Par Yacine O.
Nez pointu, visage fin, peau plus lisses et lèvres plus charnues. Ce sont autant de possibilités de offertes par les applications disponibles sur les smartphones pour se refaire une beauté !

Faut-il souffrir pour être belle ? Pour certaines, oui. Influencées par diverses applications sur smartphones, elles adoptent de nouveaux standards de beauté. Pour les concrétiser, toutes les possibilités sont offertes dont la plus populaire est la chirurgie esthétique.
Le plus connu est Snapchat. Outre l’aspect ludique de ces applications, elles imposent également de nouveaux standards de beauté, incitant plus d’une personne à consulter un chirurgien esthétique. Objectif : plus joli ou plus joli que le filtre.
Témoignages
Fériel a 25 ans. Diplomée mais sans emploi. Son problème ? Son nez pas assez pointu. “Je ne me supporte pas. Cela fait plusieurs mois que j’évite de me regarder dans un miroir parce que la première chose que je remarque c’est mon nez dont l’extrémité est bombée. Je ne me prends plus en photo, sauf si j’utilise des filtres”, s’attriste-t-elle. Cherchant une aide de ses semblables, elle poste un SOS dans un groupe Facebook dédié à l’entraide sur la chirurgie esthétique.
En quelques heures, elle reçoit un tas de commentaires. Certains lui conseillant de faire une chirurgie réparatrice, tandis que d’autres lui proposent d’aller vers des soins moins coûteux et moins dangereux qu’une chirurgie, dont le filler. Appelée dans le langage médical rhinoplastie, cette “intervention” est un remodelage du nez par injections d’acide hyaluronique.Un acide très connu dans le monde de la chirurgie esthétique tant il est utilisé dans les pratiques telles que le traitement des cernes.
Souad veut à tout prix bien porter son nom. “Je me voyais belle. J’entretenais bien ma peau, mes mains, sans me douter que j’avais quelque chose qui n’allait pas : mes joues. Elles n’étaient pas assez rebondies. Elles paraissaient bien plus belles sur les photos où j’utilisais des filtres. J’ai décidé de remédier à ce problème et à me rendre chez un médecin qui m’a orientée vers un spécialiste de la chirurgie esthétique. J’ai comblé mes joues, mais j’ai eu beaucoup d’autres envies de beauté, comme avoir des fossettes et des lèvres pulpeuses”, raconte-t-elle avant d’avouer qu’elle a dépensé jusque-là pas moins d’un million de dinars pour ces interventions. Elle n’est toujours pas sortie de ce cercle vicieux puisqu’elle découvre tous les jours des imperfections.
Le prix à payer
Il y a toujours un prix à payer. En matière de chirurgie esthétique, ce dernier est très élevé. Il a été arrêté en fonction de plusieurs critères, principalement la complexité de l’intervention, le produit utilisé et la réputation du médecin.
Selon quelques témoignages, une simple injection d’acide hyaluronique pour l’augmentation des lèvres coûte 35 000 DA. La liposuccion n’est pas pratiquée en dessous de 300 000 DA. L’augmentation mammaire est aussi à ce prix, mais selon les cas elle peut atteindre 500 000 DA. Les amoureux de la beauté sont prêts à débourser beaucoup d’argent pour réaliser leurs rêves, qui sont finalement sans fin.
Certains, qui cherchent à économiser de l’argent, se retrouvent entre les mains d’escrocs ou de charlatans. Il y a eu plusieurs cas où les réseaux sociaux ont été condamnés sans que ces derniers ne se rendent aux services de sécurité pour se plaindre de ces “commerçants” qui finalement n’ont rien à voir avec la médecine. En effet, certains établissements de beauté proposent des soins pour les rides ou les cernes.
Les injections y sont beaucoup moins chères. Cependant, elles sont pratiquées par des personnes qui n’ont pas étudié la médecine.
Dans ce marché de la beauté, tout est possible. Les arnaques sont légion. Les produits contrefaits sont vendus sans aucune garantie quant à leur efficacité ou leurs effets secondaires.
Des vidéos très glamour envahissent les réseaux sociaux, faisant la promotion de produits importés des États-Unis, du Canada ou d’Europe avec pour slogan “Natural Beauty”. Ainsi, des produits non testés complètent l’accord donné en salon par des pseudo-experts.
Dans cette guerre de la beauté et de l’argent, toutes les promotions sont possibles, même dans les cliniques étrangères, notamment chez nos voisins de l’Est.
En Tunisie, destination bien connue du tourisme médical, les prix sont quasiment les mêmes qu’en Algérie. Le seul avantage : prise en charge VIP dans les hôtels en bord de mer.
Alors que certaines personnes veulent être belles sans filtre, d’autres voient le problème comme un manque de confiance, d’estime de soi et d’acceptation de soi. Pour elles, la chirurgie était réservée aux malformations graves à la naissance ou après un accident, d’où le nom de chirurgie esthétique et reconstructrice.
Par ailleurs, la chirurgie réparatrice s’emploie à reconstruire et à améliorer l’apparence du corps à la suite d’une malformation congénitale, d’un accident ou encore d’une intervention chirurgicale. Issue de la chirurgie réparatrice, la chirurgie esthétique s’adresse à des personnes soucieuses d’embellir, selon leur appréciation, leur aspect physique pour se sentir mieux dans leur peau.
Le CHU de Sétif attire du monde pour la chirurgie esthétique !
Le service de chirurgie maxillo-faciale du centres hospitalo-universitaire de Sétif attire du monde pour la chirurgie esthétique et de réparation. L’agence officielle APS a rapporté qu’au premier semestre de l’année 2019, 843 interventions chirurgicales ont été effectuées. Ces interventions concernent la correction de malformation congénitale, le nez notamment, les séquelles du cancer cutané et les brûlures.
La même source ajoute qu’il a été également relevé en 2018 plus de 7 000 interventions chirurgicales réparatrices ont été effectuées au sein du même service, dont 1 439 opérations de correction du nez.
Deux établissements de prise en charge des brûlés et de chirurgie réparatrice à Oran et Skikda
Deux établissements spécialisés dans la prise en charge de brûlés et dans la chirurgie plastique et la greffe de peau dans les wilayas d’Oran et de Skikda sont opérationnels avec une capacité d’accueil de 120 lits chacun. Après un manque d’établissements hospitaliers spécialisés dans la prise en charge des brûlés et dans la chirurgie plastique à travers le pays, aujourd’hui, l’Algérie s’est doté encore de deux établissements spécialisés dans les wilayas d’Oran et de Skikda, et dont le taux d’avancement des travaux à est respectivement de 75% et 45%. Pour ce projet, l’Etat a alloué une enveloppe de 600 millions DA pour l’équipement de ces deux structures. Selon le ministère de la Santé, sept services et huit unités hospitaliers d’une capacité d’accueil de 231 lits répartis à travers les établissement hospitaliers, seront créés notamment à Alger, Oran, Constantine, Sétif, Annaba, Skikda et Batna ». En outre, il faut signaler que plusieurs spécialités enregistrent un déficit, mais que la tutelle œuvre à la mise en place d’un plan national d’équipement des services où l’élément humain devra jouer un rôle capital.
