
Le ministère de la Justice a organisé, lundi dernier, en collaboration avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en Algérie, un atelier consacré au «projet d’appui au parcours professionnel des femmes magistrates en Algérie».
Cette rencontre visait à présenter les résultats du projet de coopération entre le ministère de la Justice et le PNUD, dédié au soutien du parcours professionnel des femmes magistrates. Ce projet avait été présenté, le 12 mars dernier à New York, en marge de la 70ᵉ session de la Commission des Nations unies sur la condition de la femme, organisée sous le slogan «Droits, justice et action», a indiqué Ahmed Amine Boughaba, directeur général des ressources humaines au ministère de la Justice.
Une représentativité en forte progression
Selon Boughaba, «les progrès accomplis par l’Algérie en matière de promotion de l’égalité entre les hommes et les femmes dans le système judiciaire ont été mis en avant», soulignant également les efforts engagés pour renforcer le rôle des femmes magistrates.
Il a précisé que la femme algérienne occupe aujourd’hui une place importante dans le corps judiciaire, représentant près de la moitié des magistrats, avec une présence notable, notamment dans les juridictions commerciales et spécialisées, «ce qui reflète ses compétences et son rôle dans la réalisation de la justice».
Les phases de déploiement du projet
De son côté, Isma Aissiou, directrice nationale du projet, a qualifié le taux de représentation des femmes magistrates en Algérie d’«indicateur très prometteur». Elle a précisé que le projet se déploie en deux phases :
- La première (2023-2024) : a permis la formation de 239 magistrates à travers 11 sessions.
- La seconde (2024-2029) : cible les femmes magistrates en exercice, ainsi que les étudiantes de l’École supérieure de la magistrature.
Une reconnaissance internationale et continentale
La représentante résidente du PNUD en Algérie, Natasha Van Rijn, a salué le taux élevé de représentation féminine dans le domaine judiciaire. Dans le même esprit, Ahlem Charikhi, représentante du ministère des Affaires étrangères, a mis en avant l’importance de cette coopération, soulignant qu’elle permet de «mettre en valeur l’expérience algérienne dans ce domaine, laquelle suscite l’intérêt de plusieurs autres pays».
Pour sa part, Moussa Laraba, secrétaire général de la Conférence des juridictions constitutionnelles africaines (CJCA), a rappelé l’importance de ce projet, affirmant que la rencontre organisée à New York avait constitué «une opportunité de mettre en lumière le rôle de la femme dans la magistrature en Algérie, ainsi que de présenter les efforts nationaux visant à promouvoir l’activité des femmes magistrates en Afrique et à leur accorder la place qui leur sied».
À travers cette initiative, l’Algérie confirme une dynamique progressive vers une justice plus inclusive, où les compétences féminines s’imposent désormais comme un levier essentiel de modernisation. Une évolution qui, au-delà des chiffres, reflète une transformation durable du paysage judiciaire national.
Amira Benhizia
