Par Kheireddine B.
La situation macroéconomique de l’Algérie a maintenu sa solidité l’année dernière, avec une amélioration globale des indicateurs macrofinanciers malgré les perturbations géopolitiques mondiales.

En effet, dans son rapport pour l’année 2023 la Banque d’Algérie (BA) souligne que l’économie algérienne a démontré lors de l’année 2022 une résilience face aux impacts de la pandémie de Covid-19, enregistrant de bons résultats en consolidant sa balance commerciale, augmentant ses réserves de change, et maintenant un faible endettement extérieur. Cependant, le rapport souligne la persistance de tensions inflationnistes, principalement d’origine importée, constituant un défi à court et moyen termes.
En 2022, l’économie a manifesté une solide reprise, enregistrant une croissance significative du produit intérieur brut (PIB) à hauteur de 3,2%, avec une valeur de 27 688,8 milliards de dinars. Cette performance fait suite à une contraction notable de 5,1% en 2020, causée par le choc de la pandémie, et à un rebond de 3,4% en 2021. Cette progression reflète une dynamique positive dans l’activité économique, particulièrement illustrée par l’augmentation du PIB en volume, hors hydrocarbures, de 2,3% en 2021 à 4,3% en 2022. En parallèle, le secteur des hydrocarbures a enregistré un recul de 0,6% en 2022, après une croissance marquée de 10,5% l’année précédente.
Différents secteurs ont contribué à cette reprise, dont une croissance de 5,8% dans le secteur agricole, une croissance quasiment stable de 5,2% dans l’industrie en volume en 2022, une croissance de 5,5% dans les services marchands (comparée à 4,9% en 2021), et une croissance de 2,8% dans les services non marchands en 2022 par rapport à 1,5% en 2021. Le rapport de la BA note également que la balance des paiements a affiché, en 2022, un excédent de 18,47 milliards de dollars, contre un déficit de 1,48 milliard en 2021, et une augmentation des réserves de change qui sont passées de 45,3 milliards de dollars à 60,99 milliards à fin 2022.
Les crédits à l’économie ont augmenté
Selon le rapport détaillant l’évolution des activités de l’ensemble des acteurs économiques du pays en 2022, la Banque d’Algérie a adopté une politique monétaire caractérisée par des mesures graduelles de normalisation. Cela s’est notamment manifesté par la levée des mesures exceptionnelles d’allégement prudentielles instaurées en mars 2020 en réponse à la crise sanitaire.
Malgré cette normalisation, la Banque d’Algérie a maintenu son soutien au financement de l’économie en conservant le taux de réserves obligatoires à 2% et le taux d’intérêt directeur applicable aux opérations principales de refinancement à 3% en 2022. Cette décision a été prise dans un contexte d’augmentation de la liquidité bancaire, résultant du Programme spécial de refinancement (PSR) d’un montant de 2 100 milliards de dinars, lancé en juillet 2021 et clôturé en juin 2022.
Il est important de noter que, en 2022, une partie significative du PSR, soit 463,39 milliards de dinars, a été remboursée par anticipation, représentant 22% du programme initial. Ce remboursement anticipé a été effectué dans le cadre de la normalisation de la politique monétaire.
En octobre 2022, une autre mesure de normalisation a été mise en place sous la forme d’une opération de reprise de liquidité bilatérale ciblée, d’un montant de 300 milliards de dinars, visant à absorber les excès potentiels de liquidités présentant un risque inflationniste.
Il s’agit, selon le rapport, d’une “mesure complémentaire d’ajustement du taux de change du dinar, entre fin juillet et fin septembre 2022, qui s’est apprécié de 4,1% contre le dollar et de 7% contre l’euro. Ceci a permis de réduire, sur le court terme, une partie de l’inflation importée dont la contribution à l’inflation globale a été de plus de 70% en 2021 et de 61,7% en 2022”.
Par ailleurs, en 2022, les crédits à l’économie ont enregistré une augmentation de 3,3%, atteignant 10 115,24 milliards de dinars, comparativement à une baisse de 12,4% en 2021, selon la Banque d’Algérie. La BA souligne également que du point de vue de la solidité financière, “quasiment tous les indicateurs restent favorables”, résultat des politiques publiques mises en œuvre pour soutenir la reprise économique post-pandémie. Ces politiques ont permis aux banques de démontrer une grande résilience et une solvabilité nettement renforcée.
