
Le ministre de la Jeunesse, chargé du Conseil supérieur de la jeunesse (CSJ), Mustapha Hidaoui, a présidé jeudi dernier à Alger l’ouverture des travaux de la troisième édition du Forum national sur l’emploi et l’entrepreneuriat, organisé sous le thème « Les enjeux de l’innovation nationale à la lumière des perspectives d’intégration africaine ». Un rendez-vous qui s’inscrit dans la réflexion stratégique autour du rôle de la jeunesse dans la transformation économique du pays et dans son ouverture vers les marchés africains.
Organisée par le Conseil supérieur de la jeunesse, cette rencontre a réuni plusieurs membres du gouvernement et des responsables institutionnels, parmi lesquels le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Abdelhak Saihi, le ministre de l’Economie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises, Noureddine Ouadah, ainsi que la secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée des Affaires africaines, Selma Bakhta Mansouri. Des représentants de différents secteurs économiques, d’organismes publics et d’institutions nationales ont également pris part aux travaux de ce forum consacré à l’employabilité des jeunes et au développement de l’esprit entrepreneurial. Dans son allocution d’ouverture, Mustapha Hidaoui a souligné que la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes constitue l’un des axes majeurs du programme du président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Cette orientation, a-t-il affirmé, a permis de mettre en place « une culture fondée sur le travail et la promotion des droits des jeunes », inscrivant ainsi la jeunesse au cœur des politiques publiques de développement. Le ministre a également mis en avant la contribution du secteur de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique dans cette dynamique nationale, notamment à travers les réformes engagées pour encourager l’innovation et l’esprit entrepreneurial au sein des universités.
Selon lui, ces avancées ont contribué à faire de l’Algérie « un modèle à suivre en Afrique et dans plusieurs pays du monde en matière de soutien à l’innovation et à l’entrepreneuriat », en particulier grâce à la mise en place d’écosystèmes universitaires favorables à l’émergence de projets innovants portés par les étudiants et les jeunes diplômés. Dans cette perspective, les hautes autorités du pays œuvrent à transformer la place de la jeunesse dans le tissu économique national, en favorisant une transition progressive vers un modèle où les jeunes ne sont plus seulement des demandeurs d’emploi mais deviennent des créateurs de valeur et des acteurs de la croissance.
L’objectif, selon les responsables présents, consiste à permettre à cette génération de mobiliser ses compétences et ses potentialités pour participer activement à la diversification de l’économie nationale. Dans le même esprit, Mustapha Hidaoui a annoncé l’organisation prochaine de la première Olympiade nationale des clubs de robotique, prévue au mois d’avril. Cette initiative vise à encourager les talents scientifiques et technologiques parmi les jeunes et à promouvoir les disciplines liées aux technologies émergentes, considérées aujourd’hui comme des leviers essentiels de compétitivité économique.
Le rôle des incubateurs universitaires
Participant à un panel de haut niveau organisé dans le cadre du forum, le ministre de l’Economie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises, Noureddine Ouadah, s’est pour sa part arrêté sur les instruments mis en place par l’État pour accompagner les jeunes porteurs de projets. Il a notamment évoqué le rôle croissant des incubateurs universitaires et des centres de développement de l’entrepreneuriat (CDE), qui constituent aujourd’hui des structures d’appui essentielles pour transformer les idées innovantes en projets économiques concrets. Selon lui, ces dispositifs permettent aux jeunes d’accéder à des formations spécialisées, à un accompagnement technique et à un encadrement stratégique favorisant la maturation de leurs projets et leur insertion dans le tissu productif national.
Cette approche s’inscrit dans une politique plus large visant à faire de l’innovation et de l’économie de la connaissance l’un des moteurs de la croissance future.
Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Abdelhak Saihi, a quant à lui mis en lumière les politiques publiques mises en œuvre pour soutenir l’entrepreneuriat, qu’il a qualifié de « choix fondamental pour la création de richesses ». Il a rappelé les différentes mesures incitatives adoptées par son département pour encourager l’initiative économique, notamment « l’allègement des cotisations aux caisses par rapport aux autres investisseurs, l’accompagnement des start-up durant leurs premières phases, en coordination avec le ministère de l’Economie de la connaissance et des Start-up, ainsi que l’étude de la possibilité de leur prise en charge financière au démarrage, un projet actuellement à l’étude ». Cette politique vise à créer un environnement plus favorable à l’initiative privée, tout en réduisant les obstacles administratifs et financiers qui peuvent freiner la création d’entreprises innovantes.
Une Afrique intégrée
Pour sa part, la secrétaire d’État chargée des Affaires africaines, Selma Bakhta Mansouri, a inscrit cette dynamique entrepreneuriale dans la perspective plus large de l’intégration économique du continent africain. Elle a rappelé que la Foire commerciale intra-africaine organisée en septembre dernier a révélé « des indicateurs importants et tangibles sur la capacité du produit algérien à être compétitif ». Selon elle, cet événement continental a constitué « une opportunité majeure pour valoriser les capacités de production locales et un espace pour renforcer les passerelles de communication entre les opérateurs économiques algériens et leurs homologues africains qui ont participé massivement à cet événement ». Cette ouverture vers les marchés africains représente un axe stratégique pour les entreprises algériennes, en particulier dans un contexte où la Zone de libre-échange continentale africaine redessine progressivement les équilibres commerciaux du continent. Dans le prolongement des travaux du forum, plusieurs initiatives concrètes ont été annoncées. La plateforme numérique de formation à distance de l’Agence nationale d’appui et de développement de l’entrepreneuriat a ainsi été officiellement lancée, offrant aux jeunes entrepreneurs un nouvel outil d’apprentissage et d’accompagnement accessible à l’échelle nationale. Par ailleurs, un accord de coopération a été signé entre le ministère de la Jeunesse, le Conseil supérieur de la jeunesse et le ministère de l’Economie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises. Ce partenariat vise à renforcer la coordination entre les différentes institutions impliquées dans la promotion de l’entrepreneuriat et à consolider l’écosystème national de l’innovation. À travers ce forum, les autorités entendent ainsi affirmer une vision stratégique dans laquelle la jeunesse, l’innovation et l’ouverture africaine constituent les piliers d’un nouveau modèle de développement économique, fondé sur la créativité, l’initiative et la valorisation du capital humain national.
G. Salah Eddine
