
Le magazine hebdomadaire numérique Iqra, édité par la Grande Mosquée de Paris, a consacré son dernier numéro à la visite officielle du pape Léon XIV en Algérie, qu’il qualifie d’événement “historique”, porteur d’un message fort en faveur de la coexistence pacifique et du dialogue entre les religions.
Dans un billet intitulé « Léon XIV en Algérie : et si l’autre était déjà nous », le recteur de la mosquée parisienne, Chems-eddine Hafiz, qui a pris part à cette visite, s’interroge sur les raisons profondes ayant permis à une société majoritairement musulmane d’accueillir le chef de l’Église catholique avec une telle sérénité et une chaleur authentique, loin de toute mise en scène.
Selon lui, cette attitude trouve ses racines dans l’histoire singulière de l’Algérie. Un pays marqué par la colonisation, la guerre de libération nationale, puis la décennie de violence, mais qui a su préserver un sens profond de l’hospitalité. Une expérience collective qui aurait forgé une compréhension essentielle : l’identité ne se défend pas dans la confrontation, mais s’incarne et se vit au quotidien.
Le recteur confie être revenu de cette visite avec une conviction forte : la France gagnerait à s’inspirer de cette expérience algérienne. Non pas pour la reproduire à l’identique, mais pour saisir qu’un modèle de coexistence apaisée entre différentes appartenances n’est pas une utopie. Il souligne également que si l’islam peut constituer un facteur de cohésion plutôt que de division, c’est précisément en raison de ses valeurs intrinsèques. Une idée que le pape lui-même aurait exprimée à sa manière depuis la Djamaa El-Djazair, considérée comme la plus grande mosquée d’Afrique.
Sous le titre « Le Pape en Algérie, vu du monde : Alger au centre d’une géographie morale », ce numéro spécial revient également, dans sa rubrique Focus, sur les échos de la presse internationale. De nombreux médias étrangers s’accordent à dire que la visite pontificale dépasse le cadre protocolaire : à Alger, le pape aurait incarné une vision du monde où la paix se construit concrètement, à travers le dialogue entre histoire, foi et mémoire.
Dans le même numéro, Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille et président de la Conférence des évêques de France, souligne dans un entretien que le choix de l’Algérie comme première étape de ce voyage africain est hautement symbolique et porteur de sens.
Le magazine propose par ailleurs une série d’articles richement illustrés retraçant les moments marquants de cette visite. Parmi eux, des reportages consacrés aux déplacements du souverain pontife, avec des titres évocateurs tels que « Annaba, la terre de Saint Augustin, une mémoire vivante »,
« One, two, three… le Pape en Algérie » ou encore « L’Algérie, terre d’accueil et de spiritualité ».
Ce numéro met également en avant des contributions dédiées à des figures et lieux emblématiques du dialogue interreligieux, notamment Saint Augustin, natif de l’actuelle Annaba, ainsi que feu Henri Teissier, reconnu pour son engagement en faveur de la fraternité et du vivre-ensemble.
Cheklat Meriem
