
L’écosystème des jeunes entreprises innovantes franchit une nouvelle étape dans son processus de structuration financière. Au moins cinq start-up et scale-up devraient intégrer la Bourse d’Alger en 2026 afin de mobiliser des capitaux destinés à soutenir leur croissance, a annoncé, mercredi dernier, le directeur des start-up et des structures d’appui du ministère de l’Économie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises, M. Chems Eddine Benmousset.
« En 2026, nous aurons au minimum cinq start-up et scale-up qui entreront en Bourse pour valoriser leurs activités », a déclaré à la Radio nationale, M. Chems Eddine Benmousset.
Cette perspective traduit une volonté de diversifier les modes de financement des entreprises innovantes, au-delà des mécanismes traditionnels. Plusieurs dossiers sont actuellement à l’étude, émanant de sociétés opérant dans des secteurs à forte valeur ajoutée tels que l’agriTech, la healthTech, le commerce électronique et l’intelligence artificielle. Autant de domaines qui concentrent les nouvelles dynamiques de croissance et de transformation numérique. Selon M. Benmousset, un cadre incitatif spécifique a été instauré par le ministère des Finances en coordination avec la Commission d’organisation et de surveillance des opérations de Bourse (COSOB). Ce dispositif prévoit notamment des mesures d’accompagnement et l’exonération des frais d’introduction en Bourse, afin de faciliter l’accès des jeunes entreprises innovantes au marché financier.
L’ouverture progressive de la place boursière aux start-up s’est amorcée en début 2025 avec l’introduction de « Moustachir », devenue la première start-up à intégrer la Bourse d’Alger pour se financer via le marché boursier. Une étape symbolique qui a marqué l’entrée de l’économie numérique dans l’univers du financement structuré. Depuis la création du comité de labellisation en 2020, plus de 1.100 start-up ont obtenu le label officiel, attestant de la vitalité du tissu entrepreneurial national. À ce chiffre s’ajoutent d’autres entreprises innovantes actives sans labellisation, révélant un vivier en expansion.
Dans une perspective plus ambitieuse, le ministère vise l’accompagnement de 16 start-up vers le statut de scale-up à l’horizon 2026, avec l’objectif affirmé de faire émerger à terme une entreprise valorisée à un milliard de dollars. Une ambition qui traduit la volonté d’inscrire l’Algérie dans la dynamique des économies fondées sur l’innovation et la connaissance.
Par ailleurs, le Prix du président de la République de la meilleure start-up, récemment institué, entrera prochainement dans sa phase opérationnelle. Le comité d’organisation sera installé dans les semaines à venir afin de définir les critères de sélection. La distinction sera remise lors de la Semaine mondiale de l’entrepreneuriat prévue en novembre.
Enfin, la Conférence nationale des start-up (Algeria Disrupt) sera relancée cette année sous un format élargi, avec des éditions organisées dans plusieurs wilayas. Une démarche qui vise à territorialiser l’innovation et à ancrer l’entrepreneuriat technologique dans l’ensemble du pays.
À travers ces initiatives, les autorités entendent consolider l’architecture financière et institutionnelle dédiée aux jeunes entreprises, en plaçant le marché des capitaux au cœur de la stratégie de croissance de l’économie de la connaissance.
G. S. E.
