
Il n’y a désormais plus rien à cacher du conflit qui oppose le directeur général sportif de l’USM Alger, Saïd Allik, au président du conseil d’administration du club, Bilel Nouioua. La double présentation d’Abada et Azzi orchestrée par les deux hommes chacun à son tour a fait éclater au grand jour des animosités qui, visiblement, dépassent largement le stade des divergences.
Disons le tout de suite, au-delà de qui a raison et qui a tort, le feuilleton de la présentation des nouveaux joueurs usmistes arrivés en renfort durant ce mercato d’hiver qui vient d’être bouclé a écorché sérieusement l’image de l’USM Alger. Ce dont n’avait pas besoin un club de cette trempe qui, de plus, jouit ces dernières années d’une aura à échelle continentale. C’est d’autant plus regrettable que les acteurs de ce regrettable feuilleton est l’œuvre du premier responsable du club, le président du conseil d’administration, Bilel Nouioua, et du directeur général sportif, Saïd Allik him self. Le premier a procédé à la présentation des joueurs Azzi et Abada avec lesquels il a posé, en l’absence du second. Et voilà que 24 heures après, Allik passe à l’acte à son tour en convoquant à nouveau les deux joueurs pour une nouvelle séance de présentation, sans Nouioua. Peu importe le qualificatifs qui conviendraient à cette manière de s’y prendre, il s’agit là d’une double mise en scène qui ne fait honneur ni au club ni à leurs auteurs qui mettent ainsi sur la place publique leur incompatibilité manifeste à œuvrer de concert. Et visiblement, le conflit ne date pas de cette affaire. «Vous savez, mes prérogatives sont claires et définies contractuellement. Je suis le responsable de tout le volet sportif. Ni le président du conseil d’administration ni quelqu’un d’autre ne peut s’immiscer dans mon travail. Je ne dois rendre compte qu’aux membres du PCA et c’est mentionné noir sur blanc sur mon contrat», confie d’ailleurs Saïd Allik à nos confrères de Compétition. Voilà une déclaration qui sonne comme un clash public et direct adressé par le directeur sportif au président du conseil d’administration, dont le premier révèle pourtant avoir «milité» pour son intronisation.
Hamdi futur entraîneur ?
Mais la suite confirme toute la déliquescence qu’accuse la relation que sont censés partager les deux hommes. «Le seul conseil que je puisse lui donner, c’est d’éviter de gérer l’USMA comme on l’a fait avant lui. Malgré son manque d’expérience, il essaie de faire de son mieux dans l’intérêt du club». Avec de tels propos empreints d’une certaine nuance, Allik met, cependant, en avant une autorité vraisemblablement déplacée en se permettant de «conseiller» son président à travers les médias. Et paf ! Pour la retenue qu’aurait exigée la correction entre deux premiers responsables d’un même camp. Sans le citer cette fois directement, Allik pointe également un doigt sur Nouioua, lui reprochant d’avoir pris attache avec d’autres entraîneurs au moment où lui, de son côté, avait tout conclu, selon ses dires avec Hamdi, l’ex-coach d’Al Imaïli d’Egypte. «Pour moi, il (Hamdi, ndlr) tient toujours la corde sauf qu’en mon absence, j’ai appris qu’on a contacté d’autres entraîneurs. Je ne sais pas qui l’a fait, mais ça doit être certainement de l’intérieur du club. A la rigueur, on aurait pu m’informer. Mais on ne fait pas ça derrière le dos du directeur général sportif», lâche Saïd Allik. De confidence en confidence, Allik confirme en fait que le contact est visiblement complètement rompu entre les deux têtes censées mener la main dans la main le destin de l’USMA. Et s’il a raison de se plaindre de ces contacts qui auraient été entrepris derrière son dos, il apparaît que lui aussi a failli de ne pas aviser son PCA sur les négociations avancées menées de son côté. Pas du tout sain ce qui se passe dans la maison usmiste à la veille d’une importante échéance électorale. Heureusement que pendant ce temps, Hadj Adlane, le coach intérimaire, et l’équipe ont fait le nécessaire sur le terrain pour confirmer ce passage de haute facture en quarts de finale de la Coupe de la CAF, en attendant de reprendre avec les échéances nationales.
Djaffar Chilab
