
Pour les autres pays, le 18 février peut sembler un jour comme un autre, pour l’Algérie, il est exceptionnel. C’est un moment de fidélité et de reconnaissance envers les millions de martyrs dont le sang a illuminé chaque centimètre de notre terre, pour une nation unie et victorieuse.
C’est un jour où l’on se souvient de ceux qui ont sacrifié leur vie et tout ce qu’ils possédaient pour une terre qui respire la liberté et embrasse l’indépendance. Le choix du 18 février n’a rien d’anodin. Il coïncide avec un événement historique majeur de la Révolution de libération et a été proposé par la Coordination des enfants de martyrs lors de son congrès en 1989.
Cette date a été retenue pour sa portée symbolique : elle relie les générations à leur passé et rappelle les sacrifices nécessaires pour que nous vivions aujourd’hui dans la liberté. La première commémoration officielle a eu lieu en 1990, et le 18 février 1991 a été proclamée officiellement Journée nationale du martyr, en hommage à leurs âmes pures. Les sacrifices de l’« Algérie des martyrs » sont devenus un modèle de libération reconnu même par ses ennemis. Ils sont un symbole de résistance pour de nombreux peuples colonisés, inspirant courage et détermination face à l’oppression. Comment oublier 132 ans d’occupation brutale, une oppression qui n’épargnait ni vie ni dignité, et qui a coûté la vie à des millions d’Algériens ?
Aujourd’hui, nous vivons dans une liberté acquise grâce à ces hommes et femmes morts pour que nous puissions respirer et décider de notre destin. Il est de notre devoir de les honorer, d’évoquer leur mémoire et de préserver leur héritage : c’est cela, l’Algérie. Le 18 février 2026, nous célébrons ceux qui ont laissé derrière eux des exploits immortels. Ils ont combattu avec le stylo, le papier, l’arme et la pierre. La pauvreté des moyens n’a jamais freiné leur rêve d’une Algérie libre. Hommes et femmes, jeunes et vieux, riches et pauvres, tous se sont tenus côte à côte pour un seul idéal : la liberté.
Fidèle aux valeurs
Le devoir de reconnaissance est un legs sacré que le peuple algérien transmet de génération en génération, fidèle aux valeurs de résistance, de liberté, de dignité et d’attachement à la terre, hérités des aïeux, qui se sont toujours opposés à la présence coloniale, à travers des résistances ininterrompues depuis que les hordes d’envahisseurs ont foulé le sol algérien, des épopées fièrement immortalisées et gravées dans la mémoire collective de la nation, comme l’avait affirmé le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, lors d’une précédente occasion. Dans ses efforts visant à concrétiser son projet de développement stratégique, dans ses dimensions politique, économique et sociale, l’Algérie a fait de ces principes, pour lesquels des millions de martyrs se sont sacrifiés, une boussole.
A ce titre, elle a récemment entrepris une action souveraine importante : l’adoption à l’unanimité, par le Parlement, d’une loi criminalisant la colonisation. Elle a aussi engagé une action au niveau continental pour unifier le rang africain autour de la criminalisation de la colonisation, inscrivant cette question à l’agenda des débats au niveau des plus hautes instances africaines.
Ces initiatives ont été largement saluées par les dirigeants africains lors des travaux du 39e Sommet de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba, qui a adopté une résolution qualifiant l’esclavage, la déportation et le colonialisme de crimes contre l’humanité et de génocide contre les peuples d’Afrique.
L’UA a également adopté la Déclaration d’Alger sur les crimes coloniaux en Afrique, en tant que contribution à l’effort continental visant à criminaliser le colonialisme et à exiger des réparations. Cette Déclaration avait sanctionné les travaux de la Conférence internationale sur les crimes coloniaux en Afrique, tenue en novembre dernier à Alger.
Dans une allocution historique adressée au Sommet, le président de la République a appelé à une reconnaissance internationale explicite et sans équivoque, de la part des organisations onusiennes et des puissances coloniales, de la nature criminelle des pratiques incluant l’esclavage, la déportation forcée, le nettoyage ethnique, la torture, le déplacement et la persécution systématique, des pratiques sans commune mesure dans l’histoire de l’humanité par leur ampleur et leur brutalité.
Le président de la République a, par la même occasion, réaffirmé le soutien absolu et indéfectible de l’Algérie à toutes les initiatives de la Commission de l’UA et de ses organes juridiques compétents, en faveur d’une approche juridique claire et explicite, visant à inscrire le colonialisme parmi les crimes internationaux les plus graves, afin de renforcer les principes de reddition de comptes, de consacrer la non-impunité et de contribuer à l’établissement d’une justice historique équitable.
Amira Benhizia/APS
