
Les accidents de la circulation continuent de représenter l’un des drames les plus récurrents en Algérie. Chaque semaine, les bilans des services de secours rappellent l’ampleur de ce phénomène qui transforme les routes du pays en véritables zones à risque.
Le dernier rapport publié mardi dernier par la Protection civile confirme une nouvelle fois cette inquiétante réalité. Selon ce bilan, 52 personnes ont trouvé la mort et 1 659 autres ont été blessées dans 1 385 accidents de la circulation, survenus à travers le territoire national durant la période allant du 1er au 7 mars. La wilaya de Touggourt a enregistré le bilan le plus lourd au cours de cette semaine avec 6 morts et 24 blessés dans 16 accidents, illustrant la gravité des drames routiers qui continuent de frapper différentes régions du pays.
Un phénomène récurrent
Ces chiffres s’inscrivent dans une tendance plus large observée depuis plusieurs années. Malgré les campagnes de sensibilisation et les mesures de prévention mises en place par les autorités, les accidents de la route demeurent l’une des principales causes de mortalité en Algérie.
Les spécialistes de la sécurité routière soulignent que le facteur humain reste la cause dominante de ces accidents. L’excès de vitesse, les dépassements dangereux, le non-respect du code de la route ou encore l’utilisation du téléphone au volant figurent parmi les principales causes identifiées.
À cela s’ajoutent parfois la fatigue des conducteurs, l’état de certains véhicules ou encore des conditions de circulation difficiles, notamment sur les axes très fréquentés.
Renforcement des mesures de sécurité
Face à cette situation, les autorités ont multiplié ces dernières années les dispositifs de lutte contre l’insécurité routière. Les opérations de contrôle routier ont été intensifiées par la Gendarmerie nationale et la Direction générale de la Sûreté nationale, notamment sur les grands axes routiers.
Parmi les mesures adoptées figurent également le renforcement du système de radars, la généralisation du permis à points, ainsi que l’intensification des campagnes de sensibilisation destinées à rappeler aux conducteurs l’importance du respect des règles de circulation.
L’État poursuit également les investissements dans l’amélioration et la modernisation du réseau routier, afin de réduire les risques liés à certaines infrastructures.
Un enjeu de sécurité publique
Malgré ces efforts, les statistiques continuent d’alerter les autorités et les spécialistes de la sécurité routière. La multiplication des véhicules sur les routes, combinée à certains comportements à risque, contribue à maintenir un niveau élevé d’accidents.
Pour les experts, la réduction de ce fléau passe avant tout par une prise de conscience collective, car le respect des règles de conduite demeure le facteur déterminant pour limiter ces tragédies.
Chaque bilan hebdomadaire rappelle ainsi que derrière les chiffres se cachent des vies perdues et des familles endeuillées, soulignant l’urgence de redoubler encore les efforts pour rendre nos routes plus sûres.
Alger 16
Face à la recrudescence des accidents : La prévention routière se durcit
Dans une démarche reflétant la détermination de l’État à réduire les accidents de la route qui continuent de faire des victimes, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a confirmé, mardi dernier, l’engagement des autorités publiques à mobiliser toutes les ressources matérielles et humaines pour garantir l’application stricte et efficace des dispositions de la nouvelle loi sur la circulation routière.
Cette déclaration s’inscrit dans le cadre d’une dynamique législative intensive visant à moderniser le système juridique pour faire face aux défis actuels liés à la sécurité et au maintien de l’ordre public, en mettant principalement l’accent sur la protection des vies des citoyens contre le danger du « terrorisme routier » qui fait des milliers de victimes chaque année.
La réunion que le ministre a tenue avec les représentants des syndicats du secteur des transports a constitué un moment marquant pour revoir et clarifier le contenu du nouveau texte légal, qui a été approuvé par l’Assemblée populaire nationale, la veille.
M. Sayoud a expliqué lors de cette rencontre que les réformes proposées ne visent pas la punition en soi, mais cherchent à fournir un outil juridique dissuasif pour lutter contre les comportements de conduite dangereux et irresponsables qui causent des tragédies quotidiennes.
Il a également souligné que ces nouvelles dispositions permettront d’imposer une plus grande discipline sur les routes, grâce à des mécanismes de sauvetage garantissant le passage d’une approche de sensibilisation à une phase de dissuasion effective pour quiconque menace la sécurité des usagers de la route. Cette réforme vise principalement à renforcer la sécurité routière, à maintenir l’ordre public et à protéger la vie des citoyens.
Le dialogue participatif
Par ailleurs, cette rencontre a constitué une opportunité vitale pour M. Saïd Sayoud d’écouter directement les préoccupations des représentants des syndicats du secteur des transports, où les professionnels ont soulevé une série d’inquiétudes et de questions sensibles qui préoccupent les acteurs sur le terrain, notamment les problématiques d’organisation des opérations de transport public et la nécessité d’accélérer le renouvellement de la flotte de bus vétuste.
En réponse à ces demandes, le ministre a affirmé que le traitement de certains dossiers complexes nécessite le lancement d’ateliers de travail techniques et spécialisés, réunissant toutes les parties prenantes du secteur, afin de formuler des solutions participatives et pratiques garantissant la pérennité du service et l’amélioration de sa qualité. Dans un contexte connexe, le dossier de la modernisation du parc de transport a occupé une grande part des discussions, où les mécanismes de mise en œuvre de la décision du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, concernant l’importation de nouveaux bus pour renforcer le réseau de transport public, ont été abordés.
Retrait des anciens bus
Dans le même contexte, le ministre a donné des instructions strictes pour organiser des réunions urgentes avec les représentants des entreprises de transport, consacrées à l’étude des propositions concernant le retrait progressif des bus âgés de plus de 30 ans du service.
Cette mesure fondamentale vise à moderniser le parc de transport national et à élever les normes de sécurité des passagers, ainsi qu’à améliorer la qualité des services offerts aux citoyens et à débarrasser les routes des véhicules qui représentent désormais un danger technique et environnemental, en accord avec la nouvelle orientation de l’État vers la modernisation du secteur.
Numérisation de l’administration
Lors de cette rencontre, Saïd Sayoud a également révélé les grandes lignes d’une feuille de route globale élaborée par son ministère pour restructurer et organiser le secteur des transports de manière moderne.
Cette stratégie comprend un ensemble de mesures pratiques, commençant par la simplification des procédures administratives pour l’octroi des licences d’exploitation, l’ouverture de nouvelles lignes de transport pour couvrir les lacunes dans certaines régions, et allant jusqu’à la réorganisation des plans de circulation régionaux. Le ministre n’a pas négligé l’aspect social, insistant sur la nécessité d’améliorer les conditions de travail des acteurs du secteur.
Une nouvelle dynamique dans la gestion du secteur
De plus, le ministre a passé en revue les efforts déployés pour restructurer les directions des transports à travers les différentes wilayas du pays, affirmant que ce processus vise à insuffler du sang neuf dans les rouages de l’administration locale du secteur et à la libérer de la stagnation.
M. Sayoud a indiqué que cette dynamique reflète l’engagement des autorités publiques à adopter un mode de gestion plus dynamique, qui accompagne les nouvelles aspirations de développement et met fin aux obstacles bureaucratiques qui faisaient face aux professionnels et aux citoyens auparavant.
Abir Menasria