
L’exposition « Fracture » de l’artiste plasticien Tahar Tazerout reste ouverte aujourd’hui, mercredi. Elle explore la tension inhérente au verre – matériau solide, amorphe, transparent et souvent fragile – dans sa relation délicate et complexe avec la lumière. Présentée à la galerie Aïcha-Haddad d’Alger depuis le 1er mars, cette vingtaine de tableaux constitue une «nouvelle narration de la matière », née du désir profond de l’artiste de «fusionner deux trajectoires, deux inspirations et deux gestes », comme il le précise. Ce travail s’inscrit dans un cheminement commencé il y a trois ans. Tahar Tazerout avait alors étudié le clair-obscur sur verre fracturé dans « Éclosion de verre » (2023), avant de repousser les limites d’une technique « encore peu maîtrisée en Algérie » avec «Écumes de verre » (2025). Le style « Écumes de verre » exploite les éclats ou fragments de verre brisé, jouant avec la lumière pour accentuer reflets, transparence et ombres. Le résultat crée un effet visuel semblable à une mousse brillante, transformant le verre délicat en une abstraction lumineuse.
Dans « Éclosion de verre », la lumière sculpte la frontalité, captant des reflets bleuâtres, blanchâtres ou dorés qui semblent pénétrer la matière et se figer dans un instant suspendu, donnant l’impression que le verre «respire » et que chaque création vit au rythme du jour. Avec « Écumes de verre », la lumière devient plus discrète, déposée sur la surface comme une écume figée dans son mouvement, générant des points lumineux qui se transforment en visages d’un réalisme saisissant.
Dans « Fracture », le verre n’est plus simplement brisé mais devient ligne de tension. Le spectateur se voit capté et renvoyé dans les œuvres, modifiant son reflet et se fondant dans cette alchimie entre surface et profondeur.
Pour Tahar Tazerout, « Fracture » s’impose comme une muse indomptable, capable de contenir les tourments et la folie de la création et de leur offrir un support où se concentrent force et sérénité. Chaque soir à partir de 21h00, «Fracture » diffuse deux parcours artistiques qui s’entrelacent dans l’imaginaire, dessinant les contours d’un cheminement lumineux et poétique.
Amira Benhizia
