
Des responsables et des diplomates sahraouis ont souligné l’importance du cinquantième anniversaire de la proclamation de l’État sahraoui, considérée comme un tournant historique majeur dans le processus de lutte du peuple sahraoui. Ils ont également vu en cette occasion une chance de rappeler les progrès stratégiques réalisés et d’affirmer leur détermination à continuer le combat jusqu’à l’indépendance.
Dans une déclaration à l’Agence de presse algérienne (APS), le ministre sahraoui des Affaires étrangères, Mohamed Yeslem Beissat, a affirmé que la République sahraouie est une réalité solidement ancrée sur le terrain au Sahara, grâce à la lutte et à la constance du peuple sahraoui où qu’il se trouve. Il a souligné qu’un demi-siècle d’existence témoigne de la légitimité de cet État devant les tribunaux internationaux, de son existence militaire « incarnée par l’armée sahraouie » et de sa réalité diplomatique établie par « la reconnaissance internationale et les relations diplomatiques entretenues avec divers pays à travers le monde (…) ».
Le ministre a précisé que la commémoration par le peuple sahraoui du cinquantenaire de la proclamation de son État met en évidence la force et la résilience de la résistance sahraouie, tout en soulignant que le peuple sahraoui reste fidèle à «la liberté et l’indépendance », même si cela nécessite encore un « demi-siècle » supplémentaires de combat et de résistance.
Pour sa part, Oubi Bouchraya Bachir, conseiller auprès du président sahraoui pour les ressources naturelles et les questions juridiques, a souligné «les acquis stratégiques » accomplis par le peuple sahraoui au cours des cinquante dernières années, citant notamment « la série de reconnaissances diplomatiques de l’État sahraoui (par 84 pays) », qui a abouti à son adhésion en tant que membre fondateur de l’Union africaine (UA). Il a expliqué que la déclaration de l’État sahraoui a fourni le cadre qui a permis au Front Polisario de jeter les bases solides de l’État futur, dont le peuple sahraoui rêve depuis longtemps, en particulier en matière d’éducation, de santé, de promotion de la participation des femmes et de consolidation des pratiques démocratiques, notamment par la mise en place d’un Parlement sahraoui élu au suffrage direct.
Le responsable sahraoui a souligné que le peuple sahraoui, seul souverain du territoire, avait proclamé sa république il y a cinquante ans et avait exprimé son rejet de l’occupation lors de la visite de la Mission d’établissement des faits des Nations unies, comme en témoigne son rapport historique du 16 octobre 1975.
De son côté, le vice-représentant de la République arabe sahraouie démocratique auprès de l’Éthiopie et de l’Union africaine(UA), Lakhal Ma El Ainin, a passé en revue les réalisations de la République sahraouie au cours des dernières cinquante années, insistant sur le fait que sa déclaration repose sur les principes de la Charte des Nations unies et ses résolutions sur la décolonisation, ainsi que sur l’arrêt de la Cour internationale de justice(CIJ) stipulant que le Sahara occidental n’est lié par aucun lien de souveraineté avec le Maroc ou tout autre État et que le peuple sahraoui demeure seul souverain.
En terminant son allocution, le diplomate sahraoui a insisté sur l’importance de cet événement en disant qu’il ne s’agit pas simplement d’ «une date ou d’un événement passager », mais d’un moment précieux où le peuple sahraoui réaffirme son intention de poursuivre une lutte pacifique et diplomatique, de renforcer la présence de sa nation au sein des instances continentales et internationales.
Abir menasria
