
Dans le cadre de la commémoration de la Journée nationale du chahid, célébrée le 18 février de chaque année, l’association « Mechaâl Echahid », en collaboration avec le Centre national d’études et de recherche sur la résistance populaire, le Mouvement national et la Révolution du 1er Novembre 1954 (CNERMN54) a organisé une conférence à Alger, lundi dernier. Le thème de cette rencontre était « Des chouhada, symboles sans sépultures ».
Lors d’un discours prononcé par Fadila Haffaf, cheffe du service des activités scientifiques, le directeur du CNERMN54, Hocine Abdessatar, a souligné l’importance de collecter les récits des moudjahidine et des ayants droit des martyrs afin de garantir la préservation de la mémoire nationale.
De son côté, l’enseignant à l’Université d’Alger 2 Allal Bitour a cité plusieurs symboles de chouhada ayant conjugué conscience, action et sacrifice total pour la cause. Parmi eux figurent Larbi Tébessi, M’hamed Bougara, Abderrahmane Mira, Hamou Boutlélis et Djilali Bounaâma. Il a précisé que les autorités coloniales françaises n’avaient pas seulement procédé à leur élimination, mais avaient également entretenu un flou autour des circonstances de leur martyr.
Ces héros ont subi des opérations de mise à mort violente et des enlèvements qui ont « conduit à leur martyre dans des conditions obscures, sans laisser à leurs familles de tombes où se recueillir », a-t-il ajouté.
Dans ce contexte, Mohamed Abbad, président de l’association « Mechaâl Echahid », a mis en lumière la douleur persistante des familles de martyrs, encore « dans l’ignorance aujourd’hui quant à la réalité de ce qui est arrivé à ces hommes courageux qui ont fait les plus grands sacrifices pour leur pays ».
Quant à Tarik Mira, fils du chahid Abderrahmane Mira, il a partagé un récit émouvant sur les conditions de l’enlèvement de son père par les troupes coloniales françaises. À l’issue de la réunion, plusieurs familles de martyrs de la Révolution du 1er Novembre 1954 ont reçu des distinctions honorifiques.
La conférence a ainsi rappelé que préserver la mémoire des chouhada n’est pas seulement un devoir historique, mais un engagement moral envers les générations futures : garder vivants leurs récits, honorer leurs sacrifices et assurer que leur courage continue d’inspirer la nation.
Abir Menasria