
Avec l’émergence des réseaux sociaux, les jeunes — et plus largement la population en général — sont devenus dépendants du défilement continu. Cela s’explique par la recherche constante de doses de dopamine, l’hormone du plaisir. Chaque fois qu’une personne arrête de faire défiler, elle ressent un manque, ce qui la pousse à y revenir encore et encore. Ce comportement est également renforcé par ce que l’on appelle le FOMO (Fear of Missing Out), c’est-à-dire la peur de manquer une information ou un événement important, créant ainsi une anxiété permanente qui incite à rester connecté presque en continu. Cette dépendance excessive ne provoque pas une “décomposition” réelle du cerveau, mais plutôt une dégradation symbolique ou fonctionnelle. Le cerveau devient moins performant : baisse de concentration, paresse mentale, difficulté à accomplir les tâches efficacement, troubles de l’attention et fatigue cognitive. Par ailleurs, l’usage prolongé des écrans entraîne aussi des problèmes de santé, notamment au niveau des yeux, en raison de l’exposition à la lumière bleue, ce qui peut causer une fatigue visuelle et des troubles de la vision. Pour se protéger, il est important d’adopter une utilisation plus consciente et équilibrée du téléphone : éviter de l’utiliser dès le réveil et juste avant de dormir, fixer un temps précis pour le défilement, activer le mode de protection des yeux afin de réduire l’intensité de la lumière, appliquer la règle du 20-20-20 (regarder au loin pendant 20 secondes toutes les 20 minutes), lire des livres pour remplacer la dopamine instantanée des écrans par une satisfaction plus profonde, pratiquer une activité physique régulière et remplir son temps libre par des activités réelles et enrichissantes. Les réseaux sociaux ne sont pas dangereux en soi, mais leur usage excessif et non contrôlé peut représenter un véritable risque pour notre santé mentale et physique. L’équilibre reste la clé, et la prise de conscience en est le premier pas.
A. Benhizia
