
Faune et flore en danger
Le changement climatique a des répercussions importantes sur la faune et la flore, aussi bien sur terre que dans les eaux des océans. Le monde animal lutte pour s’adapter.
Un rapport initié par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) alertait déjà en 2014 : diverses formes de vie migrent vers le nord ou dans des eaux plus profondes afin de survivre à la mutation de leur habitat. Certaines espèces animales sont également contraintes de modifier leurs habitudes. Par exemple, les oiseaux qui construisent leur nid élèvent leurs petits et migrent plus tôt étant donné l’arrivée prématurée du printemps. Selon ce rapport, «les conséquences du changement climatique sont plus importantes et plus étendues sur les systèmes naturels».
Entre 1970 et 2018, 69% des poissons, oiseaux, mammifères, amphibiens et reptiles ont disparu, selon l’Indice Planète vivante (un outil de référence publié par le WWF), qui suit l’évolution de plus de 5 000 espèces animales sur la planète. En 2022, plus de 41 000 espèces ont été considérées en danger par selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) sur près de 150 000 étudiées. Parmi les espèces les plus menacées figurent le saola, une sorte d’antilope vivant dans les forêts du Vietnam et du Laos, ainsi que le vaquita, petit dauphin vivant sur les côtes du Mexique. Les éléphants, les rhinocéros et les gorilles voient également leur population diminuer.
Les arbres sont également menacés par la sécheresse ou la déforestation, comme le baobab de Grandidier à Madagascar ou le sapin d’Andalousie en Espagne.
Océans : les équilibres perturbés
Les dérèglements du climat déséquilibrent les océans, notamment par la hausse des températures, l’élévation du niveau de la mer et l’acidification. Parce qu’ils absorbent plus de CO2 ambiant, les océans s’acidifient et leur teneur en oxygène se réduit. La circulation des courants marins est également perturbée.
La mer subit depuis longtemps les effets du réchauffement lié aux activités humaines. Principal puits de carbone de la planète, l’océan absorbe la chaleur et l’énergie supplémentaires engendrés par la hausse des émissions de gaz à effet de serre piégés dans le système terrestre. Ces changements finissent par entraîner des incidences durables sur la biodiversité marine.
Alors que les suppléments de chaleur et d’énergie réchauffent les océans, l’augmentation de température provoque des effets en cascade sans précédent, comme la fonte des glaces, l’élévation du niveau de la mer, des vagues de chaleur océaniques et l’acidification des océans.
L’élévation du niveau de la mer s’est accélérée ces dernières décennies en raison de la fonte accrue de la glace dans les régions polaires. Selon les dernières données de l’Organisation météorologique mondiale, le niveau mondial moyen de la mer a battu un nouveau record de hauteur en 2021, puisqu’il est monté en moyenne de 4,5 millimètres par an sur la période 2013-2021.
Les vagues de chaleur océaniques sont désormais plus fréquentes, durent plus longtemps, sont plus intenses et plus étendues.
Selon le GIEC, l’influence humaine est le principal facteur de l’augmentation de la température des océans que l’on observe depuis les années 1970.
La majorité des vagues de chaleur a eu lieu entre 2006 et 2015, entraînant le blanchissement généralisé des coraux et la dégradation des récifs. En 2021, près de 60% de la surface des océans a connu au moins une période de vagues de chaleur océaniques. La totalité des récifs coralliens de la planète pourraient mourir d’ici la fin du siècle si la température de l’eau continue d’augmenter.
En plus d’intensifier les cyclones tropicaux, l’élévation du niveau de la mer exacerbe les phénomènes extrêmes tels que les tempêtes, les inondations, les glissements de terrain, entrainant une érosion des sols et des reliefs côtiers qui devraient survenir au moins une fois par an dans de nombreux endroits alors qu’historiquement, ce type de phénomènes survenait une fois par siècle.
Depuis quelques années, le GIEC tire la sonnette d’alarme : plusieurs régions, telles que le Pacifique tropical occidental, le Pacifique Sud-Ouest, le Pacifique Nord, le sud-ouest de l’océan Indien et l’Atlantique Sud, sont confrontées à une élévation du niveau de la mer sensiblement plus rapide.
Mais le danger le plus grave, le plus menaçant, est l’appauvrissement de la biodiversité marine qui aurait un impact sur l’espèce humaine.
La hausse des températures augmente le risque de disparition irréversible des écosystèmes marins. De profonds changements ont été observés, notamment la détérioration des récifs coralliens qui concourent à la vie dans les océans, et la migration d’espèces vers des latitudes plus élevées, où l’eau est plus froide. Les récifs coralliens ont un rôle crucial : ils constituent de véritables oasis de vie au milieu des océans. Ils ne couvrent que 0,2% de leur surface des mers mais abritent plus de 25% de la biodiversité marine mondiale, soit près de 60 000 espèces décrites à ce jour.
Les dernières estimations de l’Unesco mettent en garde sur le fait que plus de la moitié des espèces marines pourraient être au bord de l’extinction d’ici 2100. Avec une hausse actuelle de température de 1,1°, on estime que 60% des écosystèmes marins de la planète ont déjà été dégradés. Un réchauffement de 1,5° menace de détruire 70% à 90% des récifs coralliens, et une hausse de 2° entraînerait la disparition de presque 100% des récifs. On atteindrait alors un point de non-retour.
Synthèse Fatiha M.
