
L’Association nationale autisme Algérie (ANAA) organise, aujourd’hui et demain, un séminaire national dédié à l’autisme. Selon sa présidente, Leïla Ouali, cet événement d’une grande importance permettra de trouver des solutions aux multiples problèmes et enjeux auxquels sont confrontés les parents, ainsi que tous ceux qui travaillent avec les individus touchés par le trouble du spectre de l’autisme.
Lors de son intervention, dimanche dernier, dans l’émission « Invitée du jour » de la Chaîne III de la radio algérienne, Mme Ouali a mis l’accent sur l’importance de ce séminaire de deux jours (20 et 21 avril), qui se tient au Théâtre de la commune d’Alger-Centre et qui porte sur le sujet «Autisme… pour une dynamique renouvelée et une prise en charge efficace». Elle a indiqué que cet événement illustre la politique « très positive » du gouvernement en matière d’approche adaptée et adéquate pour les personnes autistes, notamment grâce à l’ouverture d’un centre de référence et l’établissement de centres régionaux dans plusieurs villes majeures du pays.
D’après la présidente de l’ANAA, ce colloque permettra de trouver des résolutions pour divers problèmes et obstacles, notamment en ce qui concerne la formation d’enseignants spécialisés, qui est actuellement insuffisante.
Elle a, en outre, ajouté qu’il offrira une plateforme pour les intervenants concernés, notamment le ministère de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, afin de mettre en évidence cette question.
Mme Ouali a expliqué que ce séminaire, placé sous le patronage de la ministre de la Solidarité nationale, Soraya Mouloudji, qui coïncide avec le Mois de la sensibilisation à l’autisme, offre aux parents et à tous les professionnels du secteur l’occasion de se familiariser avec les méthodes les plus récentes de prise en charge des personnes autistes.
Un combat qui a débuté en 2012
En passant en revue les activités de l’association qu’elle dirige, Mme Ouali a indiqué que l’ANAA, depuis sa fondation en 2012, a formé des inspecteurs de l’éducation nationale, des enseignants et des pédiatres dans plusieurs wilayas du pays.
Elle a aussi mis en place de nombreux séminaires de formation à destination des parents afin de les guider pour comprendre les fondamentaux de la prise en charge de leurs enfants.
L’oratrice a déclaré : « En 2017, par exemple, nous sommes allés à la rencontre des gens, notamment à la Grande-Poste, où on avait fait une formation pour environ 140 étudiants en médecine.»
Les centres de dépistage existent, mais ils sont insuffisants
Interrogée sur les dispositifs et centres de dépistage de ce trouble neurodéveloppemental en Algérie et leur accessibilité sur le territoire national, l’intervenante s’est montrée très optimiste. Selon elle, des progrès considérables ont été réalisés depuis 2012 avec la création de plusieurs centres de diagnostic dans la capitale, notamment à Cheraga et Bouchaoui. D’autres centres existent en dehors d’Alger, comme celui de Constantine.
Mme Ouali estime toutefois que cela reste insuffisant, compte tenu de l’immensité du pays. Elle compte également sur le nouveau Centre national de l’autisme pour mener à bien cette mission.
L’invitée de la Chaîne III espère également la création d’une base de données nationale, l’une des missions de ce centre de référence. Cette base de données permettra la nomination d’un pédopsychiatre dans chaque région et la constitution d’une équipe pluridisciplinaire chargée du dépistage et du diagnostic précoces.
« Permettez aux AVS d’être présents lors des examens officiels »
La première responsable de l’ANAA a également adressé une demande au ministre de l’Éducation nationale, Mohamed Seghir Saâdaoui, visant à autoriser la présence d’un auxiliaire de vie scolaire (AVS) auprès de l’enfant autiste pendant les épreuves d’examen. Pour elle, il est incompréhensible que cet assistant, qui a l’habitude d’accompagner cet enfant tout au long de l’année scolaire, se voie interdit de le soutenir le jour de l’examen.
D’après elle, chacun sait que cet enfant autiste a besoin de sa canne blanche, à laquelle il est très attaché et qui lui donne confiance. « Imaginez qu’il fasse de la résistance à tout changement et que le jour de l’examen officiel, tout change autour de lui, à commencer par l’école, le staff et les professeurs », a-t-elle alerté.
A. Menasria
