
La ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Soraya Mouloudji, a annoncé, jeudi dernier à Alger, la préparation d’un décret exécutif introduisant de nouvelles dispositions destinées à renforcer l’insertion professionnelle des personnes aux besoins spécifiques. S’exprimant lors d’une plénière de l’Assemblée populaire nationale, consacrée aux questions orales, la ministre a précisé que ce texte réglementaire fixera les modalités d’affectation des postes d’emploi, tout en définissant les mécanismes de contribution financière et d’octroi d’aides pour l’aménagement et l’adaptation des postes de travail. Ces mesures s’inscrivent dans l’application de l’article 29 de la loi relative à la protection et à la promotion des personnes aux besoins spécifiques. Le projet de décret vise ainsi à instaurer un cadre plus structuré pour favoriser l’intégration de cette catégorie dans un environnement professionnel ordinaire, adapté à ses capacités. Parmi les principales dispositions figure l’obligation faite aux employeurs d’assurer les aménagements nécessaires, en coordination avec les services de médecine du travail et les instances spécialisées dans l’adaptation technique. Dans la même optique, le texte prévoit l’encouragement des organismes employeurs recrutant des personnes aux besoins spécifiques, notamment à travers l’octroi d’aides financières destinées à couvrir les travaux d’aménagement requis. Il est également question de renforcer le contrôle de l’application du taux de 1 % des postes réservés à cette catégorie, par les différents corps d’inspection et administrations concernées.
Au-delà du cadre réglementaire, le secteur de la Solidarité nationale poursuit ses efforts pour promouvoir l’intégration économique des personnes aux besoins spécifiques. Cette orientation se traduit par le soutien à la création et au développement d’activités génératrices de revenus, ainsi que par l’encouragement à l’entrepreneuriat. Un accompagnement spécifique est assuré aux porteurs de microprojets, notamment dans le domaine de la commercialisation, en parallèle avec des formations continues visant à valoriser leurs compétences. Dans ce contexte, 1 773 projets professionnels adaptés ont été attribués par l’Agence nationale de gestion du microcrédit (ANGEM) au profit de porteurs de projets parmi les personnes aux besoins spécifiques. Par ailleurs, plus de 700 bénéficiaires ont obtenu un financement via l’Agence nationale d’appui et de développement de l’entrepreneuriat (NESDA), illustrant la dynamique engagée en faveur de l’autonomie économique. La numérisation constitue également un axe stratégique. Le secteur œuvre à faciliter la participation active des personnes aux besoins spécifiques à la vie sociale, à travers la digitalisation des services publics qui leur sont destinés. Une plateforme numérique est en cours de développement en collaboration avec le Haut-Commissariat à la numérisation. Dans cette perspective, des travaux sont en cours pour la numérisation de la carte de la personne aux besoins spécifiques, ainsi que de l’allocation forfaitaire de solidarité (AFS), afin de simplifier les démarches administratives et d’améliorer l’accès aux droits sociaux.
Cheklat Meriem
