatre pays émergents ont entamé une ascension économique fulgurante. Parmi eux la Chine, qui enregistrait une croissance annuelle à deux chiffres, précédant en termes de PIB des pays d’Europe ou encore le Japon, devançant même les Etats-Unis en 2013, devenant alors la première puissance commerciale au monde.
Les BRICS rassemblent le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et, depuis 2011, l’Afrique du Sud. Ces pays redéfinissent le paysage géopolitique mondial à travers des conférences diplomatiques et un sommet annuel organisé alternativement dans chacun des États membres.
Le groupe des BRICS a pris depuis 2011 la forme d’une conférence diplomatique à part entière, donnant lieu à un sommet annuel se déroulant à tour de rôle dans chacun des cinq États. Le but de ces sommets est d’affirmer la place majeure de ces pays sur la scène internationale, et de mettre en scène leur poids économique et politique, en particulier au regard du monde, particulièrement les États-Unis et l’Union européenne.
Le premier sommet officiel des BRICS a eu lieu en 2009 en Russie et a débouché sur la mise en place d’une plateforme de dialogue régulier. Les BRICS organisent des sommets annuels pour discuter de diverses questions, notamment le commerce, la finance, le développement, l’énergie et la technologie. Les pays du BRICS soutiennent un système de gouvernance mondiale plus égalitaire ; ils visent à améliorer les institutions financières mondiales et à promouvoir un ordre mondial multipolaire qui représente plus fidèlement les objectifs et les ambitions des nations en développement.
L’importance économique des BRICS est considérable, avec la Chine comme force majeure et principal contributeur. Leur produit intérieur brut combiné atteint près de 25 000 milliards de dollars, et leurs réserves de change sont impressionnantes.
Représentant 41% de la population mondiale, près d’un quart de sa richesse et les deux tiers de sa croissance, les BRICS surpassent le G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) en termes de poids économique.

OBJECTIFS
Les BRICS sont parvenus à affirmer leur rôle prépondérant sur la scène internationale et à mettre en avant leur influence économique et politique face à des acteurs tels que les États-Unis ou l’UE. Le groupe a créé sa propre institution financière, New Development Bank (NDB), dans le but de se substituer aux institutions de Bretton Woods (la Banque mondiale et le Fonds monétaire international), contournant ainsi l’utilisation des sanctions économiques sur les pays en développement par les pays occidentaux. Le groupe envisage de créer une monnaie commune, qui se substituerait au dollar dans les transactions internationales.

La NDB, la banque des BRICS
Créée en 2014 et basée à Shanghai, cette institution financière a pour objectif d’offrir des mécanismes de prêt alternatifs aux structures du FMI et de la Banque mondiale, que les membres jugeaient trop centrées sur les États-Unis. Les actions de la NDB, dont le capital atteint 100 milliards de dollars, sont détenues à parts égales par chacun des cinq membres. La NDB dispose de ressources financières plus importantes que la Banque mondiale. Elle a été créée dans l’objectif de favoriser une plus grande coopération financière et de développement entre les pays émergents. Elle finance des prêts d’infrastructure dans les pays émergents et en voie de développement. En juillet dernier, l’Algérie a intégré le capital de cette institution financière avec une contribution de 1,5 milliard de dollars.

ADHESION AUX BRICS
Depuis les sanctions économiques liées à la crise ukrainienne, l’intérêt pour les BRICS a augmenté.
Début novembre 2022, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Lavrov, avait déclaré qu’une douzaine de pays ont officiellement demandé à rejoindre les BRICS, suite à la décision du groupe, en début d’année, d’autoriser l’entrée à de nouveaux membres. M. Lavrov a déclaré que l’Algérie, l’Argentine et l’Iran avaient officiellement posé leur candidature, tandis que l’Arabie saoudite, la Turquie, l’Égypte et l’Afghanistan sont intéressés, de même que l’Indonésie. Les autres candidats probables à l’adhésion sont le Kazakhstan, le Nicaragua, le Nigeria, le Sénégal, la Thaïlande et les Emirats arabes unis. Les ministres des Finances de tous ces pays étaient présents à la réunion de dialogue sur l’expansion des BRICS, qui s’est tenue en mai 2022.
Le Sommet de Johannesburg verra la présence d’observateurs d’une quarantaine de pays, dont l’Algérie. Cette réunion apportera certainement de nouvelles donnes pour impulser aux BRICS l’essor à même de tenir tête aux institutions (FMI, BM, OMS…) et aux groupements régionaux (UE, G7). Le défi est de taille face aux pays qui orchestrent jusque-là la marche du monde. Mais la volonté de ces «petits», déterminés à relever tous les défis, est de fer. Pour ce qui est de l’Algérie, même si son adhésion n’est pas entérinée dès cette année, un premier pas… de géant a été fait.
F. M.

ALGER 16 DZ

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