
Au terme de deux années à la présidence du Forum des chefs d’État et de gouvernement du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP), le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a dressé un bilan qu’il qualifie de « concret » et structurant pour l’avenir de l’instrument continental de gouvernance. Son message, adressé aux participants de la 35ᵉ session du Forum, réunis dans la capitale éthiopienne, a été lu en son nom par le Premier ministre, Sifi Ghrieb.
Dès l’ouverture de son message, le chef de l’État a exprimé sa fierté de s’adresser aux dirigeants africains à l’occasion de cette session ordinaire organisée sous la présidence algérienne. Il a salué l’accueil des autorités éthiopiennes et rendu hommage à la direction de l’Union africaine, ainsi qu’au secrétariat continental du MAEP pour la qualité de la préparation du sommet.
Rappelant que l’Algérie figure parmi les membres fondateurs du MAEP, le chef de l’État a inscrit cet engagement dans la continuité de la participation active du pays aux mécanismes africains de coopération. Cette implication repose, a-t-il souligné, sur deux principes cardinaux : le respect de la souveraineté des États et la consolidation de la coopération intergouvernementale africaine.
La présidence algérienne, entamée en février 2024 dans un contexte marqué par des défis majeurs en matière de gouvernance, de paix, de sécurité et de développement durable, s’est fixée pour objectif de renforcer la crédibilité et l’efficacité du MAEP. Selon le Président Tebboune, l’action engagée a visé à repositionner le mécanisme comme un instrument stratégique pleinement aligné sur les priorités continentales, notamment celles définies dans l’Agenda 2063.
À travers ce message, l’Algérie entend affirmer que le MAEP demeure un levier essentiel pour promouvoir une gouvernance responsable et un développement durable, fondés sur l’appropriation africaine des réformes et sur la solidarité entre États membres.
Une dynamique d’adhésion et de réformes
Cette session ordinaire, organisée sous présidence algérienne, marque la fin du mandat 2024-2026 d’Alger à la tête du MAEP. Elle constitue, selon le chef de l’État, un moment institutionnel majeur : celui de la reddition des comptes et de la transmission ordonnée de la responsabilité à la République d’Ouganda, conformément aux règles internes du mécanisme et aux décisions de l’Union africaine.
Le mandat algérien a coïncidé avec une dynamique d’élargissement du mécanisme. L’adhésion de la République centrafricaine et de la République fédérale de Somalie porte désormais à 45 le nombre d’États membres. Une évolution que le Président Tebboune interprète comme un signe de confiance renouvelée dans l’outil d’autoévaluation continentale.
Sur le plan opérationnel, plusieurs axes structurants ont été mis en avant. L’adoption du plan stratégique 2025-2028, fondé sur les principes de professionnalisme, de performance et d’intégrité, constitue l’un des jalons majeurs du mandat. Le renforcement des mécanismes d’évaluation nationale et ciblée vise, quant à lui, à améliorer la qualité des politiques publiques et à favoriser le partage des meilleures pratiques entre États membres.
L’intégration de la gouvernance électronique parmi les priorités traduit une volonté d’accompagner la modernisation des administrations africaines, à l’heure où la transformation numérique devient un levier déterminant de transparence et d’efficacité. Par ailleurs, le MAEP a consolidé son rôle en matière de prévention des conflits, notamment à travers un dialogue institutionnel renforcé avec le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine.
Autre chantier stratégique : le projet de création d’une Agence africaine de notation de crédit, présenté comme un outil destiné à renforcer la résilience économique du continent et à rééquilibrer la perception des risques africains sur les marchés financiers internationaux.
Au-delà des orientations politiques, l’Algérie a soutenu le mécanisme par une contribution volontaire d’un million de dollars américains. Cette enveloppe a permis la programmation et la réalisation de trois évaluations nationales, dont deux ciblées, consolidant ainsi la dimension opérationnelle du MAEP.
Pour le Président Tebboune, cet engagement financier illustre la conviction que le mécanisme demeure un espace d’autoévaluation constructive et de responsabilité partagée, reposant sur l’adhésion volontaire des États et le respect strict de leur souveraineté.
La 35ᵉ session consacre enfin le passage de relais à Yoweri Kaguta Museveni, président de la République d’Ouganda. L’Algérie affirme sa confiance dans la capacité de la nouvelle présidence à consolider les acquis et à approfondir l’ancrage du MAEP au sein de l’architecture institutionnelle africaine.
Alger entend, pour sa part, poursuivre son engagement au sein de la troïka, aux côtés de l’Ouganda et du Burundi, afin de contribuer au renforcement des capacités étatiques et à la promotion d’une gouvernance orientée vers la stabilité, le développement et la prospérité du continent.
À Addis-Abeba, le message est clair : au-delà d’un mandat, c’est la crédibilité même du MAEP comme instrument d’autorégulation africaine qui se joue. L’Algérie revendique d’avoir contribué à consolider ses fondations. Reste désormais à transformer ces acquis institutionnels en résultats durables au service des citoyens africains.
G. Salah Eddine
La direction judicieuse et éclairée du président Tebboune largement saluée
Les participants au 35e Forum des chefs d’Etat et de Gouvernement du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP) ont vu la direction judicieuse et éclairée du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, lors de son mandat à la présidence de cette instance, marqué par des réalisations « inédites » permettant d’avancer résolument vers la concrétisation des objectifs de l’Agenda 2063 de l’Union africaine (UA).
Dans ce cadre, le président de la République fédérale démocratique d’Ethiopie, M. Taye Atske Sélassié, a salué la direction « judicieuse » du président de la République à la tête du Forum des chefs d’Etat et de Gouvernement du MAEP (2024-2026), adressant ses remerciements à l’Algérie pour ses contributions au continent africain, par le biais de ce Mécanisme.
La Directrice générale du Secrétariat continental du MAEP, Mme Marie-Antoinette Rose Quatre, a, elle aussi, salue la vision « éclairée » du président de la République dans la gestion des affaires du Forum, laquelle s’est traduite par des résultats tangibles et des acquis en matière de gouvernance numérique durant la présidence algérienne. Elle a également exprimé ses remerciements pour la contribution financière volontaire apportée par l’Algérie au Forum l’année dernière (un million de dollars), ayant permis de poursuivre la mise en œuvre de son programme. Dans le même sillage, le président du Panel des personnalités éminentes du MAEP, M. Ali El-Hefny, s’est félicité du soutien généreux apporté par l’Algérie, ayant permis au Forum d’accomplir des « réalisations inédites au cours des deux dernières années ». De son côté, le président de la Commission de l’Union africaine, M. Mahmoud Ali Youssouf, a souligné, dans son intervention, le leadership de l’Algérie, qui a dirigé le Forum avec « sagesse et exemplarité », permettant ainsi au MAEP d’accomplir plusieurs réalisations dans le cadre du processus de concrétisation de l’Agenda 2063 de l’UA.
Pour sa part, la vice-présidente de la République d’Ouganda, Mme Jessica Rose Epel Alupo, dont le pays réussit à l’Algérie à la présidence du Forum, a exprimé sa gratitude au président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, pour sa « direction exemplaire » du Forum, en voulant pour prouver les réalisations enregistrées, notamment dans le domaine de la gouvernance.
A cette occasion, il a été procédé à l’annonce des nouveaux membres de la Troïka, dont le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, le président de la République d’Ouganda, M. Yoweri Kaguta Museveni, et le président de la République du Burundi, M. Evariste Ndayishimiye.
R. N.
