
L’Algérie a réagi, hier, à l’escalade militaire qui se profile au Moyen-Orient entre les États-Unis et Israël, d’une part, et l’Iran, d’autre part. Dans un contexte marqué par des frappes et des ripostes successives, Alger appelle à la «retenue» et au «sens des responsabilités » afin d’éviter un embrasement régional aux conséquences imprévisibles.
Dans un communiqué rendu public par le ministère des Affaires étrangères, l’Algérie rappelle que «les négociations conduites dans le cadre de la médiation du Sultanat d’Oman ont suscité et alimenté l’espoir d’une conclusion pacifique des discussions irano-américaines ». Le texte déplore toutefois « que l’échec de cette initiative se manifeste actuellement par une escalade militaire aux conséquences imprévisibles, ce qui est profondément regrettable ».
« Tout en exprimant sa profonde préoccupation face à ce développement, l’Algérie en appelle à la retenue et au sens des responsabilités, en vue d’épargner à l’ensemble de la région du Golfe un surcroît d’insécurité et d’instabilité », conclut le communiqué. Sur le terrain, l’attaque initiale contre des infrastructures stratégiques iraniennes, suivie de bombardements ayant touché des structures civiles — dont une école à Lamerd, dans la province de Fars (sud de l’Iran), faisant 17 victimes —, combinée à la riposte de Téhéran, a accentué la tension. La situation reste difficile à évaluer sur les plans militaire, diplomatique et humanitaire.
Cette nouvelle flambée de violences fait craindre une extension du conflit à l’ensemble de la région. Toute perturbation du détroit d’Ormuz — voie maritime stratégique par laquelle transitent quotidiennement près de vingt millions de barils de pétrole — aurait des répercussions immédiates sur les marchés énergétiques et l’économie mondiale.
Selon un rapport de l’agence Reuters publié hier, des navires auraient reçu des messages radio attribués aux Gardiens de la révolution iranienne signalant que la navigation dans le détroit n’était pas autorisée.
Une information qui renforce l’inquiétude internationale et accroît l’incertitude autour de l’avenir d’une région déjà fragilisée par des tensions persistantes.
Alger16