
Chaque année, en Algérie, plus de 100 000 personnes à besoins spécifiques bénéficient de prothèses et d’équipements adaptés, un dispositif qui s’inscrit dans le cadre de la politique nationale de soutien et d’inclusion des personnes en situation de handicap. C’est ce qu’a indiqué, samedi dernier, Mohamed Mouidi, directeur général de l’Office national d’appareillage et accessoires pour personnes handicapées (ONAAPH). Dans un entretien accordé à l’Algérie Presse Service (APS), M. Mouidi a indiqué que ces réalisations placent aujourd’hui l’Algérie parmi les pays ayant développé un système structuré d’accompagnement dans ce domaine. À l’occasion de la célébration de la Journée nationale des personnes à besoins spécifiques, il a indiqué que plus de 100 000 personnes bénéficient chaque année de prothèses et d’accessoires fournis par l’Office. L’établissement assure la gestion et la distribution d’équipements médicaux destinés aux personnes souffrant notamment de handicaps moteurs, auditifs ou visuels. Il fournit des prothèses orthopédiques, des aides à la mobilité et divers dispositifs visant à améliorer le confort physique et l’autonomie des bénéficiaires, tout en assurant leur maintenance et leur suivi technique. Les chiffres témoignent d’une progression notable. En 2025, 118 491 personnes ont bénéficié de prothèses et d’accessoires, soit une hausse de 18 % par rapport à l’année précédente, signe d’une montée en puissance des capacités de production et de distribution de l’Office. Afin de rapprocher ses services des citoyens, l’ONAAPH a également déployé une approche de terrain. Des équipes pluridisciplinaires, composées de médecins et de techniciens spécialisés, collaborent avec les services des Caisses de sécurité sociale pour prendre en charge les personnes à besoins spécifiques dans certaines wilayas du Sud et des Hauts-Plateaux où les infrastructures de l’Office restent limitées. Cette initiative a permis la prise en charge de 475 personnes au cours de l’année écoulée, leur évitant ainsi des déplacements longs et coûteux vers les centres spécialisés. Parallèlement, l’Office poursuit la modernisation de ses capacités de production. Selon Mohamed Mouidi, la mise à niveau des unités techniques a permis d’améliorer la qualité des prothèses tout en réduisant les délais de livraison, répondant ainsi plus efficacement aux besoins croissants des patients.
Un futur centre pour les prothèses pédiatriques
Dans cette dynamique, l’ONAAPH travaille également sur plusieurs projets structurants. Parmi eux figure la création d’un centre national dédié aux prothèses pédiatriques, une structure spécialisée qui devrait permettre le suivi d’environ 3 000 enfants chaque année. Ce centre offrira non seulement une prise en charge technique adaptée, mais également un accompagnement psychologique destiné aux jeunes patients et à leurs familles. L’Office s’oriente aussi vers une transformation numérique progressive de ses services. Un projet de base de données digitale consacrée aux produits et aux besoins en appareillage est en cours d’élaboration afin d’améliorer la planification des programmes futurs et d’anticiper les demandes en matière de prothèses et d’accessoires. Dans la même logique, l’ONAAPH développe la digitalisation du processus de prise de mesures pour la fabrication et l’adaptation des prothèses, une évolution technologique destinée à gagner en précision, à réduire les délais et à augmenter les capacités de production. Autre avancée notable : le lancement de la fabrication locale de fauteuils roulants manuels, une initiative qui vise à renforcer l’autonomie industrielle du secteur et à répondre plus rapidement aux besoins des bénéficiaires. La modernisation concerne également les ressources humaines. Une académie de formation spécialisée a été ouverte à Constantine, avec pour mission de renforcer les compétences des techniciens et des professionnels impliqués dans la fabrication et l’installation des prothèses. Enfin, l’Office a franchi une nouvelle étape dans la digitalisation de ses services avec le lancement, en janvier dernier, de la plateforme numérique « Amelouna », qui permet aux bénéficiaires de prendre leurs rendez-vous à distance, réduisant ainsi les contraintes liées aux déplacements et aux procédures administratives. Derrière ces chiffres et ces programmes, une réalité se dessine : celle d’un dispositif qui cherche progressivement à conjuguer innovation technologique, proximité territoriale et accompagnement social, afin d’améliorer concrètement la qualité de vie des personnes à besoins spécifiques à travers le pays.
Amira Benhizia
