
La défaite 1-0 concédée face à Getafe a laissé des traces profondes au sein du Real Madrid. Plus qu’un simple revers, ce résultat fragilise encore un peu plus un vestiaire déjà ébranlé et accentue les doutes autour des ambitions en Liga, alors que les Merengues pointent toujours à quatre points du FC Barcelone.
Face aux médias, Alvaro Arbeloa a pourtant tenté d’afficher une posture combative. « Nous sommes le Real Madrid et personne n’abandonnera », a martelé l’entraîneur, nommé en janvier pour succéder à Xabi Alonso. « Il reste 36 points à prendre et notre objectif est clair : les gagner tous. L’écart peut être comblé», a-t-il insisté, convaincu que la course au titre reste ouverte.
Un vestiaire résigné
En coulisses, le discours semble bien différent. Aucun joueur madrilène ne s’est présenté en zone mixte après la rencontre, signe d’un malaise palpable. Selon la radio Cadena SER, un membre du groupe, sous couvert d’anonymat, aurait confié : « Il ne nous reste plus que la Ligue des champions. » Une déclaration lourde de sens, qui traduit un certain fatalisme quant au championnat.
Toujours selon la SER, l’idée dominante dans le vestiaire serait que la compétition européenne représente désormais l’unique espoir de sauver la saison. Pourtant, mathématiquement, rien n’est joué en Liga. Mais la dynamique actuelle et les performances irrégulières nourrissent le pessimisme.
Des critiques acerbes et un manque de leadership
Le journaliste Tomás Roncero, dans les colonnes de AS, n’a pas mâché ses mots. Selon lui, le Real Madrid a déjà laissé filer le titre au vu de son niveau de jeu. « À chaque embellie succède une rechute brutale. L’équipe joue sans âme », déplore-t-il, pointant un effectif affaibli depuis la 15e Ligue des champions remportée à Wembley Stadium.
Il regrette également l’absence de leaders charismatiques comme Sergio Ramos ou Pepe, estimant que l’équipe manque de personnalité et de repères dans les moments difficiles. Même son optimisme avant un choc européen contre Manchester City se serait envolé.
Tensions et nervosité généralisées
La frustration ne se limite pas aux analyses médiatiques. Sur le terrain, plusieurs joueurs ont affiché leur nervosité : Antonio Rüdiger a encore fait parler de lui pour un geste antisportif, le jeune Franco Mastantuono a été expulsé pour contestation, tandis que Vinícius Júnior s’est accroché avec plusieurs adversaires. Des comportements révélateurs d’un groupe sous pression.
Les médias catalans comme Mundo Deportivo et Sport évoquent ouvertement des « tensions dans le vestiaire », voire un renoncement au titre. De son côté, le quotidien Marca parle carrément de « crise ».
Le malaise toucherait toutes les strates du club. Selon le journaliste Javier Herráez, qui suit le Real pour la Cadena SER, le sentiment dominant serait celui « d’un profond désespoir et d’une impuissance totale ». Même le président Florentino Pérez a été pris à partie par des supporters, certains scandant « Florentino, démission » dans les tribunes.
Dans l’émission El Chiringuito de Jugones, le journaliste Edu Aguirre a confirmé un climat tendu : susceptibilités exacerbées, disputes fréquentes et absence de figures fortes capables de recadrer le groupe. « Dès qu’un cadre élève la voix, les tensions éclatent », assure-t-il.
Conscient de la situation, Arbeloa observerait ces dysfonctionnements sans pouvoir les exposer publiquement. Une chose est sûre : au Real Madrid, la crise n’est plus un simple mot. Elle s’installe durablement, et la fin de saison s’annonce sous haute tension.
A. Amine
